Patrice Bergeron

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«Bergeron aurait pratiquement pu en mourir»

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Patrice Bergeron a gagné la coupe Stanley à sa première participation en finale en 2011. À sa deuxième visite à la grande danse en 2013, Bergeron a vécu l’autre spectre, celui de la douleur de la défaite.

Le mot douleur prend toute sa symbolique pour Bergeron. Il y a six ans, il aurait eu de la misère à brandir la coupe au-dessus de sa tête si les Bruins l’avaient emporté contre les Blackhawks.

Après le sixième match de la finale, une défaite de 3 à 2 qui procurait une victoire en six matchs pour les Hawks, Bergeron avait pris la direction de l’hôpital.

Il avait joué un peu plus de 17 minutes lors de cette dernière rencontre même s’il souffrait de plusieurs blessures : un poumon perforé, une côte fracturée, un cartilage costal déchiré et une séparation à une épaule.

Brad Marchand se souvenait parfaitement de ce que son joueur de centre avait enduré à cette époque.

«Bergy est tout simplement un guerrier, a dit Marchand lors de la journée consacrée aux médias à la veille de l’ouverture de la finale contre les Blues de St. Louis. Il a toujours montré ce qu’on doit faire pour gagner. Il a joué à plusieurs reprises même s’il ne devait pas en raison de son état de santé.»

«Mais en finale (2013), il aurait pratiquement pu en mourir, a poursuivi la peste des Bruins. Il était tellement hypothéqué par les blessures. Ça démontre ce qu’il est prêt à faire comme sacrifice pour l’équipe et pour gagner. C’est contagieux comme attitude. Quand tu le regardes, tu veux foncer dans un mur pour lui. Il est un des meilleurs joueurs de la LNH et il continue à s’améliorer tous les ans. Nous ne serions pas ici sans lui.»

La défaite fait mal

Bergeron a gardé son calme légendaire en ressassant ses souvenirs de la finale de 2013.

«Ce n’était pas douloureux par rapport aux blessures, plus douloureux de ne pas atteindre l’objectif ultime, a rappelé le Québécois de 33 ans. C’est ça qui faisait le plus mal. Il s’agit de souvenirs difficiles à digérer, mais j’ai beaucoup appris de cette situation. Cette finale avait été pénible pour ma santé, je gérais plusieurs choses en même temps. Mais comme je le dis, j’ai grandi de cette expérience.»

Six ans après ce revers face aux Hawks, Bergeron aura la possibilité de graver son nom sur la coupe Stanley pour une deuxième fois.

«Tu essaies d’utiliser ton expérience dans les grands moments, je souhaite m’en servir du mieux que je peux, a-t-il dit. J’ai des souvenirs exceptionnels et inoubliables de notre conquête de 2011. Pour 2013, c’était un moment plus difficile. Mais j’ai appris des deux expériences. Je dirais même que j’ai peut-être plus grandi lors de notre défaite.»

Sur le plan personnel, Bergeron a un curriculum vitae des plus garnis. En plus de sa conquête avec les Bruins en 2011, il a gagné des médailles d’or avec le Canada au Championnat du monde (2004), au Championnat du monde junior (2005), aux Jeux olympiques (2010 et 2014) et à la Coupe du monde (2016).

Malgré un aussi grand palmarès, le numéro 37 des Bruins a toujours la même passion et soif de triomphe.

«La journée où il n’y aura plus d’adrénaline, je prendrai ma retraite, a-t-il répliqué. C’est ce que tu recherches comme athlète. Tu veux repousser tes limites. L’adrénaline, le stress et les papillons, tu dois gérer ça de la bonne façon pour t’en servir à ton avantage. Il s’agit d’expériences très enrichissantes. Je place ça dans mon coffre aux trésors.»

Monsieur parfait

Si Marchand a décrit Bergeron comme un guerrier, Torey Krug a offert une très bonne réponse à la question suivante. Si je te dis Patrice Bergeron, tu me réponds quoi ?

«Perfection, a mentionné le défenseur des Bruins après quelques secondes pour y réfléchir. C’est le mot qui me vient à l’esprit. Tu ne peux pas l’utiliser à toutes les sauces, mais c’est ce qu’il est. Il est le parfait joueur complet, il est une grande personne, un bon ami, un bon coéquipier et un père exceptionnel. La liste pourrait se poursuivre longtemps. C’est une personne spéciale.»