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Tennis

Félix Auger-Aliassime devient une vedette en France

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Le directeur du tournoi de Roland-Garros, Guy Forget, ne le cache pas : lui autant que le public français piaffaient d’impatience à l’idée de voir Félix Auger-Aliassime sur les courts ocres des Internationaux de France.

S’il n’a évidemment pas encore la notoriété des Rafael Nadal, Roger Federer ou Novak Djokovic, il n’en reste pas moins que le jeune tennisman québécois est en train de devenir une vedette en France.

Les cousins aiment son style, sur comme en dehors du court, son attitude et sa classe.

«Il est spectaculaire et a une générosité qui est agréable à voir, a mentionné M. Forget lors d’un entretien avec Le Journal. Il court, il saute, il frappe ! En plus, c’est un beau garçon, il a une belle tête et il est très sympa avec tout le monde. Il est humble, et j’espère qu’il le restera. Ses parents doivent être des gens formidables. Je sais que Louis [Borfiga], Guillaume [Marx] et Fred Fontang sont des gens avec des valeurs et des principes, et ils les lui ont transmis. J’espère qu’il restera comme il est aujourd’hui, avec toute sa fraîcheur.»

La nouvelle génération

Pour M. Forget, la progression des jeunes joueurs de cette nouvelle génération de talent, ou Next Gen, sera cruciale à la pérennité non seulement des tournois comme Roland-Garros, mais aussi du tennis en général.

Si le sport vit actuellement son âge d’or grâce aux carrières historiques de Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic, l’après-risque de créer un vide que ces jeunes devront savoir combler.

En plus d’Auger-Aliassime, Forget cite son compatriote Denis Shapovalov, Dominic Thiem, 4e au monde, Alexander Zverev (5e) et Stefanos Tsitsipas (6e).

Toutefois, il est trop tôt pour dire si le Québécois – ou les autres membres de la Next Gen – pourront remplir les chaussures des Federer, Nadal ou Djokovic.

«Les joueurs comme Rafa, ce qui les rend uniques et qui en fait des légendes, ce sont des tournois comme Roland-Garros. Aujourd’hui, tout le monde parle à Roger de sa victoire en 2009, quand il était tombé sur les genoux et s’était mis à pleurer. Si Félix devient une légende, ça va commencer par ici. Il pourra gagner Toronto, le Masters de Paris-Bercy ou Bâle cinq fois et les gens diront que c’est un bon, très bon joueur. Par contre, s’il gagne ici ou à Wimbledon, c’est à partir de là qu’il va être traité différemment.»

Des choix différents?

Ce n’est évidemment que partie remise pour Auger-Aliassime à Roland-Garros. À moins d’autres blessures, il devrait y être l’an prochain et pour plusieurs années encore.

Pour le directeur de Roland-Garros, la jeune étoile canadienne aura assurément tiré des leçons de ce qui s’est produit au cours de la dernière semaine.

«On est déçus de ne pas l’avoir ici, mais ça fait partie du métier, aussi. Peut-être que l’année prochaine, il fera un programme différent. S’il sent une petite douleur, il ne jouera peut-être pas à 100 % en se disant que son objectif est Roland-Garros. Là, il a forcé et il a abîmé. C’est normal, il est jeune, fougueux et il a envie.»

«C’est merveilleux d’avoir une envie de gagner comme ça. Maintenant, avec l’expérience, il apprendra à canaliser cette envie pour y faire les bons choix au bon moment. Après tout, si Roger [Federer] est aussi fort à 38 ans, c’est parce qu’à chaque fois, il a fait les choix justes pour ne pas se blesser», mentionne celui qui a remporté 11 titres en simple dans sa carrière de joueur, et grimpé jusqu’au quatrième rang mondial en 199

Un grand chelem au goût du jour

Les importants travaux réalisés sur le site de Roland-Garros et qui se termineront en 2020 avec l’inauguration d’un toit rétractable sur le court Philippe-Chatrier étaient nécessaires, assure Guy Forget, qui ne croit toutefois pas que les Internationaux de France de tennis ont été menacés de perdre leur statut de Grand Chelem.

