Crédit : Brace Hemmelgarn-USA TODAY Sports

MLS

MLS : l’état des forces à la mi-saison

MLS : l’état des forces à la mi-saison

Patrice Bernier

Publié 03 juin
Mis à jour 03 juin

Nous voilà maintenant à la mi-saison en MLS, ou presque : la majorité des équipes ont joué tout près de 16 parties sur une campagne qui en comptera 34.

Quel est l’état des forces en présence alors que le mois de juin débute?  Faisons un petit tour de la situation.

Dans l’Est :

Qui trône au sommet dans l’Est? C’est l’Union de Philadelphie. Sans être exagérément brillante, l’équipe a quand même réussi, dans les six dernières semaines, à se maintenir dans les premières places du classement. Mais on ne se le cachera pas : l’Union est une équipe qui n’est pas habituée à être dans les premiers. Depuis 2012, année des débuts de l’Impact en MLS, la formation montréalaise a accédé plus souvent aux éliminatoires que l’Union.

Donc, qu’est-ce qui a propulsé Philadelphie vers les sommets en 2019? Comme je l’ai déjà mentionné, l’Union ne compte pas sur des joueurs désignés de premier plan. Pas de Zlatan, par de Carlos Vela à Philadelphie. Les profils les plus connus de cette équipe sont sans doute Alejandro Bedoya, un international américain, ou le gardien jamaïcain Andre Blake. Ils n’ont pas de grandes stars : c’est un effectif très «col bleu», comme cela plaît souvent aux amateurs de sport de la Ville de l’Amour fraternel. Ils ont 13 buteurs différents sur 28 filets marqués cette saison (bien que David Accam ait quitté pour Columbus), ce qui démontre que la star de l’équipe, c’est le collectif.

C’est une formation travaillante, verticale, ce qui est important dans cette ligue. Le club aime également mettre la pression, défendre vers l’avant, attaquer l’adversaire pour le forcer à commettre des erreurs. C’est peut-être la plus grande force de la troupe de l’entraîneur Jim Curtin. Le soccer est un sport d’erreurs, mais il faut en profiter lorsqu’elles surviennent, et c’est ce que Philadelphie fait bien depuis le début de la saison.

Le club compte également sur le meilleur «joker de luxe» de la MLS en Ilsinho. Le vétéran brésilien, très fort techniquement, est généralement utilisé comme remplaçant et il met souvent le feu dans le match lorsqu’il saute sur la pelouse. Ça tend à démontrer que les joueurs de talent ne sont pas des titulaires obligatoires et avoir un gars de la trempe d’Ilsinho sur le banc pourrait devenir une tendance dans la MLS de 2019.

Un bémol : l’Union n’a pas joué aussi bien dernièrement qu’en avril et au début de mai, comme en témoigne sa fiche récente de trois victoires, deux défaites et une nulle. Le club démontre néanmoins encore beaucoup de stabilité et de constance pour rester dans l’élite de l’Est.

En passant, il faut saluer le travail de son académie. Le club est déterminé à produire des joueurs pour l’équipe nationale américaine. Il a bien identifié ses forces. Et, mine de rien, c’est le défenseur Auston Trusty, produit de l’académie, qui a donné la victoire à l’Union, hier, contre Minnesota United.

Les cadors retrouvent leur élan

La hiérarchie attendue dans l’Est, en début de saison, commence finalement à reprendre ses droits. Pour commencer, Atlanta United est en grande forme! L’équipe reste sur sept victoires à ses neuf derniers matchs. Les blues de la Ligue des champions semblent bien partis et attention : Josef Martinez marque but après but.

Pour les Red Bulls, c’est très semblable. On en est à six victoires, un match nul et une défaite en huit matchs. Ils marquent beaucoup de buts aussi. Habitués aux sommets, les Red Bulls ont de nouveau le vent dans les voiles.

Ensuite, on se fait du souci pour :

- D.C. United : tout allait bien au début de la saison, on marquait des buts, on gagnait des matchs, mais plus récemment, on peine à trouver la recette gagnante. Lucho Acosta n’est pas ce qu’il était en 2018 et les adversaires du club sont davantage capables de briser la chimie que l’Argentin a avec Wayne Rooney. Si ça ne change pas, ce club pourrait chuter en classement.

