Crédit : Kelvin Kuo-USA TODAY Sports

MLS

Le LAFC : la référence

Le LAFC : la référence

Patrice Bernier

Publié 28 mai
Mis à jour 28 mai

On s’en doutait, on en entendait parler, mais depuis vendredi dernier, les amateurs québécois de soccer le savent : le Los Angeles FC est LA référence en MLS depuis le début de cette saison 2019.

Ce n’est pas un petit club. Et ce n’est pas pour rien que l’entraîneur du Crew de Columbus, Caleb Porter, a récemment affirmé que le LAFC était le Manchester City de la MLS.

Quand on regarde comment le club a été bâti, sa production, sa progression, des partisans qui chantent à tue-tête dans tout le stade. Ils sont au premier plan de la ligue : premiers dans les buts, premiers dans les buts accordés, dans tout. Ils ont un top club, ils sont en top position et ils ont présentement le top joueur en MLS en Carlos Vela, qui rafle tout. Le milieu offensif mexicain a 15 buts, neuf passes décisives, il est premier dans quasiment toutes les catégories offensives, même les tirs au but.

Mais au-delà du glamour, de l'image, il y a deux facettes du jeu du LAFC qui méritent d'être détaillées.

La MLS est une ligue basée sur la puissance et l'athlétisme, mais le LAFC a un style particulier qui contient beaucoup de jeu court, de combinaisons, et de courses diagonales. Un triomphe de synchronisme et de cohésion.

Pourquoi Vela joue aussi bien, match après match en marquant but après but? C'est que le milieu de terrain, constitué (généralement)d’Eduard Atuesta, le moteur de l'équipe, Mark-Anthony Kaye et Latif Blessing, est continuellement connecté, complémentaire, fait bouger, circuler, vibrer cette équipe-là.

Si on regarde le premier but inscrit par Carlos Vela, vendredi contre l’Impact, on a des joueurs au milieu qui sont capables de provoquer, de créer des espaces pour que des gars comme Vela, dont on connaît tous les qualités, soient capables d'être plus disponibles. Ainsi, le numéro 10 du LAFC n'est pas obligé de décrocher pour faire le jeu. Il est plutôt dans la finalité grâce à ce milieu de terrain qui permute, bouge, crée des situations, et de  nombreuses fois, on se retrouve à avoir Vela tout seul au but, ou en un contre un :

Ce n’est pas pour rien qu’Atuesta, Kaye et Blessing accumulent les passes décisives.

Ensuite, il faut absolument parler du pressing du LAFC. Le troisième but de l’équipe contre l’Impact démontre comment cet aspect de leur jeu est crucial. Les joueurs mettent d’abord une pression incessante sur le défenseur Zakaria Diallo et lui font perdre le ballon et le but est inscrit peu après.

On n’en parle pas assez souvent. Non seulement ils sont bons avec le ballon, ils sont aussi très forts pour le récupérer. Tout cela fait du LAFC l'une des équipes qui a le plus haut taux de possession.

L’Ouest monte en puissance

C'est un éternel débat: est-ce que l'Ouest est plus fort que l'Est, ou est-ce l'inverse? Lors du dernier weekend, où on a eu sept duels «Ouest contre Est», les résultats sont probants: six victoires pour l'Ouest et un match nul. En ce moment, les équipes les plus attrayantes, offensives, en forme dans la ligue, sont des équipes de l'Ouest.

On ne parle pas que du LAFC: il y a Seattle, le Galaxy ou Houston, qui se portent bien offensivement. Ce n'est pas une question de qui joue à domicile ou à l'étranger: sur les sept matchs, quatre étaient dans l'est.

Quel est le grand facteur dans cette situation? Jouer dans l'Ouest, ce n’est pas évident. Au niveau des habitudes, c'est difficile biologiquement. Le décalage horaire, jouer à des heures où, dans l'Est, les joueurs sont normalement au repos, ou à la maison... Il y a aussi les réalités du calendrier. Beaucoup de matchs sont joués en début de saison, il y a aussi souvent des voyages à l’Ouest durant cette période. Ça s’équilibre plus tard en saison.

Bref, sur les deux dernières semaines, l’Ouest domine. Cela ne signifie pas pour autant qu’il est trop puissant. Le nombre total de victoires dans ces matchs peut encore se rééquilibrer d’ici la fin du calendrier régulier.

L’Est fait du surplace

Si les équipes de l’Ouest font bien par les temps qui courent, dans l’Est, on voit beaucoup de clubs stagner. Quand on regarde les équipes au haut du classement dans l’Est, D.C. United et Philadelphie, elles n'ont pris que très peu de points dans les deux dernières semaines. Si on compare aux équipes de l'Ouest, c'est nettement inférieur, alors que la majorité des clubs a pris trois points ou plus.

Donc, même si l'Impact n’est pas dans une bonne passe, c'est aussi le cas pour une majorité d'équipes dans l'Est. Et à travers tout ça, sans trop faire de vagues, les Red Bulls se sont replacés et sont montés à la troisième place. Il n'y a pas très longtemps, on se demandait s'ils allaient faire les séries, et maintenant, ils en sont à quatre victoires, une défaite et un match nul sur les six derniers matchs. C'est une équipe habituée de faire les séries, l'une des meilleures à ce chapitre avec Seattle. Tel qu'évoqué par l'entraîneur Chris Armas, on ne respecte peut-être pas assez les Red Bulls. C'est sans doute parce que l'équipe a beaucoup changé. Certains gros noms, comme Sacha Kljestan, Tyler Adams, Dax McCarty, ou Felipe sont partis, il ne reste peut-être que Bradley Wright-Phillips et Luis Robles. Il y a moins de joueurs à gros profil et à cause de ça,

l'équipe passe un peu plus sous le radar, outre lorsque vient le temps de souligner les succès de leurs jeunes. Mais ils montent, ils profitent de cette stagnation relative qu'on voit actuellement dans l'Est.

C'est à l'Impact d'en profiter aussi. Si on regarde les matchs qui ont opposé des équipes de l'Est, dernièrement, il y a eu beaucoup de verdicts nuls. Personne ne semble vraiment sortir du lot. Personne ne semble vraiment dire «je suis la meilleure équipe dans l'Est». Personne ne s'impose comme le LAFC ou Seattle, des équipes qui intimident l'adversaire.

Aussi, les cadors attendus dans l’Est ont eu un départ lent: Atlanta United a été atteint de ce mal, cette disette qui afflige les équipes gagnantes de la Coupe MLS qui doivent ensuite disputer la Ligue des champions de la CONCACAF en début de saison.

Comme personne n'a profité de ces départs lents pour vraiment creuser l'écart, Atlanta, les Red Bulls et le New York City FC montent tranquillement en puissance. Atlanta a eu quelques victoires dernièrement et les Red Bulls aussi. La hiérarchie attendue semble en voie de reprendre ses droits.