David Lemieux

Photo : David Lemieux Crédit : AFP

Boxe

David Lemieux: prendre le temps de se relever

David Lemieux: prendre le temps de se relever

Nancy Audet

Publié 27 mai
Mis à jour 27 mai

Le téléphone sonne deux coups. David Lemieux répond d’une voix joyeuse. Il sait que je n’appelle pas pour parler de la pluie et du beau temps quand je lui demande comment il va.

«Ça va beaucoup mieux. J’ai vraiment hâte d’avoir le feu vert du docteur pour recommencer à frapper», me lance-t-il.

Une blessure à sa main droite l’a obligé à annuler son combat de championnat du 4 mai dernier, contre l’Anglais John Ryder. Ce duel était aussi son premier chez les 168 livres. Ce n’est pas la première fois que le Québécois se blesse à une main, mais cette fois la guérison semble plus longue.

«Cette fois, c’est plus difficile que les autres. Il y a beaucoup d’inflammation. On parle d’une déchirure d’un ligament. J’avais du mal à fermer ma main et je ne pouvais même pas tenir un verre d’eau», explique-t-il.

La douleur physique était intense et la déception aussi. Cette blessure arrive à un bien mauvais moment. Déjà, en décembre, il avait dû annuler un combat important à New York. Il n’arrivait pas à faire le poids et il s’est retrouvé à l’hôpital.

Le 4 mai à Las Vegas, il voulait faire oublier tout ça et lancer un message à Canelo Alvarez. «Mais on ne peut pas faire un "statement" avec une main comme ça», lance-t-il.

Revenir en force

L’ancien champion du monde IBF des poids moyens veut rassurer ses fans. Il en a vu d’autres depuis ses débuts professionnels en 2007 et il promet de revenir en force.

«J’ai un caractère fort. Je n’ai pas de contrôle sur la situation, alors je m’assure de garder confiance et je me concentre sur mon objectif.»

Dans le meilleur des scénarios, il aimerait remonter dans le ring cet automne face à Ryder. Ensuite, il n’écarte pas la possibilité de revenir chez les 160 livres. Il rêve toujours d’affronter Alvarez.

«Les gens peuvent douter. Mais quand je vais mettre les gants avec Alvarez, je vais le coucher!», dit-il avec la confiance qu’on lui connaît.

À 30 ans, Lemieux répète souvent qu’il est au sommet de sa carrière. Il a déjà disputé 44 combats. C’est énorme et ça use. A-t-il peur que son corps le lâche?

«Mon corps est fait fort et il va durer encore longtemps. Mes mains vont toujours souffrir à cause de ma force de frappe, mais j’en prends soin.»

L’importance d’être bien entouré

Depuis plusieurs années, il est suivi par le Dr Francis Fontaine. Un homme très respecté dans le milieu de la boxe. On dit de lui qu’il a sauvé plusieurs carrières.

«Il est exceptionnel. Je ne pourrais pas continuer sans lui», avoue Lemieux.

Après chaque entraînement intensif, il plonge ses mains dans la glace. Luc-Vincent Ouellet, qui s’occupe de ses bandages depuis longtemps, s’assure aussi qu’il se protège bien.

Lemieux soutient qu’il se serait cassé les mains souvent si son équipe ne s’occupait pas aussi bien de lui.

Oui, il traverse un moment difficile. Mais il se dit chanceux d’être aussi bien entouré. C’est dit-il la chose la plus importante qu’il a apprise au cours de sa carrière. Savoir s’entourer. C’est d’ailleurs le conseil qu’il donnerait à un jeune boxeur qui veut se lancer chez les professionnels.

«Fais attention à qui tu fais confiance. Moi, j’ai été chanceux. J’ai rencontré mon promoteur Camille Estephan. Ç’a été un tournant important dans ma carrière. Il sait ce dont j’ai besoin. La boxe, c’est un sport agressif qui est géré par des gens particuliers. Quand tu traverses des moments difficiles, c’est important d’avoir un gars comme Camille près de toi», confie-t-il.

Donc, pour la première fois depuis le début de sa carrière professionnelle, Lemieux aura passé un an sans se battre. Une éternité pour lui. Peut-être que c’est pour le mieux, dit-il avec philosophie.

«Rien n’arrive pour rien dans la vie. Ne soyez pas inquiets pour moi. Tout ça sera bientôt derrière moi.»