Bruce Cassidy

Photo : Bruce Cassidy Crédit : AFP

Séries LNH 2019

Bruce Cassidy s'est relevé après un véritable fiasco

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ST. LOUIS – Bruce Cassidy détonne des autres entraîneurs de la LNH. Il n’y a rarement de secrets ou de grandes cachettes avec lui. Il répond aux questions des journalistes avec générosité en plus de dévoiler assez souvent ses stratégies. Il le fait même en plein cœur d’une finale de la Coupe Stanley.

À 54 ans, Cassidy a maintenant un bon bagage d’expérience. Pour reprendre ses propres mots, il se sent bien dans sa peau comme entraîneur, mais aussi comme homme.

Il n’aurait pas dit la même chose à son premier arrêt derrière un banc de la LNH. C’était en 2002-2003 avec les Capitals de Washington. À 37 ans seulement, il se retrouvait à diriger les Jaromir Jagr, Peter Bondra, Michael Nylander, Robert Lang, Sergeï Gonchar, Calle Johansson et Olaf Kolzig, des joueurs pratiquement de son âge.

Le règne de Cassidy à Washington a duré seulement 15 mois. Après 28 matchs lors de la saison 2003-2004, il a été congédié. Il aura finalement patienté un peu plus de 13 ans avant d’obtenir une deuxième chance dans la LNH. Les Bruins lui ont offert cette deuxième vie après le renvoi de Claude Julien au mois de février 2017.

«J’étais plus jeune, la communication avec les joueurs n’était pas toujours facile, a reconnu Cassidy avant l’ouverture de cette finale de la Coupe Stanley. Je n’avais pas une grande compréhension de la vie dans la LNH, j’avais joué seulement quelques matchs dans la LNH avec les Blackhawks (36 rencontres).»

«À mon deuxième séjour dans la LNH, j’étais mieux préparé, a-t-il enchaîné. J’ai passé huit ans dans la Ligue américaine à Providence, je connaissais parfaitement l’organisation et je me sentais mieux dans ma peau. Ça vient avec l’expérience. J’ai réalisé plusieurs choses au cours des dernières années. J’ai gardé ce que je faisais de bien et j’ai corrigé plusieurs trucs. Je devais mieux communiquer mon message avec mes joueurs. Je sens qu’ils sont maintenant plus réceptifs quand je parle qu’à mes débuts à Washington.»

Une rare chance

Avant son retour derrière un banc de la LNH avec les Bruins, Cassidy avait laissé l’un des pires héritages comme entraîneur avec les Capitals. Pour regagner un poste dans la grande ligue, il devait reconstruire sa crédibilité. Il l’a fait en occupant un rôle d’adjoint avec les Blackhawks de Chicago en 2005-2006 pour ensuite devenir l’entraîneur en chef des Frontenacs de Kingston dans la OHL pour les deux saisons suivantes. En 2008-2009, il a fait le saut avec l’organisation des Bruins en acceptant d’abord un poste d’adjoint à Providence.

«J’aimais mes jours à Providence, a-t-il dit. Je pouvais me revoir en plusieurs joueurs. J’étais comme eux, je rêvais d’atteindre la LNH, je me battais pour une place. Mais j’ai saisi ma chance de revenir dans la LNH. Ce n’est pas tous les entraîneurs qui reçoivent une deuxième chance. Je suis chanceux. »

Un scénario différent

À sa deuxième saison complète comme entraîneur en chef des Bruins, Cassidy a mené les siens à une première finale depuis 2013.

«J’ai toujours rêvé à la finale de la Coupe Stanley, a-t-il affirmé. Mais je m’imaginais avec des patins, pas avec un veston. J’étais comme tous les autres enfants, je voulais jouer la finale de la Coupe Stanley. Je n’ai pas atteint mon rêve comme joueur, mais j’y suis comme entraîneur. Je trouve que c’est un bon prix de consolation.»

Cassidy, qui est originaire d’Ottawa et qui peut se débrouiller en français, est devenu émotif en parlant de ceux qui l’ont aidé tout au long de son parcours.

«Je pense à mes parents, ils ont tous les deux rendu l’âme aujourd’hui. Ils savaient à quel point j’aimais les Bruins et Bobby Orr durant mon enfance. J’imagine qu’ils sont fiers de moi. J’ai aussi une pensée pour ma famille et mes enfants. Ils m’ont toujours aidé et encouragé au cours des années. Je suis fier d’être ici en finale.»