Présentation de la coupe Memorial

Photo : Présentation de la coupe Memorial Crédit : LE JOURNAL DE QUÉBEC

Coupe Memorial

Coupe Memorial: les joueurs avant les honneurs

Roby St-Gelais

Publié | Mis à jour

 Mario Pouliot ou Éric Veilleux écrira une page d’histoire de la LHJMQ en cas de conquête de la coupe Memorial par les Huskies de Rouyn-Noranda ou les Mooseheads d’Halifax. Ce serait toutefois bien mal connaître les deux têtes d’affiche francophones de la nouvelle édition du grand cirque du hockey junior canadien, de penser qu’ils s’en formalisent outre mesure. 

 Pouliot et Veilleux ont démarré les activités du tournoi tant attendu en compagnie de leurs homologues de l’Ontario et de l’ouest, George Burnett (Storm de Guelph) et Marc Habscheid (Raiders de Prince Albert), en rencontrant la presse, mercredi soir.  

 Une victoire de l’une ou l’autre des formations représentant la LHJMQ propulserait son entraîneur dans les livres, car aucun pilote québécois du circuit Courteau n’a soulevé le précieux trophée à deux reprises. Veilleux a accompli l’exploit en 2012 derrière le banc des Cataractes de Shawinigan, et Pouliot l’a fait pas plus tard que l’an passé avec le Titan d’Acadie-Bathurst. 

 Les plus vieux se souviendront que Roger Bédard, de Granby, avait mené le Canadien junior de Montréal à toucher cet emblème en 1969 et en 1970, mais l’équipe évoluait alors dans l’Association ontarienne de hockey, connue aujourd’hui comme étant la Ligue de l’Ontario (OHL). 

 Un privilège 

 «Ce ne sont pas des choses sur lesquelles je m’arrête, a averti le grand patron des Huskies qui a offert deux journées de répit à ses ouailles après leur sacre de samedi dernier. Je me sens juste privilégié d’avoir une deuxième chance d’être ici à la Coupe Memorial. Pour moi, l’important est que ce sont nos joueurs et qu’ils vivent une expérience qu’ils se rappelleront toute leur vie.» 

 Le discours de son vis-à-vis néo-écossais était sensiblement semblable. Les deux hommes ont appris à se connaître pendant la finale de la Coupe du Président remportée en six duels par Rouyn-Noranda, s’échangeant quelques répliques acerbes par moment. 

 «On est tous chanceux d’être ici. C’est important d’en profiter, a assuré Veilleux. En fin de compte, on fait ce qu’on aime et on est là pour les joueurs. Pour ce qui est du reste. Quand tu vois tes joueurs déçus, c’est là que ça accroche, que ça fait mal, et on a une deuxième chance de prouver ce qu’on est capables de faire.» 

 Le Storm a encore du jus 

 Même si le Storm a participé à 24 matchs sur une possibilité de 28 en séries, Burnett estime que le citron peut encore être pressé un peu. Mené par l’espoir du Canadien, Nick Suzuki, le Storm a remporté le championnat ontarien en six parties contre les 67’s d’Ottawa. 

 «Il est clair que nos joueurs étaient satisfaits de ne pas avoir à retourner à Ottawa lundi soir pour passer d’autres jours sur la route, a-t-il reconnu. De finir à la maison, ça nous a permis d’apprécier le moment chez nous et de nous reposer un peu avant de voyager aujourd’hui (mercredi).» 

 Chez les Raiders, vainqueurs en prolongation au match ultime contre Vancouver, lundi soir, en Saskatchewan, le décalage horaire de trois heures avec les Maritimes a meublé les conversations en prévision de la compétition. 

 «Ça a été une victoire émotive pour nous, a lancé Marc Habscheid. C’était important que les gars se reconcentrent rapidement et ils ont compris ça. On est prêts à recommencer. Évidemment, on a parlé du changement d’heure avec le décalage horaire. Mais en réalité, nous, on est habitués à jouer à 19 h, alors on peut plus parler d’un changement de deux heures que de trois.» 

 Champions de la Ligue de l’Ouest (WHL) pour la première fois depuis 1985, les Raiders de Prince Albert sont dirigés par un vieux routier du milieu en Marc Habscheid, qui a jadis fait partie du programme de Hockey Canada. Mercredi, l’ancien joueur de la LNH est allé droit au but quant aux conseils à livrer à ses hommes pour un événement de la sorte. 

 «Pour moi, il y a trois mots : commencer à l’heure !» 

 Des Mooseheads sans complexe 

 Venant d’un entraîneur victorieux en 2004 à la barre des Rockets de Kelowna, l’avis a encore plus de valeur. Tellement que son homologue des hôtes de la grande visite, Éric Veilleux, s’en est servi par la suite en français ! 

 « Je ne cacherai pas que “commencer à l’heure”, je ne le hais pas pantoute. Je ne l’oublierai pas, celle-là », a répliqué le pilote des Mooseheads. 

 «[...] N’empêche qu’une saison, c’est long. En séries, ça peut prendre deux matchs avant de t’ajuster, parfois un, et à la Coupe Memorial, tu as besoin de t’ajuster seulement un match. Tout ce que tu fais, ça se passe dans un court laps de temps [...] On ne peut pas commencer à regarder ce que les autres font.» 

 Oublier le passé 

 Veilleux et sa troupe ont profité des derniers jours pour refaire le plein d’énergie après l’élimination en finale aux mains des Huskies sur leur patinoire, samedi dernier. 

 Malgré leur position par rapport aux trois autres clubs ayant savouré l’ivresse de la victoire, les Mooseheads ne ressentent aucun complexe d’infériorité. 

 «C’était important pour eux de penser un peu pour arriver fin prêts à notre troisième journée. Peut-être en jaser un peu [...] On s’est fait battre par une très bonne équipe, mais d’un autre côté, on sait qu’on peut bien faire. C’était important pour nous de faire le vide pendant quelques jours, a mentionné Veilleux, dont les joueurs logent à l’hôtel durant le tournoi plutôt que dans leurs foyers habituels de la ville de Dartmouth, située de l’autre côté du pont. 

 «D’avoir la chance de jouer contre eux [les Huskies] et de voir qu’on était capables de compétitionner, je pense que ça va nous aider à croire qu’on fait partie de ces quatre équipes et qu’on a une chance autant que les trois autres.»