Crédit : Kyle Terada-USA TODAY Sports

Impact

Bilan de mi-saison : pas si mal dans les circonstances

Publié | Mis à jour

MONTRÉAL – Il n’y a que trois mois d’écoulés à la saison de la Major League Soccer (MLS) que l’Impact de Montréal en est déjà arrivé à mi-chemin du calendrier régulier, et la pause dont bénéficiera l’équipe du 6 au 26 juin arrive à point.

L’équipe est minée par les blessures et le plus célèbre des patients est évidemment Ignacio Piatti. Même s’il a raté 12 des 17 premiers matchs de la saison, sa marque se retrouve un peu partout dans les performances de l’équipe.

À lire également: l'état des forces en MLS (blogue de Patrice Bernier)

Que se passe-t-il avec Diallo?

Pourquoi? Parce qu’en son absence, ses coéquipiers ont sauvé les meubles et ont connu un parcours un peu inattendu, flirtant même à un certain moment avec le sommet de l’Association de l’Est.

On parle aussi de lui parce qu’en son absence, l’équipe a eu beaucoup de mal à marquer des buts.

Après 17 matchs, l’Impact présente un dossier de 7-7-3 et, sans Piatti, la fiche est de 5-5-2. Avec Piatti en uniforme, le Bleu-Blanc-Noir a inscrit huit buts en cinq matchs pour une moyenne de 1,6 but par rencontre, et il n’a été blanchi qu’une fois.

Sans lui, l’équipe n’a pu faire mieux que 11 buts en 12 parties pour une moyenne de 0,92 but par match. L’équipe a été aussi blanchie à cinq reprises.

N’empêche que l’équipe pointe au cinquième rang dans l’Est avec 24 points, seulement quatre de moins que Philadelphie, qui est en tête de l’association.

Renforts

Maintenant qu’on sait que l’Argentin de 34 ans ratera au minimum huit semaines d’activités et dans le pire des cas, 12 semaines, le club doit s’activer pour trouver une solution.

L’équipe s’est accrochée en première moitié de saison, mais quand les autres formations de l’Est vont commencer à monter en puissance, il ne faudrait pas que les Montréalais soient laissés dans la distance.

L’Impact a besoin d’un marqueur naturel, ce que n’est pas Maximiliano Urruti. C’est un très bon passeur qui aurait avantage à jouer derrière un attaquant de pointe.

Omar Browne a démontré de belles choses, mais il va avoir besoin d’aide pour stimuler une attaque en mal de créativité.

Et c’est sans parler de Harry Novillo, lequel est en train de devenir un autre nom sur une liste trop longue de joueurs ayant déçu dans les dernières années.

Surprise

Mais même si les derniers matchs ont miné l’enthousiasme du groupe, tout n’est pas négatif puisque l’Impact a présenté un rendement qui dépasse les attentes, surtout en l’absence de Piatti.

Le onze montréalais a amorcé sa saison avec une séquence de six matchs à l’étranger, jouant huit de ses neuf premières parties hors du stade Saputo et, dans l’ensemble, le bilan à l’étranger est positif avec une récolte de 14 points (4-5-2) en 11 rencontres.

À domicile, c’est un peu décevant avec une fiche de 3-2-1. L’équipe est capable du meilleur comme du pire au stade Saputo puisqu’elle a blanchi l’adversaire à chacune de ses trois victoires et a été blanchie lors des trois rencontres qu’elle n’a pas gagnées.

Et c’est là que ça devient déroutant parce que cette formation est difficile à comprendre. Elle est capable de se faire rosser 7 à 1 à Kansas City le samedi et d’aller soutirer des verdicts nuls au New York City FC et au D.C. United la semaine suivante.

De plus, l’équipe n’a pas encore subi deux défaites consécutives, ce que seulement quatre autres clubs ont réussi à faire.

Constance

Le véritable problème de l’équipe réside dans son incapacité à enfiler les bonnes performances et surtout, à connaître de bonnes premières demies.

Depuis le début de la saison, l’Impact a accordé 16 buts dans les 45 premières minutes, n’en marquant que six. Pourtant, dans les 45 minutes suivantes, il a marqué à 13 reprises, ne cédant que 11 fois.

Ce qui est surtout préoccupant, c’est son manque de tonus dans le premier et le dernier quarts d’heure de la première demie, où il a accordé six et huit buts respectivement, de loin les deux pires quarts d’heure de l’équipe.

Qui plus est, le soccer proposé par l’Impact n’est pas excitant, il est même plutôt terne, et c’est difficile de vendre un tel spectacle quand on n’arrive déjà pas à remplir le stade Saputo.

Mais on se doute bien que Rémi Garde n’a pas le choix. En tenant compte de l’effectif qu’il a sous la main, il opte pour l’efficacité au-delà du coup d’œil.

N’empêche que pour pouvoir participer aux séries éliminatoires, il faudra que les meilleurs joueurs s’affirment, ce qui n’est pas toujours le cas depuis quelques semaines.

*****************

Le bulletin des joueurs

Les porte-couleurs de l’Impact sont notés sur 10

Gardiens

Evan Bush 7,5

Il a une fois de plus sauvé son équipe à maintes reprises avec des arrêts appuyés par ses grandes capacités athlétiques. Le problème demeure encore et toujours les relances, surtout les dégagements qui, la plupart du temps, redonnent le ballon à l’autre équipe.

N’ont pas joué:

Clément Diop, James Pantemis

Défenseurs

Zakaria Diallo 8

Il a connu une petite baisse de régime dans les derniers matchs, mais il a été le général défensif de la formation au cours de la première moitié de la saison. Il fonctionne surtout très bien avec Jukka Raitala.

