Dallas Stars v St Louis Blues - Game Seven

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Patrick Maroon: La fierté d’un père

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Sur la glace, Patrick Maroon a levé les bras vers le ciel et patiné seul pour quelques secondes avant de se faire ensevelir par ses coéquipiers. Au même moment dans les gradins du Scottrade Center de St. Louis, un petit garçon laissait couler quelques larmes.

Deux réactions de joie, de pur bonheur. Originaire de St. Louis, Maroon a marqué le but vainqueur en deuxième période de prolongation lors du septième match contre les Stars de Dallas.

Maroon a bondi sur un tir de Robert Thomas qui avait frappé la barre horizontale et le dos de Ben Bishop. En poussant cette rondelle libre, il a conduit les Blues en finale de l’Ouest sous les regards attentifs de son fils Anthony et d’autres membres de sa famille.

Le sept chanceux

Maroon, qui porte le numéro sept avec les Blues, a ainsi inscrit le but le plus important de sa carrière le soir d’un septième match du 7 mai. Les sept étaient donc frimés.

Trois jours plus tard, soit à la veille du début de la finale de l’Ouest contre les Sharks de San Jose, Maroon restait tout aussi ému en revenant sur ce jeu.

«Je peux considérer ça comme une soirée parfaite, a raconté le gros ailier en entrevue au "Journal de Montréal". C’est un moment que je chérirai pour le restant de mes jours. J’ai revu les images du but. J’étais tellement touché par la réaction de mon fils, il ne pouvait retenir ses larmes. J’ai versé quelques larmes à mon tour en revoyant la scène. Mais c’est ça, le sport. Ça vous fait sortir des émotions.»

«Après le match, Anthony [son garçon] m’a retrouvé dans le vestiaire des Blues, a-t-il continué. J’étais tellement fier et heureux. J’ai pleuré en le serrant dans mes bras, juste en voyant toute la fierté sur son visage. Je sais qu’on parlera de ce but dans ma famille pour encore plusieurs, plusieurs années!»

L’éloignement

Avant de rentrer au Missouri, Maroon vivait loin de son fils depuis plusieurs saisons, étant séparé de sa conjointe. À ses années avec les Ducks d’Anaheim, les Oilers d’Edmonton et les Devils du New Jersey, il se retrouvait à des milliers de kilomètres d’Anthony.

«Je le voyais un peu durant la saison, mais c’était plus difficile quand je jouais à Edmonton, a-t-il rappelé. Il n’y a pas de vol direct entre Edmonton et St. Louis. Je ne pouvais pas me sauver pour une journée ou deux. À ma première saison avec les Oilers, je n’avais pas vu Anthony pour les trois premiers mois de l’année. Je trouvais ça tellement difficile. Je m’ennuyais. Mais je savais qu’il était heureux avec sa maman à St. Louis. Je ne pouvais pas le déraciner de ses amis et de son entourage à St. Louis.»

«Avant mon arrivée avec les Blues, je devais voir mon garçon pour environ 30 jours seulement durant la saison de hockey, a-t-il enchaîné. Je me rattrapais l’été en passant la majorité du temps avec lui. J’adorais mes trois mois l’été. Je pouvais partir au parc, jouer au baseball avec lui, partir pour de petits voyages ou inviter plusieurs amis à la maison.»

Le bon pari

À 31 ans, Maroon a enfin la chance de porter les couleurs de l’équipe de son enfance, les Blues. Plus jeune, il s’imaginait dans la peau d’un Brett Hull. Le 10 juillet dernier, il a accepté un pacte d’une seule saison et 1,75 million avec les Blues.

«C’était l’une des raisons pour choisir les Blues, je voulais me rapprocher de mon garçon. Mais ce n’était pas l’unique motivation. Je regardais les équipes qui me proposaient des contrats et je croyais réellement que mes chances de gagner étaient les meilleures avec les Blues. Pour moi, c’était le meilleur environnement. J’ai refusé de meilleures propositions et des contrats à plus long terme.»

«Mais avant de dire oui, je me suis posé de bonnes questions avec mon agent. Je suis originaire de St. Louis. Même si c’est un rêve de jeunesse pour moi de porter ce chandail, je me demandais si j’étais pour bien vivre avec cette pression d’être un gars de la place. Je n’avais jamais joué à la maison. Je n’ai pas eu peur.»

«Puis quand tu ajoutes la proximité avec mon fils, ça devenait un choix facile. J’ai enfin la chance de le voir jouer au hockey, au soccer ou au basketball. De petites choses que je ne pouvais pas faire dans le passé. Je peux maintenant le reconduire le matin pour l’école. Une autre petite chose de la vie qui m’était impossible en raison de la distance qui nous séparait dans le passé. J’ai maintenant le sentiment d’être un père. C’est la meilleure chose au monde.»