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Tennis

Wawrinka se donne des airs de jeunesse

Publié | Mis à jour

Stanislas Wawrinka a 34 ans, il n’est plus nécessairement dans la fleur de l’âge et ne fait plus partie du top 20 mondial. Et après? Cette semaine, il se donne des airs de jeune espoir affamé de victoire!

Le Suisse joue du tennis inspiré depuis le début de la quinzaine. Pas de doute.

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Dimanche, dans un match complètement fou et assurément le match du tournoi jusqu’à présent, il a vaincu la jeune sensation et numéro 6 mondial, Stefanos Tsitsipas, au cours d’un véritable marathon qui s’est conclu en cinq manches de 7-6 (6), 5-7, 6-4, 3-6 et 8-6.

Le tout en 5 h 9 min!

Ce qui rend l’exploit encore plus impressionnant, c’est que les dernières années n’ont pas été faciles pour l’ancienne troisième raquette mondiale. Une opération au genou à la fin de la saison 2017 lui avait fait manquer près de neuf mois d’activité.

Grand retour

Petit à petit, il retrouvait son rythme même s’il ne connaissait pas une saison 2019 exceptionnelle avant de se présenter à la Porte d’Auteuil. Outre sa présence en finale, perdue contre Gaël Monfils à Rotterdam en février, il n’a jamais fait mieux que les quarts de finale cette année. Sur terre battue, il n’avait franchi le deuxième tour qu’à une seule reprise, à Madrid, tournoi lors duquel il s’était incliné contre Rafael Nadal en quarts de finale. Il s’est présenté à Roland-Garros sur une séquence de trois défaites de suite sur terre battue.

Mais, cette semaine, il est dans une zone.

«C’était le genre d’émotions que j’espérais retrouver quand je suis revenu au jeu. De jouer devant une foule pareille avec une atmosphère comme aujourd’hui, dans un match de cinq manches d’un Grand Chelem... C’est la raison pour laquelle je suis revenu après mon opération. J’aime et j’ai toujours du plaisir à jouer devant les gens, dans les plus gros tournois. Aujourd’hui, c’était spécial», a reconnu le héros de la journée.

De son côté, Tsitsipas était démoli, littéralement, lorsqu’il s’est présenté devant les médias. Surtout que sur le point victorieux, il avait décidé de laisser passer la balle plutôt que d’y aller d’une volée du côté libre du terrain, croyant que cette dernière aboutirait hors limite. Ce qui ne fut pas le cas.

«Je suis épuisé. Je ne sais pas. Je n’ai jamais vécu quelque chose comme ça dans ma vie. Je suis vraiment déçu et ça fait longtemps que je n’ai pas pleuré après un match. Émotionnellement, ce n’était pas facile à gérer. Je vais essayer d’apprendre de ça le plus que je peux.»

Contre Federer

Le prochain tour ne sera pas de tout repos pour Wawrinka qui devra maintenant affronter son compatriote Roger Federer en quarts de finale. À son retour sur terre battue après une longue période, Federer a été parfait jusqu’à présent à Roland-Garros, n’échappant pas une seule manche en quatre parties.

La dernière fois qu’ils se sont affrontés sur cette surface, c’était en 2015 justement et Wawrinka l’avait emporté en quarts de finale.

«Roger joue encore tellement bien. C’est le meilleur joueur à avoir jamais pratiqué ce sport. Ce sera un gros défi, car je ne l’ai pas battu souvent dans ma carrière. Je l’ai toutefois fait ici et je m’en souviens encore. C’était une journée spéciale pour moi.»

Federer aussi estime que son compatriote impose un défi important. Mais, au-delà de ça, il est surtout heureux de le revoir en santé.

«Je suis content qu’il soit rétabli de ses problèmes de genou. Ils étaient sévères et c’est pourquoi je pense qu’il est très heureux de pouvoir compter sur un second souffle sur le circuit. Je suis convaincu qu’il n’était pas certain qu’il pourrait revenir. C’est bien de le revoir en santé, mais j’espère qu’il n’aura pas sa forme de 2015 contre moi parce qu’il frappait des boulets de canon. C’était incroyable!»

Une junior à l'honneur

Qu’elle le veuille ou non, Leylah Annie Fernandez entamera le tournoi junior de Roland-Garros avec la pression des attentes élevées. Première favorite pour remporter la compétition, la jeune Montréalaise ne s’en fait toutefois pas outre mesure avec la pression qui vient avec son statut.

