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Jacques Hérisset confiant en l’avenir du tennis à Québec

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Même si son jouet qu’est le tournoi de tennis féminin de la WTA s’apprête à passer entre les mains d’intérêts étrangers après 26 ans d’existence à Québec, Jacques Hérisset refuse de ressasser le passé et préfère voir l’avenir du bon œil en ce qui a trait au tennis professionnel dans la Vieille Capitale.

Directeur de la Coupe Banque Nationale — jadis connue comme étant le Challenge Bell — depuis sa création, en 1993, Hérisset savait depuis un moment qu’il y avait une possibilité que Tennis Canada se départisse de l’événement.

Tennis Canada affirme être en négociations pour vendre ou louer le tournoi, qui doit se tenir du 9 au 15 septembre prochain au PEPS de l’Université Laval, après les Internationaux des États-Unis.

Même si «rien n’est signé», selon la directrice des communications de l’organisme qui gère le sport au pays, Valérie Tétreault, l’entraîneur de carrière pense déjà à la suite des choses.

Plusieurs scénarios sont sur la table advenant une vente du tournoi, mais, pour Jacques Hérisset, il faudra s’assurer que le choix correspond bien au marché de Québec.

«Je veux que ce soit un fait heureux [la fin] parce qu’il y aura autre chose, a-t-il mentionné, mardi, en entrevue. Si c’était la fin du tennis international, il y aurait un deuil, mais ce serait un changement et une adaptation. S’il se passe autre chose, il va falloir vérifier ce que les gens aiment.»

«Il faut bien prendre le temps. Tu ne remplaces pas un tournoi comme la Coupe Banque Nationale comme ça. Il faut que les gens puissent dire wow !, ça va être le fun. Il faut quelque chose qui va bénéficier au développement des athlètes canadiens et québécois, comme ce fut le cas avec notre tournoi. Et offrir du tennis de haut niveau. Il va falloir que ça atteigne ces objectifs.»

Tournoi ou investissement ?

La création d’un nouveau tournoi n’est pas la seule idée évoquée. Tennis Canada ne cache pas qu’un nouveau projet pourrait passer par l’investissement au sein d’infrastructures pour aider au développement.

«On essaie de regarder l’ensemble des initiatives qu’on pourrait faire pour poursuivre le développement du tennis dans la région», a précisé Valérie Tétreault.

Lui-même impliqué au sein de l’école de tennis Hérisset-Bordeleau du club Avantage, qui a jadis accueilli Félix Auger-Aliassime avant qu’il ne se joigne au centre national d’entraînement, à Montréal, le directeur du tournoi va plus loin. «Il faut qu’il y ait un legs grâce à ce tournoi. Une infrastructure peut amener un tournoi. L’un n’empêche pas l’autre. C’est un bon défi pour le futur», a-t-il soutenu.

En attente

L’organisation et les bénévoles demeureront aux aguets d’ici une potentielle annonce officielle au cours des prochaines semaines. «Nos bénévoles sont en attente et on continue à planifier le tournoi.»

Un marché en pleine expansion

Les tournois ajoutés au calendrier asiatique de la WTA au cours des dernières années ont fait mal au plus important événement féminin de tennis intérieur au pays, reconnaît son directeur, Jacques Hérisset.

Les baisses d’achalandage provoquées notamment par l’absence de grandes vedettes sur le court central du PEPS au profit de l’Asie ont provoqué une prise de conscience dans les bureaux de Tennis Canada. Cette année, les épreuves de Nanchang, en Chine, et d’Hiroshima, au Japon, sont prévues en même temps.

«On savait que l’élan vers l’Asie n’allait pas nous favoriser et que ça devenait difficile d’avoir un changement de date», a révélé le grand manitou du tennis à Québec.

«Ça devient difficile de rivaliser avec les autres tournois. C’est un marché qui a beaucoup progressé en Asie. Et moins de vedettes signifie moins de gens», a renchéri la directrice des communications de Tennis Canada, Valérie Tétreault.

Déménagement aux É.-U. ?

Le producteur d’événements sportifs Jerry Solomon voudrait se porter acquéreur du tournoi de Québec pour le déplacer au calendrier dans la semaine précédant les Internationaux des États-Unis, selon le site tennis.life.

En février dernier, la WTA avait révélé être à la recherche de nouveaux partenaires dans le but de remplacer l’événement de New Haven, qui a mis fin à ses activités après 21 ans d’existence. Ce rendez-vous au Connecticut se tenait tout juste avant le quatrième et dernier tournoi majeur de la saison.

D’autres rumeurs laissent entendre que le tournoi pourrait faire ses valises pour la Chine. Le président de la WTA, Steve Simon, avait d’ailleurs affirmé par voie de communiqué que le circuit était «impatient de continuer à développer ce sport en Chine et dans la région de l’Asie-Pacifique. Nous sommes également enthousiasmés par l’intérêt que nous recevons sur le marché de deux villes américaines». La WTA n’a pas donné suite à nos courriels, mardi.