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Arslanbek Makhmudov a appris la patience

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Arslanbek Makhmudov n’est pas de nature à prendre son temps lors de ses combats. Il aime le travail vite fait bien fait. Toutefois, contre Jonathan Rice, il a dû adapter sa philosophie.

Avec ses qualités athlétiques et sa défensive, l’Américain (10-4-1, 6 K.-O.) a forcé le géant russe à travailler, mais surtout à attendre les opportunités pour ouvrir la machine.

Lors des trois premiers rounds, Rice s’est déplacé de façon constante pour éviter la grosse main droite de Makhmudov (8-0, 8 K.-O.). Il était une cible difficile à atteindre pour le protégé de Marc Ramsay qui a toujours les deux pieds bien ancrés dans le ring. À compter du quatrième assaut, Rice a baissé de rythme et il est devenu plus statique. Contre un cogneur comme Makhmudov, ça ne pouvait pas bien se finir.

Le coup d’assommoir est survenu au sixième assaut. Une droite qui a atteint la cible. Puis, Makhmudov a fini le boulot lors des premières secondes du round suivant.

En résumé, le représentant d’Eye of the Tiger Management a travaillé plus longtemps qu’à son habitude, mais il a affronté un adversaire qui a été en mode survie du début à la fin. Et il faut le comprendre.

«J’ai été un peu surpris même si je savais qu’il aurait un style différent des autres boxeurs que j’ai affrontés, a souligné Makhmudov. Avec les consignes de mes entraîneurs, j’ai bâti mon "knock-out" étape par étape.»

«Je suis content d’avoir fait plus de six rounds. Ce fut une bonne expérience.»

Rice: la bonne école

Du côté de son entraîneur Marc Ramsay, il est satisfait de la performance de son poulain contre un adversaire qui lui a permis de faire des rounds.

«On lui a donné des adversaires durs, mais peu mobiles. Par contre, ça ne nous apporterait rien de plus au niveau du développement d’Arslanbek, a-t-il souligné. La problématique de Rice était un peu différente.

Il a mis la patience de mon boxeur à l’épreuve. Arslanbek a eu la preuve qu’il pouvait "knocker" des gars au premier, mais aussi plus tard dans le combat. Ce fut une belle école.»

Makhmudov prendra maintenant des vacances de quelques semaines en Russie où il en profitera pour faire son ramadan. Il avait obtenu une permission spéciale pour repousser cette période importante de son année. On pourrait le revoir sur le ring en septembre.

La perfection de Germain

Avant la victoire de Makhmudov, on a assisté à une performance presque parfaite de Mathieu Germain (17-0-1, 8 K.-O.). Le boxeur de 140 lb a élevé sa boxe d’un cran devant un adversaire qui n’a pas été en mesure de le suivre.

«Je ne livre pas des "knockouts" à la David Lemieux ou à la Steven Butler, a affirmé Germain. J’offre plutôt aux amateurs des spectacles de boxe.

Je leur montre c’est quoi une vraie défensive. On verra plus des dominations comme celles-là de ma part.»

On s’attendait à une meilleure opposition de la part de Jose Eduardo Lopez Rodriguez, mais Germain a démontré que ses habiletés étaient supérieures.

«C’est un vrai, mais ses mains n’étaient pas rapides, a-t-il indiqué. Si tu n’as pas une bonne défensive et que tu n’es pas allumé, tu vas avoir de la misère à m’atteindre solidement.»

Avec ce triomphe, Germain souhaite percer le top 15 de l’IBF. Il aura toutefois besoin d’un coup de pouce politique pour le faire.