Après avoir remporté le tournoi de Charleroi, en Belgique, samedi, Fernandez a été désignée première tête de série en raison du désistement de la Danoise Clara Tauson.

«C’est sûr que je ressens un peu de pression, mais ça ne change rien pour moi. Je suis contente d’être première favorite et de pouvoir jouer contre de bonnes joueuses. Je veux faire de mon mieux à chaque match», a-t-elle mentionné dimanche, lorsque rencontrée après sa séance d’entraînement.

L’an dernier, la gauchère de 16 ans avait atteint la demi-finale à Roland-Garros et elle ne cache pas que, même si elle parcourt déjà le monde pour le tennis, entrer sur le site des Internationaux de France a quelque chose de particulier.

«Comme j’ai dit à mon père, la première fois que j’ai vu le stade Suzanne-Lenglen, l’an dernier, j’avais des papillons dans l’estomac. Aujourd’hui, j’ai revu le stade et j’ai eu les mêmes papillons. Je suis très excitée de jouer mon premier match», ajoute celle qui affrontera la Russe Mariia Tkacheva lundi.

Impressionnée

Les courts d’entraînement à Roland-Garros sont assurément le moment le plus propice pour croiser certaines des plus grandes vedettes du sport. Lors de la simple heure qu’il y a passée dimanche, le représentant du Journal a croisé la légende Boris Becker et les joueurs étoiles Novak Djokovic, Dominic Thiem, Juan Martin Del Potro et Gaël Monfils.

Fernandez les a vus, elle aussi. Se retrouver aussi près des plus grandes stars de son sport lui permet d’apprendre à vitesse grand V, mentionne-t-elle.

«Tous les professionnels m’impressionnent. Ils sont dans leur bulle avec leur équipe alors que je suis en train d’apprendre. De voir comment ils font, de la façon dont ils gèrent les médias et les partisans, de les voir ici s’entraîner, ça ouvre les yeux.»

Fernandez est notamment accompagnée par son entraîneur à temps partiel Hugo Di Feo, par son père et aussi entraîneur, Jorge, et par sa sœur, Bianca Jolie.

Double

Elle participera aussi à la compétition en double avec son amie de longue date, la Gatinoise Mélodie Collard.

«Ça va être une belle expérience! Ça fait longtemps qu’on se connaît, mais on s’est un peu perdues de vue parce que Leylah a monté plus vite que moi. C’est le fun d’avoir l’opportunité de jouer avec elle», a mentionné Collard, dimanche, elle qui a raté les qualifications pour le tournoi en simple.

Bonne fête, Rafa

Rafael Nadal continue sa marche vers l’Histoire. Vainqueur de 11 des 14 derniers tournois de Roland-Garros, le Roi de la terre battue a facilement défait l’Argentin Juan Ignacio Londeron en trois manches de 6-3, 6-3 et 6-3 sur le court Philippe-Chatrier. L’athlète fête d’ailleurs ses 33 ans aujourd’hui, à la même place où il célèbre son anniversaire depuis des années!

«Les célébrations qui n’ont pas lieu ici ne sont pas positives, parce que ça veut dire que j’ai été blessé ou que j’ai perdu. Par contre, en termes de célébrations, disons qu’elles sont plus intenses quand je suis à la maison que lorsque je suis ici. Demain [lundi], que puis-je faire? Je vais célébrer avec les gens du tournoi qui sont spéciaux pour moi parce que j’ai développé une superbe relation avec eux au fil des ans. Ensuite, j’aurai un souper, mais rien de trop gros. Je joue le lendemain, donc ce sera plutôt tranquille. Et je ne suis pas heureux d’avoir déjà 33 ans non plus!» a-t-il mentionné en souriant.

Dabrowski et Pavic avancent

La Canadienne Gabriela Dabrowski et son partenaire, le Croate Mate Pavic, ont avancé au troisième tour en double mixte dimanche, grâce à une victoire en deux manches de 7-6 (5) et 6-2 face au duo composé de Franko Skugor et Raluca Olaru. Dabrowski jouera aussi au troisième tour en double avec la Chinoise Yiang Xu. Elles affronteront la paire toute française composée de la jeune de 16 ans Diane Parry et de Fiona Ferro.