À un certain moment, des rumeurs à cet effet avaient circulé voulant que Roland-Garros pourrait perdre ce statut prestigieux au profit de tournois disputés sur un site plus grand, comme Madrid.

«Pour perdre le statut de Grand Chelem, il faut faire de grosses, grosses erreurs pendant de longues années, a toutefois tempéré Forget.»

«On sentait qu’une course contre la montre avait été engagée nous concernant puisque nos amis des autres tournois du Grand Chelem avaient fait ces travaux qui étaient allés très vite pour eux. On commençait à se retrouver avec des installations vieillissantes.»

Travaux d’importance

Jusqu’à maintenant, un total de 400 millions d’euros (plus de 600 millions $ CA) a été investi dans les travaux. Le tout financé entièrement par la Fédération française de tennis.

Le fameux toit mettra en quelque sorte un point d’exclamation à l’important chantier qui s’étend sur Roland-Garros depuis la fin de l’événement de l’an dernier. Avec 11 ailes de 3500 kg chacune, il pèsera la moitié de la tour Eiffel !

S’il sera inauguré en 2020, il ne devrait être complètement fonctionnel qu’en 2021.

Parmi les autres travaux prévus et devant commencer après le tournoi en cours, notons la destruction du court no 1, qui sera remplacé par un immense jardin, le Jardin des mousquetaires.

Jusqu’à présent, la réponse des joueurs – dans les médias du moins – a été très positive face aux changements.

«On prend tous les compliments avec plaisir parce qu’il y a eu des moments difficiles. On a eu des permis bloqués et des recours engagés. Quand on parlait aux joueurs du futur stade, on leur disait toujours que ce serait plus tard, plus tard. Chaque fois, on a perdu du temps, mais cette année, c’est la première année qu’ils peuvent découvrir l’amplitude.»

Dabrowski double le plaisir

Il ne reste plus de raquettes canadiennes en simple, mais il en reste une en double.L’Ontarienne Gabriela Dabrowski a d’ailleurs connu une journée fort occupée, remportant tout d’abord son match en double avec sa partenaire Yifan Xu en trois manches de 6-1, 1-6 et 6-2.

Plus tard dans la journée, elle a aussi remporté son match de double mixte avec Mate Pavic en deux manches de 6-4 et 7-6 (3) face à la paire formée de Kaitlyn Christian et Frederik Nielsen. Dabrowski et Pavic sont classés 2e tête de série en mixte.

De l’amour pour Novak

Il n’est pas rare, entre les points, d’entendre les partisans encourager leurs joueurs préférés. Jeudi, lors du match entre Novak Djokovic et Henri Laaksonen, une partisane assise à la deuxième rangée a lancé un « Allez Novak, je suis là ! » bien senti à l’endroit de son préféré, lui faisant également un petit signe de la main en guise de salutation.

On vous rassure, le Serbe n’a pas été perturbé par la remarque de la jeune blonde. Le Djoker n’a pas mis de temps à se débarrasser de son adversaire jeudi, le battant en trois manches de 6-1, 6-4 et 6-3. Le tout en 1 h 33 min.

Osaka la têtue

Décidément, la première joueuse au monde Naomi Osaka prend plaisir à connaître des départs difficiles à Roland-Garros. Après avoir échappé la manche initiale de son premier match, pour ensuite revenir de l’arrière face à Anna Karolina Schmiedlova mardi, Osaka a de nouveau perdu la première manche jeudi contre Victoria Azarenka, avant de revenir et gagner les deux derniers.

«Je me suis demandé si c’était parce que je choisissais sûrement toujours de servir, et mon adversaire réalisait le bris tout de suite. Je me suis dit, peut-être que je dois retourner d’abord. Je vais apprendre comment gagner. Je suis un peu bornée, têtue, je veux apprendre à servir et gagner le premier jeu. Cela me permettrait de faire un bon démarrage dans le match», a-t-elle révélé. Après sa victoire, elle n’a pu s’empêcher de sourire, tout en cachant son visage avec sa main et sa casquette.