David Ferrer

Photo : David Ferrer Crédit : AFP

Paul Rivard

Adios Señor Ferrer !

Adios Señor Ferrer !

Paul Rivard

Publié 08 mai
Mis à jour 08 mai
 
  

Cette journée du 8 mai 2019 aura été celle du premier match en carrière de Félix Auger-Aliassime, face au plus grand joueur de terre battue de l’histoire, Rafael Nadal. Ce ne fut pas le résultat ou la performance souhaitée pour le jeune Québécois, mais il devait se battre à Madrid contre une nation entière et l’idole de cette dernière. Il se reprendra.

Mais là-bas, dans la capitale espagnole, ce 8 mai était celui du grand départ pour une autre idole locale. Un compatriote qui avait décidé que sa carrière prenait fin à ce tournoi présenté chez lui. Le petit, mais valeureux David Ferrer.

Sa défaite de 6-4 et 6-1, aux mains d’Alexander Zverev a scellé l’issue de cette aventure de 19 ans.

David Ferrer était bien menu, selon les critères du tennis d’aujourd’hui. Un athlète de 5 pieds 9 pouces et de 160 livres... mais qui avait le cœur grand comme la péninsule ibérique et qui aura probablement inspiré toute une génération de jeunes joueurs. Espagnols ou autres.

Grand joueur, mauvaise époque...

Si son synchronisme tennistique était phénoménal et lui permettait de rejoindre des balles impossibles, son synchronisme de carrière n’aura malheureusement pas été le meilleur puisqu’il aura disputé ses 19 saisons en même temps que cinq grandes ayant remporté 58 des 61 derniers tournois majeurs, les Federer (20), Nadal (17), Djokovic (15), Murray (3) et Wawrinka (3).

Et ce n’est pas faute d’avoir essayé.

Entre 2003 et 2018, il a participé aux quatre étapes annuelles du Grand Chelem, 15 années sur 16. Il n’en a raté qu’un seul. Au total, il a échoué à mettre la main sur un titre majeur en ... 63 tentatives. Il est, avec la triade Federer-Nadal-Djokovic, le seul à avoir atteint le cap des 700 victoires en carrière.

Vous ne serez pas surpris que Djokovic lui ait trouvé un surnom aussi juste que respectueux. «Le meilleur joueur de l’histoire à n’avoir jamais gagné un Grand Chelem».

Ferrer avait quelques autres surnoms comme «Ferru», «The Little Beast», «The Roadrunner». Ces deux derniers résumant bien à quel point sa résistance, sa résilience, sa détermination et sa formidable condition physique lui permettaient de durer dans les échanges et de courir chaque balle comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Sûr de lui et humble

Contrairement à d’autres grands noms du tennis, Ferrer n’a jamais eu recours à un psychologue sportif pour l’aider à améliorer sa situation ou pour trouver ces petits détails qui manquaient afin de remporter ce Graal insaisissable que représente un titre majeur.

Dans cet article publié sur le site du US Open, il y a neuf mois, on parle également de ses autres qualités, dont l’humilité. Il rendait toujours hommage à ses adversaires après une défaite. «Je n’aime pas les excuses!», disait-il.

Voici l'article en question.

Le tennis perd un modèle... mais Marta Tornel retrouvera son mari et le petit Léo Ferrer, son papa. «J’ai 36 ans, concluait-il dans cet article. Il est temps de rentrer à la maison. Et de me reposer.»

L’hommage au guerrier

Voyez ici le beau geste d’Alexander Zverev qui, sur balles de match, demande à la foule d’ovationner Ferrer avant qu’il ne dispute le dernier point:

Et ici, une cérémonie d’après-match digne du petit combattant. Émotions garanties :

Pour celles et ceux qui l’ont peu vu jouer, j’ai retracé un résumé d’exploits qui vous permettra de constater à quel point ce petit guerrier était inspirant.

Pour les autres qui le connaissaient, régalez-vous en vous rappelant comment il vous a stupéfait match après match. Ce montage de près de 16 minutes résume les qualités athlétiques, cardiovasculaires et... respiratoires du «Roadrunner». Particulièrement une séquence, à Rome, contre Nadal (au-delà du réel) et une autre à Indian Wells (échange de 36 coups) face à Andy Murray.

Adios, Ferru !