SPO-STORM DE GUELPH VS 67 D' OTTAWA

Crédit : Marc DesRosiers / Agence QMI

Coupe Memorial

Nick Suzuki n’est toujours pas rassasié

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Nick Suzuki commence à s’y habituer. Depuis qu’il est devenu membre de la famille du Canadien, ses moindres faits et gestes sur la patinoire sont scrutés à la loupe. L’attaquant du Storm de Guelph carbure à toute l’attention que ses performances suscitent depuis le début du printemps et il entend s’offrir une dernière virée mémorable chez les juniors sur la plus prestigieuse scène au pays.

Après avoir mis la main sur le titre de joueur par excellence des séries de la Ligue de l’Ontario (OHL), en vertu d’une récolte de 16 buts et 42 points en 24 rencontres, menant le Storm au quatrième championnat éliminatoire de l’histoire de la concession, Suzuki n’est toujours pas rassasié. Cette fois, sa bande et lui espèrent ravir la Coupe Memorial.

«On veut gagner et je veux soulever la Coupe Memorial. Je vais tout faire en mon possible pour atteindre ce but», a assuré le sympathique hockeyeur en mêlée de presse courue, jeudi. Sa récolte printanière le place au troisième rang parmi les plus productives depuis 2010 en Ontario, derrière Connor McDavid et Mitch Marner. Rien de moins.

Dirigeants à impressionner

Le choix de première ronde des Golden Knights de Vegas en 2017 (13e au total) fera face à un premier obstacle dans sa quête samedi après-midi lorsque le Storm se mesurera aux Huskies de Rouyn-Noranda sur la patinoire du Scotiabank Centre d’Halifax.

D’un bout à l’autre du pays, les amateurs du Canadien surveilleront attentivement ses actions. N’allez pas croire qu’il s’en plaint. Bien au contraire.

«Depuis que j’ai été échangé au Canadien [dans la transaction de Max Pacioretty], il y a plus d’attention médiatique autour de moi. C’est plaisant, tout le monde est positif avec moi et c’est quelque chose de spécial de faire partie du Canadien, avec toute cette attention», a exposé le principal intéressé avec le sourire.

«Non, ce n’est pas difficile pour moi de me concentrer malgré tout. J’aime le fait d’appartenir au Canadien. Les amateurs regardent les joueurs du Québec et de la Ligue de l’Ontario. J’ai à négocier avec ça, mais ça me plaît bien.»

Suzuki espère faire bonne impression devant les membres du Canadien attendus en Nouvelle-Écosse pendant le tournoi. Si ce n’est pas à Montréal, c’est à Laval qu’il effectuera ses débuts professionnels dans la Ligue américaine, l’an prochain. Le directeur général Marc Bergevin s’est d’ailleurs déplacé en Ontario à quelques reprises en séries pour épier son poulain.

«Oui, je crois que ça vient avec un peu de pression. Tu veux livrer le meilleur de toi-même devant eux pour leur montrer que tu es prêt pour la LNH et le hockey professionnel. Je devrai bien faire. J’espère que c’est la dernière étape avant la LNH, mais en fin de compte, je dois mériter ma place avec l’équipe.»

Duel contre Teasdale

L’affrontement contre les Huskies sera l’occasion pour lui de se frotter à un autre espoir du Canadien en Joël Teasdale, qui, contrairement à lui, s’est greffé à l’organisation sans être repêché. Les deux jeunes hommes, qui sont sous contrat, se sont rencontrés à quelques reprises par le passé.

«On s’est rencontrés dans les événements de Hockey Canada, a confessé le petit attaquant du Storm. Je ne l’ai pas encore vu. Oui, on est des adversaires présentement, mais dans le futur, j’espère qu’on sera des coéquipiers, et ce, avec le Canadien.»

«Au camp du Canadien, j’ai pu lui parler un peu et c’est vraiment un joueur incroyable, a renchéri Teasdale. Il va falloir jeter un œil sur lui. On sait qui on est, mais mettons que ce ne sera pas mon ami cette semaine.»

Suzuki a tissé davantage des liens avec les défenseurs Noah Dobson (Huskies) et Jared McIsaac (Mooseheads) lors du dernier Championnat du monde junior, à Vancouver, alors qu’ils lui ont servi de cochambreurs. «On a passé beaucoup de temps ensemble et les deux sont formidables. Ce sont deux bons défenseurs avec un brillant avenir devant eux. On ne s’est pas texté, ça ira probablement après le tournoi.»

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Une ville de hockey

La ville d’Halifax est le théâtre de la finale canadienne de hockey junior pour la deuxième fois de son histoire, après avoir remporté l’appel de candidatures aux dépens de sa rivale du Nouveau-Brunswick, Moncton. En 2000, l’Océanic de Rimouski, mené par Brad Richards, avait triomphé dans la capitale néo-écossaise. Des affiches aux couleurs du tournoi sont visibles un peu partout au centre-ville près du Scotiabank Centre. La moitié de la population de la province vit dans la région métropolitaine, qui comptait 403 390 habitants en 2016, selon Statistique Canada. L’histoire du hockey est riche à Halifax où trois clubs de la Ligue américaine ont existé avant la création des Mooseheads, il y a 25 ans, dont les Voyageurs, affiliés au Canadien, et les Citadels, affiliés aux Nordiques.

