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Crédit : AFP

Séries LNH 2019

Jordan Binnington vient de loin

Publié | Mis à jour

«C’était mon plan magique !» Doug Armstrong lance cette petite phrase en éclatant de rire pour décrire l’improbable parcours de Jordan Binnington.

Pour comprendre le fameux plan, il faut revenir dans le passé. À une époque pas très lointaine où les Blues ne percevaient pas Binnington comme le gardien d’avenir de l’organisation.

C’était avant qu’il vole le poste de numéro un à Jake Allen, c’était avant sa nomination pour le trophée Calder et c’était avant qu’il mène les Blues à la finale de l’Ouest contre les Sharks de San Jose.

L’an dernier, les Blues n’ont pas juste renvoyé Binnington dans la Ligue américaine, ils l’ont prêté aux Bruins de Providence. Il n’y avait même pas une petite place pour lui avec le Rampage de San Antonio, l’équipe-école des Blues dans la Ligue américaine.

«Nous n’avions pas une équipe juste pour nous dans la Ligue américaine, nous partagions nos joueurs avec l’Avalanche du Colorado, a rappelé Armstrong, directeur général des Blues. Nous étions en période de transition. Nous avions la possibilité de garder un seul gardien à San Antonio et nous avions choisi Ville Husso. Nous avions donc prêté Binnington à Providence. Jordan jouait bien, mais les Bruins cherchaient à développer leurs propres joueurs avant tout.

«À notre camp cette année, Binnington était notre quatrième gardien et nous pensions que Husso allait cogner à la porte pour un poste, a poursuivi Armstrong. Husso s’est blessé en début de saison et Binnington a pris le poste de numéro un à San Antonio. Il a été rappelé par les Blues. On connaît la suite. C’est l’histoire de Jordan Binnington, c’est une belle histoire.»

Moments de doutes

En septembre dernier, Binnington restait bien loin de St. Louis et de la LNH. Encore une fois retranché à la fin du camp par les Blues, il s’est retrouvé au ballottage pour la deuxième année d’affilée. Et pour la deuxième fois, il n’a pas été réclamé.

À 25 ans, l’ancien choix de 3e tour des Blues en 2011 se destinait pour une carrière dans la Ligue américaine. Craig Berube, qui a remplacé Mike Yeo à la barre des Blues le 20 novembre après un départ désastreux, lui a donné sa première chance. Le 7 janvier, Binnington a obtenu son premier départ dans la LNH, signant un jeu blanc contre les Flyers de Philadelphie. Il n’a jamais ralenti depuis ce temps.

«Oui, il y a eu des moments de doutes, a reconnu l’Ontarien à la veille du début de la finale de l’Ouest. Il y a certaines années où je me posais des questions sur mon avenir. J’ai grandi de mes expériences du passé. Je me retrouve maintenant à la bonne place et au bon moment.»

Avant cette année, l’expérience de Binnington dans la LNH se résumait à 13 minutes. Il avait remplacé Brian Elliott dans un revers de 4 à 1 face aux Hurricanes de la Caroline, le 14 janvier 2016. Un peu plus de trois ans plus tard, l’Ontarien représente l’histoire Cendrillon de la saison 2018-2019 dans la LNH.

«Je suis conscient qu’il s’agit d’un parcours unique et d’une belle histoire, a murmuré Binnington. Mais honnêtement, je ne m’arrête pas à cela. Pour moi, c’est plus une distraction. Ma priorité reste de gagner mes matchs et de poursuivre notre parcours en séries. C’est une année spéciale, mais je souhaite qu’elle se poursuive.»

Calme remarquable

Dans le vestiaire des Blues, Binnington a perdu l’étiquette de trouvaille depuis déjà plusieurs semaines. Il a gagné la confiance de ses coéquipiers grâce à son calme et son esprit terre à terre.

«Jordan a transformé notre équipe, a dit le défenseur Jay Bouwmeester. Nous traversions des moments sombres avant l’arrivée de Chief (Craig Berube) et de Binnington. Au départ, il était un inconnu pour plusieurs d’entre nous dans le vestiaire. Maintenant, il joue avec l’assurance d’un gardien d’expérience.»

«Il y a des gardiens qui se retrouvent coincés dans certaines organisations, des gardiens qui n’auront jamais une réelle chance, a renchéri le centre Ryan O’Reilly. Jordan a attendu son tour et il a saisi sa chance.»