Bacary Sagna 7,5

Même s’il a 36 ans, il demeure toujours un élément de premier plan de la formation. Défensivement, il est extrêmement fiable et quand il appuie l’attaque, il se passe quelque chose dans le couloir droit.

Jukka Raitala 7

Le couteau finlandais n’est pas flamboyant, mais il est fiable comme une horloge suisse. Il se fait rarement prendre hors position et commet très peu d’erreurs. Sa conversion en arrière central est un succès.

Zachary Brault-Guillard 7

Sa note serait sans doute plus élevée s’il avait joué plus de matchs. Cependant, d’après ce qu’on a vu, il a été drôlement intéressant pour un jeune homme de 20 ans seulement. Il ne s’en laisse pas imposer défensivement et apporte une dimension offensive intéressante.

Victor Cabrera 6,5

Un autre qui n’a pas joué énormément, mais qui a su faire le mieux avec les minutes qu’il a eues. La constance a toujours été son talon d’Achille et c’est évident que sans jouer régulièrement, c’est difficile d’en avoir, mais son jeu musclé donne une autre dimension à l’unité défensive.

Rudy Camacho 6

On l’a peu vu et c’est peut-être pour ça qu’il joue un peu en montagnes russes. Mais il a connu quelques bonnes sorties qui sont encourageantes. Le problème, c’est son salaire et le fait que l’on base les attentes en fonction de celui-ci parce qu’autrement, c’est un bon joueur de profondeur.

Daniel Lovitz 5,5

On ne sait pas s’il a plafonné ou si c’est l’absence d’Ignacio Piatti devant lui qui lui a fait perdre du lustre. N’empêche qu’il commet plus d’erreurs que l’an passé et qu’il se fait souvent prendre profondément en territoire adverse. Quant à ses centres, c’est un peu difficile.

N’a pas joué:

Daniel Kinumbe

Milieux

Samuel Piette 8

Il est extrêmement régulier et a connu très peu de matchs difficiles cette saison. Son leadership s’exprime sur le terrain et son volume de travail immense en fait la pierre angulaire entre le bloc défensif et le bloc offensif.

Omar Browne 7,5

L’un des rares rayons de soleil offensifs de l’équipe depuis la perte de Piatti. Il a encore peu joué et la note est basée sur une impression bien plus que sur sa performance. Mais il a un côté imprévisible ballon au pied qui donne de l’espoir.

Shamit Shome 7,5

Il est en train de s’imposer comme un titulaire indiscutable en raison de sa grande intelligence et de son positionnement impeccable. Sa progression est impressionnante cette saison et sa volonté de se projeter vers l’avant apporte un dynamiste offensif qui manque à l’équipe.

Orji Okwonkwo 7

Il est explosif et possède cette capacité de déstabiliser la défensive adverse avec ses accélérations dans le dernier tiers qu’il couple à de bons appels en profondeur. Tout sera une question de constance et de savoir éviter les blessures.

Mathieu Choinière 7

Le talent y est et malgré sa petite stature, il joue sans peur. Il est doué ballon au pied. Il doit maintenant travailler sur sa prise de décision et sur sa capacité d’identifier les bons moments pour frapper et faire mal à l’adversaire.

Clément Bayiha 7

On l’a un peu moins vu, mais il est drôlement amusant à regarder jouer parce qu’il possède une certaine puissance pour sa taille. Avec de l’expérience, il risque de devenir un élément important de cette équipe dans un avenir assez rapproché.

Micheal Azira 6,5

Il est efficace défensivement, mais il est en train de se faire ravir son poste par Shome pour la simple raison qu’il est trop unidimensionnel parce qu’il n’a pas la même capacité d’appuyer l’attaque.

Saphir Taïder 6

L’évaluation est volontairement sévère parce qu’il a placé la barre haut l’an passé. Il n’a pas été aussi décisif cette année en raison d’une petite blessure qui ne l’empêche pas de jouer, mais qui le ralentit assez pour faire en sorte qu’il n’est pas toujours au meilleur de ses capacités, ce qui est problématique parce qu’il est efficace quand il a du chien.

Harry Novillo 5

Oui, il a raté beaucoup de matchs en raison de diverses blessures, mais on peut aussi remettre en doute son sérieux. Il reste qu’il a paru trop lent pour soutenir le rythme de la MLS dans ses sorties et on ne demande qu’à être convaincus qu’il peut tirer son épingle du jeu.

Ignacio Piatti

On ne lui attribuera pas de note puisqu’il a vraiment très peu joué, mais dans les trois premiers matchs de la saison, il était le Nacho que l’on connaît et que l’on aime. Dans son bref retour de deux matchs, il n’était de toute évidence pas au sommet de sa forme.

N’ont pas assez joué:

Amar Sejdic, Ken Krolicki

Attaquants

Anthony Jackson-Hamel 6,5

Son niveau d’effort est nettement supérieur à celui qu’on lui a connu lors des saisons précédentes. Il a notamment provoqué deux tirs de pénalité dans le dernier mois. Il a marqué de très jolis buts, des buts qui ne portaient pas uniquement la signature d’un attaquant redoutable dans la surface. On doit le surveiller de près.

Maximiliano Urruti 6

On sait une chose, il court beaucoup, vraiment beaucoup. Il exerce une très forte pression sur la défensive adverse.

Le problème, c’est que même s’il a cinq passes décisives, il n’a marqué qu’une seule fois en 14 matchs, et pour un attaquant, ce n’est tout simplement pas suffisant.

Ses tirs manquent trop souvent de précision.