Trois espoirs du CH

En plus de Nick Suzuki et de Joël Teasdale, l’ailier des Raiders de Prince Albert, Cole Fonstad, piquera sans doute la curiosité des amateurs puisqu’il a été un choix de cinquième tour du Canadien en 2018. Le natif de la Saskatchewan a connu sa part de succès cette saison, amassant 29 buts et 73 points en 67 rencontres. Sa production a cependant chuté à six points en 21 matchs en séries.

«Au début des séries, j’avais une petite blessure et je commençais à redevenir moi-même peu à peu. On a plusieurs bons joueurs qui peuvent prendre la relève si un joueur connaît des difficultés. Et en séries, tout ce qui compte, c’est la victoire. Alors ce sont assurément les meilleurs moments de ma vie», a expliqué le petit joueur de 5 pi, 10 po et 165 lb. Blessé à la clavicule et choix de troisième tour du CH, le centre Cam Hillis, qui joue avec Guelph, ratera l’événement.

C'est parti!

Les festivités de la 101e Coupe Memorial ont officiellement pris leur envol avec l’arrivée du trophée à bord du navire de défense côtière NCSM Glace Bay de la Marine royale canadienne au port d’Halifax, jeudi en fin d’après-midi. Ce soir, les Mooseheads et les Raiders lanceront les activités sur lames du tournoi à la ronde. Défaits dans les deux derniers matchs de la finale de la LHJMQ, les hôtes seront à la recherche d’un départ canon.

«On a eu une bonne réunion avec les gars pour discuter de l’ampleur de l’événement. On arrive de deux défaites de suite et on veut les oublier. Il faut réussir à rebondir. On sait que la première victoire, plus vite tu peux aller la chercher, mieux c’est pour ton équipe, et c’est une pression de moins sur les épaules», a mentionné l’avant des Mooseheads, Samuel Asselin, qui avait enregistré six points en quatre parties l’an passé à Regina pour aider le Titan d’Acadie-Bathurst à remporter les grands honneurs.

Un calendrier surchargé

Jusqu’où peut-on repousser les limites du corps humain? Les attaquants des Mooseheads d’Halifax, Antoine Morand et Samuel Asselin, sont à même de constater qu’il est éprouvant de participer deux ans de suite à la Coupe Memorial après avoir atteint la finale de la LHJMQ.

Dans le cas de Morand, un espoir des Ducks d’Anaheim, son calendrier a été d’autant plus surchargé depuis la conquête du gros trophée avec le Titan d’Acadie-Bathurst à la fin mai, l’an passé, qu’il a participé au camp estival d’Équipe Canada junior en plus du camp de l’équipe de la LNH.

«C’est beaucoup de hockey»

Dans le contexte où la machine n’a pas eu trop de répit depuis juillet dernier, et à cela s’ajoutant la présence en finale de la troupe d’Éric Veilleux, les deux patineurs tenteront de puiser au plus profond de leurs ressources pour mener les Mooseheads aux grands honneurs.

À Rouyn, Noah Dobson, un ancien du Titan et espoir des Islanders de New York, vit aussi le cirque pour une deuxième année de suite.

«Pour le corps, c’est beaucoup de hockey, constate le capitaine Morand. Après la saison, il faut que tu prennes du temps pour toi pour récupérer au niveau mental et de l’énergie. C’est beaucoup de stress, d’activités pour le corps, mais c’est impossible de ne pas avoir d’énergie en Coupe Memorial avec tout ce qui arrive. C’est notre rêve d’enfance de jouer ici.»

Bien dormir

Morand, qui a récolté 15 points en 23 parties éliminatoires, a appris à ne négliger aucun détail dans sa vie quotidienne pour améliorer sa récupération.

«Il faut que tu dormes bien, que tu prennes soin de ton corps. Je l’ai vu avec la dernière année. Tu ne peux pas te laisser aller pantoute, sinon, ça va te rattraper. Il faut que tu fasses attention, que tu boives beaucoup. C’est vraiment important.»

Vétéran de 20 ans, Asselin parle d’une année éreintante sur le plan psychologique.

«Physiquement, on a le monde pour nous aider à rester prêts, mais mentalement, même si on a mal, il faut se dire que pour ce qu’on a vécu l’an passé et pour ce qu’on peut vivre, c’est rien à côté de ça [...]», a révélé la fierté de l’Assomption.

«L’an passé, à nos trois premiers "shifts", on n’était pas capables d’avancer, on tenait nos bâtons serrés, mais une fois le stress parti, ç’a bien été.»