Boone Jenner

Photo : Boone Jenner Crédit : AFP

Séries LNH 2019

Jenner est l’homme de confiance de Tortorella

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Les séries éliminatoires sont souvent l’occasion pour certains joueurs de sortir de l’obscurité. Avec les nombreuses surprises dont on a été témoin depuis le début du tournoi, ces histoires sont un peu plus nombreuses ce printemps. Chez les Blue Jackets, Boone Jenner constitue l’une d’elles.

Dans cette confrontation face aux Bruins, ce spécialiste du jeu défensif en fait voir de toutes les couleurs à l’attaque massive bostonienne. Constamment dans les pattes de ses adversaires, il les force à commettre des erreurs.

Pas surprenant que, lors du quatrième match, il ait menacé le filet de Tuukka Rask, alors que son équipe évoluait avec un homme en moins.

«Je n’ai jamais vu un gars obtenir autant d’occasions de marquer en désavantage numérique», a reconnu John Tortorella, interrogé à ce sujet par l’auteur de ces lignes.

«Il est efficace parce que, selon les tendances de l’adversaire, il comprend à quoi il doit s’attendre, a ajouté l’entraîneur-chef des Blue Jackets. Il lit très bien le jeu et c’est l’un de nos joueurs les plus dévoués quand vient le temps de bloquer des tirs.»

Peu loquace, mais très crinqué

Timide de nature, l’Ontarien n’est pas très volubile lorsque vient le temps de jaser de ses performances.

«C’est un aspect du jeu sur lequel je travaille et j’essaie de m’améliorer constamment. La lecture est très importante. Utiliser son bâton de la bonne façon également. Et savoir quand appliquer de la pression ou non», a-t-il indiqué.

Néanmoins, il reconnaît qu’il traverse de bons moments et que ses succès sont attribuables à son jeu défensif. D’ailleurs, le trio qu’il forme avec Brandon Dubinsky et Josh Anderson est dans ce qui se fait de plus dynamique.

Bon patineur, Anderson est, à 6 pieds, 3 pouces et 221 livres, une bête qui n’a pas froid aux yeux. Ça fait déjà quelques fois, depuis le début de la série, qu’il tente de faire plier Zdeno Chara avec une solide mise en échec.

«Les séries, c’est le temps le plus plaisant. On est toujours plus crinqué», a lancé Jenner, sourire en coin.

Une tâche importante

Pour toutes ces qualités, Jenner est le premier joueur à recevoir une tape sur l’épaule de son entraîneur lorsque l’un de ses coéquipiers prend le chemin du cachot. Depuis le début des séries, il est l’attaquant le plus utilisé chez les Jackets en infériorité numérique avec une moyenne de deux minutes par match.

À première vue, ça semble peu, mais il faut savoir que les Blue Jackets sont l’équipe la moins punie parmi celles qui ont accédé au deuxième tour.

«Je commence toujours avec lui parce qu’il est efficace dans le cercle des mises en jeu», a précisé Tortorella.

Son pourcentage d’efficacité global de 47,1 % amène à douter des qualités de l’athlète de 25 ans dans cette facette du jeu. Toutefois, à 52 % sur les mises en jeu prises en infériorité numérique, il se classe présentement parmi les meilleurs du circuit.

David Savard, également un homme de confiance de Tortorella en infériorité numérique, raconte que miser sur un coéquipier capable de remporter ses duels lui facilite grandement la tâche.

«Ça donne du rythme à ton désavantage numérique. Pouvoir dégager la rondelle à 200 pieds de ton filet au lieu de commencer à courir après dans ton territoire, ça fait toute une différence. Ça permet d’écouler plusieurs secondes importantes.»

Et ça tient les gros canons adverses loin du filet.