- Toronto, Columbus et Cincinnati ne sont également pas à leur mieux. Le Revolution de la Nouvelle-Angleterre doit aussi faire gaffe, même s’il s’est imposé devant le Galaxy, hier, lors du premier match de Bruce Arena à la barre de l’équipe. Les «Revs» ont encore du chemin à faire. Cela dit, il ne faut jamais négliger une équipe dirigée par Arena.

Enfin, l’Impact reste sur une bonne première moitié de saison, mais disons que la pause de trois semaines après le match de mercredi prochain arrivera au bon moment. Avec les joueurs qui partent pour la Gold Cup et ceux qui sont blessés, cet arrêt sera sans doute bénéfique pour l’Impact, qui pourra se ressourcer afin de revenir en force en deuxième moitié de saison. L’équipe devra aussi peaufiner son jeu à domicile, puisque les deux tiers de ses matchs à venir seront disputés au Stade Saputo. Il faudra prendre la majorité de ces points à domicile et contrôler son sujet en sol montréalais.

En passant, voyez ceci :

Il s’agit de l’Impact et D.C. United.

 

Dans l’Ouest :

C’est plus simple dans l’Ouest : le Los Angeles FC, on ne peut même pas s’y frotter. Le LAFC domine la ligue en général et l’Ouest en particulier. Avec une seule défaite et un Carlos Vela en feu, l’équipe est la référence de la ligue et on ne voit pas ce qui va les ralentir.

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Va-t-on, pour une troisième année de suite, voir une équipe abattre le record de 71 points en une saison établi par les Red Bulls en 2018? Si la tendance se maintient, le LAFC pourrait battre le record assez facilement et même atteindre les 80 points... ça reste à suivre!

Parmi les équipes qui vont bien, il y a le Galaxy, mais la formation californienne a absolument besoin d’avoir Zlatan Ibrahimovic dans l’effectif. Quand il n’est pas là, l’équipe ne gagne pas.

Le Dynamo de Houston a fait un bon début de saison, mais le club a joué une grande partie de ses matchs à domicile. Pourra-t-il maintenir cette tendance en jouant plus de matchs à l’étranger?

Minnesota United est l’une des trois formations, avec Seattle et le LAFC, à ne pas être descendu sous la «ligne rouge» des séries dans l’Ouest.

D’ailleurs, les Sounders ont eu un bon début de campagne, mais ils restent sur deux victoires à leurs sept dernières parties. Prochain adversaire de l’Impact, Seattle n’est pas dans sa meilleure passe et perdra quelques joueurs à la Gold Cup. C’est à suivre, mais en même temps, ils ont une grosse attaque, de la profondeur, de l’expérience et ils ont l’habitude d’appuyer sur l’accélérateur en deuxième moitié de saison.

Après, il faut parler des Timbers. À l’instar de l’Impact, Portland a joué presque toute la première moitié de la saison à l’étranger pendant que son Providence Park était rénové. Les Timbers et le LAFC se sont disputé un grand, grand match samedi lors de la première rencontre de la saison à Portland. Les Timbers ont une bonne fiche dans ces circonstances et ils devraient remonter au classement dans les prochaines semaines, puisque l’équipe jouera désormais la majorité de ses matchs à domicile.

Mention spéciale : on se demandait, au début de la saison, si l’approche de l’entraîneur Matias Almeyda allait fonctionner avec les Earthquakes de San Jose. Mais depuis que l’attaquant Chris Wondolowski a battu le record de buts en saison régulière en carrière dans la MLS, l’équipe marque à profusion et la voilà maintenant dans le top sept.

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Les Rapids étonnent également : les victoires se sont faites rares au Colorado dans les derniers mois, mais depuis que l’entraîneur Anthony Hudson a été congédié, le 1er mai dernier, les Rapids sont l’une des équipes les plus en forme. Feront-ils les séries? On ne sait pas s’ils sont capables de faire une deuxième moitié de saison «à la Sounders», mais c’est la MLS, tout le monde peut battre tout le monde et tout est possible.

Au Texas, Dallas continue à faire jouer ses jeunes, a fait un bon début de saison mais voilà l’équipe dans un passage à vide avec un gain en six matchs. Il faudra voir s’ils pourront maintenir la cadence jusqu’à la fin de la saison. Parfois, les jeunes sont fringants, enthousiastes et créatifs, mais il faut de la constance parce qu’une saison en MLS, c’est long. Gardez un œil sur Paxton Pomykal, qui est l’un des jeunes joueurs les plus talentueux de la MLS.