Séries LNH 2019

Jaroslav Halak savoure chaque instant

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Jaroslav Halak n’est pas dupe. Il sait qu’à 34 ans, il ne lui en reste plus encore pour bien des années dans la LNH. Il sait également qu’un poste de numéro un n’est plus à sa portée.

C’est pourquoi le Slovaque a décidé de profiter pleinement du superbe parcours des Bruins, même si cela implique de se contenter d’un rôle de spectateur privilégié, assis au bout du banc de son équipe.

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«Si je vous disais que ça ne me dérange pas, je vous mentirais. Mais j’apprécie chaque moment», a assuré l’ancien joueur du Canadien, rencontré il y a quelques jours.

«C’est certain que c’est un peu différent quand tu ne joues pas, mais en même temps, c’est une belle réussite d’équipe. Je suis fier des gars. On veut tous gagner», a-t-il ajouté.

De l’avis de plusieurs, il s’en est fallu de bien peu pour que ce soit Halak, et non Tuukka Rask, qui amorce les séries éliminatoires.

Au cours des sept dernières semaines du calendrier, Halak a maintenu un dossier de 9-2-0, un taux d’efficacité de ,932 et une moyenne de buts accordés de 1,98. Des statistiques plus solides que celles de son coéquipier, qui, malgré une fiche de 10-5-1, revendiquait un taux d’efficacité de ,893 et une moyenne de buts accordés de 2,70.

«Je n’ai pas réellement pensé [que ce serait moi qui amorcerais les séries]. Je ne suis pas celui qui prend les décisions. Dès le premier jour, ils ont décidé que ce serait Tuukka», a-t-il confié.

Comme quoi il n’y a pas qu’à Montréal qu’on fait de grosses histoires avec les gardiens.

Des fleurs pour Rask

D’ailleurs, le Finlandais a fait taire ses dénigreurs depuis le début du tournoi. En raison de ses rares succès en séries (exception faite du printemps 2013), certains remettaient en question sa capacité à jouer sous la pression.

Or, il a mené les Bruins à la deuxième plus longue séquence victorieuse de leur histoire en séries (8) et il est le seul gardien avec une moyenne de buts accordés inférieure à 2,00 (1,91), ce printemps. Il domine également la colonne du taux d’efficacité (,939).

«Il joue très bien. Il est l’une des raisons principales pour lesquelles nous sommes rendus ici aujourd’hui. C’est un gars très calme, mais qui travaille extrêmement fort», a louangé le gardien auxiliaire.

À quelques reprises depuis le début des séries, Bruce Cassidy et Don Sweeney ont soutenu que la brillante tenue d’Halak en saison régulière a offert à Rask quelques jours supplémentaires de repos tout en le forçant à rester sur le qui-vive.

«Je ne sais pas à quel point je l’ai réellement poussé. Je me suis simplement appliqué à faire mon travail. Je suis certain que c’était la même chose de son côté. On voulait aider l’équipe à gagner», a assuré Halak.

De lointains souvenirs

Ce n’est pas la première fois qu’Halak talonne le gardien numéro un. En 2010, sa tenue en saison régulière lui avait permis de ravir le poste de partant à Carey Price et même de devenir le gardien de confiance de Jacques Martin durant les séries éliminatoires.

Le Slovaque avait remporté 26 victoires cette saison-là, contre seulement 13 pour celui que l’on considérait comme l’enfant prodige.

Ses prouesses devant le filet avaient mené le Canadien jusqu’à la finale de l’Association de l’Est après avoir éliminé les Capitals de Washington, champions du calendrier, et les Penguins de Pittsburgh, champions en titre de la Coupe Stanley.

«Ça fait déjà très longtemps. Je vais simplement essayer d’apprécier le moment actuel le plus possible», a indiqué le gardien, refusant de ressasser le passé.

Au cours de l’été suivant, Pierre Gauthier l’avait envoyé à St. Louis, ce qui allait être l’un des cinq arrêts suivants pour l’homme masqué que le Tricolore avait sélectionné au neuvième tour du repêchage de 2003.

Cette fois, il ne devrait pas changer d’adresse. Il lui reste encore une année de contrat et, à entendre parler son directeur général et son entraîneur-chef, son embauche sur le marché des joueurs autonomes, l’été dernier, était pratiquement un coup de génie.

Au terme de ce contrat, Halak viendra tout juste de célébrer ses 35 ans. C’est là que ça risque peut-être de se corser.