UFC

«GSP» fait tomber son masque

Jessica Lapinski / TVA Sports

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Trois mois après l’annonce de sa retraite, le stress qui grugeait Georges St-Pierre s’est évaporé. Ce lourd stress qu’il avait évoqué au matin du 21 février, alors qu’il confirmait son départ de l’octogone pour de bon.

«Je suis à mon meilleur lorsque je suis sur le bord de craquer. Je voulais être dans cet état d’esprit-là à chacun de mes combats. Sauf qu’au fil des années, ç’a un impact sur ta santé», raconte l’ex-combattant d’arts martiaux mixtes.

«GSP» s’est confié à l’animateur Jean-Charles Lajoie dans une longue entrevue diffusée dimanche soir sur TVA Sports. Rencontré il y a quelques jours au restaurant Au Pied de cochon de Montréal, St-Pierre est longuement revenu sur cette peur qui l’a rongé au fil de sa carrière. «GSP» baisser la garde sera rediffusé lundi, à 23 h 45 à TVA Sports.

«Ma plus grande peur n’était pas les coups de poing, dit-il. Souvent, les dommages à la tête proviennent de comment on s’entraîne. Dans mon cas, ma plus grande peur était le stress que je ressentais. On sait que ça peut causer le cancer.»

«J’avais de la difficulté à dormir. Je m’en mettais beaucoup sur les épaules, parce que je savais que c’était comme ça que je performais le mieux.»

Le masque de la confiance

«GSP» raconte avoir porté «un masque» tout au long de sa glorieuse carrière, ponctuée de 26 victoires dans l’UFC. Un masque qu’il s’est dessiné jeune, quand il était victime d’intimidation à l’école.

«J’étais un jeune qui manquait de confiance. Pour bâtir ma confiance, je me suis créé un masque. C’est aussi celui que je portais à tous mes combats. Pour donner l’impression qu’il était impossible que j’échoue.»

Pas de regrets, mais une déception

St-Pierre dit s’être retiré sans regret. Mais une déception l’habite : celle de ne pas avoir affronté Khabib Nurmagomedov.

«On voulait s’affronter. Mais depuis que l’UFC a signé son gros contrat avec ESPN, elle n’a plus autant besoin de ses combattants vedettes», raconte «GSP».

«Quand il s’est battu contre Conor McGregor, le but n’était pas qu’il se batte dans la foule après. Le but, c’était qu’après sa victoire, il prenne le micro et dise qu’il y avait un gars contre qui il avait toujours voulu se battre. Mais ça ne s’est pas produit...»

Sur les traces de Lesnar?

À 38 ans et indépendant de fortune, Georges St-Pierre a toute la vie devant lui. Et c’est exactement ce qu’il voulait : se retirer au bon moment, avant que sa santé n’en prenne un coup.

Que fera le combattant de Saint-Isidore de ses temps libres? Du cinéma, fort probablement. «J’ai des offres sur la table», laisse-t-il savoir.

Et de la lutte, comme Ronda Rousey et Brock Lesnar? La WWE a approché ses agents lors du gala ESPN, peu après l’annonce de sa retraite.

«C’est une forme de compétition et je ne sais pas si je suis prêt à replonger là-dedans, explique St-Pierre. Si j’accepte, ce sera pour un événement spécial.»