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Séries LNH 2019

Le DG des Blue Jackets n'a qu'une seule date en tête

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Jarmo Kekalainen a une seule date en tête. C’est celle du 6 mai, jour du sixième match de la série entre les Bruins de Boston et les Blue Jackets de Columbus. Le directeur général des Jackets garde une approche à court terme même s’il reste très conscient qu’il aura énormément de dossiers à régler lors de la saison morte.

Kekalainen a placé tous ses jetons au centre de la table pour vivre un printemps plus long à Columbus. À l’approche de la date limite des transactions, le Finlandais a pris une route à l’inverse de celle de Marc Bergevin en pigeant dans sa banque d’espoirs, mais surtout de choix pour obtenir du renfort à court terme.

Pour attirer Matt Duchene en Ohio, le DG des Jackets a donné un choix de premier tour en 2019 et les jeunes attaquants Vitaly Abramov et Jonathan Davidsson. Les Sénateurs d’Ottawa pourraient également recevoir le choix de premier tour des Blue Jackets en 2020 si jamais Duchene décidait de poursuivre sa carrière à Columbus.

Depuis le début des séries, Duchene vaut son pesant d’or avec les Jackets avec une récolte de 10 points (cinq buts, cinq aides) en neuf rencontres. Avec Pierre-Luc Dubois et Duchene, John Tortorella mise sur deux très bons premiers centres.

Des incertitudes

Kekalainen a aussi sacrifié des choix de deuxième tour en 2020 et 2021 en plus de céder Anthony Duclair, le mal-aimé de Tortorella, aux Sénateurs pour obtenir Ryan Dzingel. Limité à un seul but en huit matchs et laissé une fois dans les gradins face aux Bruins, Dzingel n’a pas encore fait passer Kekalainen pour un génie.

Le 1er juillet prochain, le visage des Blue Jackets pourrait changer catégoriquement. En plus de Duchene et Dzingel qui auront l’occasion de tester leur valeur sur le marché des joueurs autonomes, Sergeï Bobrovsky et Artemi Panarin ont aussi encerclé cette date depuis longtemps.

«En ce moment, je pense uniquement à notre sixième match contre les Bruins, a répondu Kekalainen lorsque questionné par l’auteur de ces lignes au cours d’une conférence téléphonique. Nous avons pris des décisions importantes dans les derniers mois. À la date limite des transactions, nous étions prêts à vivre avec des risques. Nous savons que nous avons plusieurs joueurs de notre noyau qui pourraient devenir joueurs autonomes sans compensation.»

«Nous avons nos plans pour l’avenir. Quand j’ai fait des acquisitions importantes à la date limite, j’avais dit que je croyais en ce groupe, ça valait la peine de miser sur eux. Je peux simplement vous répondre que je pense au 6 mai, je ne pense pas au 1er juillet en ce moment.»

Un parcours historique

Depuis leurs premiers pas dans la Ligue nationale de hockey (LNH) en 2000-2001, les Blue Jackets ont participé aux séries à seulement cinq reprises. Une seule fois, ils ont atteint le deuxième tour. C’est cette année en balayant la meilleure équipe en saison, le Lightning de Tampa Bay. Les investissements de Kekalainen ont ainsi rapporté. Du moins à court terme.

«C’est bon pour tout le monde, a souligné le DG. Mais nous ne voulons pas nous arrêter là. Nous avons une chance de gagner la coupe Stanley. Oui, c’est bien de gagner un premier tour, mais ça ne peut pas être l’objectif de l’organisation. Nous aurons l’occasion de prolonger cette série face aux Bruins et de forcer un septième match. Pour l’instant, c’est notre but.»

La valeur d’un choix de premier tour

Pour certains DG, c’est pratiquement un sacrilège d’échanger un choix de premier tour. Avant de se retrouver dans le siège de DG à Columbus en 2013, Kekalainen s’est fait un nom dans ce milieu en travaillant comme recruteur avec les Sénateurs d’Ottawa et les Blues de St. Louis.

Le Journal de Montréal lui a demandé de décrire la valeur d’un choix de premier tour.

«Ça dépend toujours de la qualité du repêchage à venir, a-t-il répliqué. Ça dépend aussi de l’ordre de ton choix. Il y a une grande différence entre un très bon choix de premier tour et un choix plus lointain. Mais peu importe le rang, il y a toujours un risque. Tu ne peux pas prédire comment le joueur se développera. Les meilleurs recruteurs au monde vont aussi repêcher des joueurs au premier tour qui n’atteindront jamais la LNH. Ce n’est pas une science exacte. C’est une chance de repêcher un bon joueur, mais tu ne sais jamais. Après le premier tour, le bassin de bons joueurs peut aussi se réduire considérablement.»

«Nous avons repêché de bons joueurs au cours des dernières années, a-t-il continué. Nous avons de bons espoirs et nous considérions que nous pouvions sacrifier quelques bons choix. Il y a les Alexandre Texier, Vladislav Gavrikov, Sonny Milano et Liam Foudy. Nous avons un bel avenir devant nous.»