Chicago Bears' Mathieu Betts

Crédit : JIM YOUNG / AFP Services / AGENCE QMI

NFL

Mathieu Betts se sent à sa place

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Bien que la scène soit immense et que la NFL représente le but ultime à atteindre, Mathieu Betts se sent totalement à sa place au mini camp des recrues des Bears de Chicago, même s’il sait que beaucoup d’apprentissages restent à faire.

«Je ne suis pas intimidé, a assuré l’ailier défensif étoile du Rouge et Or de l’Université Laval que les Bears ont signé comme agent libre au terme du repêchage le 27 avril. Ça reste du football et tu ne dois pas te laisser impressionner. Je suis ici pour montrer ce que je peux faire et pour apprendre. Je suis à ma place ici comme tout le monde, d’ailleurs.»

Confiant en ses moyens, le nouveau secondeur extérieur des Bears est pleinement conscient du défi qui se présente à lui. «Le cahier de jeux est costaud, a-t-il dit, avec des fronts différents auxquels je ne suis pas habitué. Il y a beaucoup de jeux et beaucoup d’ajustements en couverture de passe. Il y a aussi la terminologie qui est différente.»

«Le plus gros défi du mini camp est de m’adapter à une nouvelle position, de poursuivre le vainqueur du trophée J. P. Metras décerné au joueur de ligne par excellence au cours des trois dernières années. Je veux montrer que je peux jouer vite et que je suis capable de m’adapter à toutes les situations. Je dois montrer de la polyvalence et ne pas trop penser. Ça reste du football. Je veux mériter un poste, mais je veux aider tout le monde et montrer que je suis ici pour les bonnes raisons.»

Si le football américain nécessite une période d’adaptation, il présente aussi un avantage pour un joueur dont la spécialité est d’exercer de la pression sur le quart-arrière. «C’est plus facile d’être aligné sur la ligne de mêlée, a-t-il convenu, plutôt qu’une verge derrière comme c’est le cas au football canadien. C’est un avantage pour moi.»

Lors de l’entraînement d’hier, Betts a été aligné à quelques reprises sur le coin de la ligne où il pouvait pourchasser le pivot, ainsi qu’en couverture de passe.

Humilité

Louangé pour son talent et ses habiletés sur le terrain depuis ses débuts par tous ses entraîneurs et ses coéquipiers, Betts l’a été tout autant sinon plus concernant sa grande modestie et son humilité. Maintenant qu’il frappe à la porte du meilleur circuit de football au monde, le bachelier en éducation physique ne prévoit pas modifier la recette.

«Je vais tenter de ne pas trop changer. C’est important pour moi. Mes parents, les gens que j’ai côtoyés dans le milieu scolaire m’ont transmis ces valeurs. C’est le résultat de plusieurs personnes.»

Pour ces raisons, Betts n’a jamais recherché les réflecteurs même si ses performances justifiaient que les feux de la rampe soient constamment braqués en sa direction. Son ascension vers la NFL ne fait qu’augmenter l’intérêt à son égard.

«Chez les pros, ça fait maintenant partie du métier de se retrouver dans les médias, mais je suis avant tout un joueur de football. Ce n’est pas devenu trop gros, mais le plus important est de me concentrer sur le football.»

Une adapdation nécessaire 

Quels sont les plus grands défis qui guettent Mathieu Betts dans sa transition d’ailier défensif à secondeur extérieur ?

Matt Nagy nous a livré son opinion, hier, au terme du deuxième entraînement du mini camp des recrues des Bears. «Le plus gros défi sera de s’habituer aux schémas défensifs, a expliqué l’entraîneur-chef de la formation de la ville des vents qui en est à sa deuxième saison à la barre de l’équipe. Le nombre de jeux où il va exercer de la pression sur le quart-arrière va diminuer et les jeux où il recule en couverture de passe vont augmenter. C’est différent d’être toujours en position pour mettre de la pression sur le quart-arrière en trois points d’appui, de poursuivre l’ancien coordonnateur offensif des Chiefs de Kansas City. Comme secondeur, tu te retrouves en deux points d’appui.»

Les Bears misent sur un front défensif de type 34 avec trois joueurs de ligne et quatre secondeurs.

Nagy estime que Betts aura besoin d’une période de transition. «Ça va prendre un peu de temps avant de faire la transition, a-t-il indiqué. C’est toutefois possible quand tu es patient avec quelqu’un et que tu mises sur des excellents entraîneurs comme je pense que nous avons ici. Quel temps sera nécessaire pour la transition ? Je ne le sais pas et aucun joueur n’est pareil.»

Le cas Duvernay-Tardif

Avec les Chiefs, Nagy a pu constater de près le développement d’un autre Canadien. Choix de 6e ronde des Chiefs en 2014, le garde Laurent Duvernay-Tardif s’est amené dans la ville du Missouri, au moment où Nagy dirigeait les quarts-arrière. En 2016, il est devenu coordonnateur offensif adjoint avant d’assumer toutes les responsabilités en 2017.

«Pour réellement comprendre les protections de passe, Doc a eu besoin d’une période de six mois, a souligné Nagy. Ce n’est pas un problème puisqu’il est devenu l’un des meilleurs joueurs de ligne offensive dans la NFL. C’est difficile de tracer une comparaison entre les deux puisqu’on parle de deux positions différentes.»

Au même titre que Duvernay-Tardif, Betts a fait ses classes dans le réseau universitaire canadien et non dans la NCAA, ce qui amène une autre adaptation. «Le plus grand défi est de comprendre le jeu, a mentionné Nagy, et se laisser coacher. Les joueurs ne doivent pas répéter la même erreur deux fois.»

Betts a des chances d'obtenir un poste chez les Bears

Quelles sont les chances de Mathieu Betts de percer l’alignement des Bears de Chicago ?

Signé comme agent libre après le repêchage, Betts se retrouve au sein d’un groupe qui comprend les secondeurs extérieurs étoiles Khalil Mack et Leonard Floyd, ainsi qu’un autre vétéran bien en place en Aaron Lynch.

Par la suite, au sein de l’alignement de 90 joueurs, on retrouve Kylie Fitts qui a disputé seulement six parties l’an dernier et Isaiah Irving qui en sera à sa troisième campagne, lui qui a pris part à 13 rencontres en 2018.

«Pour un joueur qui a signé comme agent libre cette année et qui espère gagner un poste, la position de secondeur extérieur est celle où il y a le plus d’ouvertures, nous a mentionné un journaliste qui couvre les Bears sur une base quotidienne depuis plusieurs années. Après Mack, Floyd et Lynch, il n’y a personne dont le poste est assuré. L’an dernier, Fitts et Irving n’ont rien fait d’extraordinaire et il n’y a rien d’acquis pour eux.»

En plus de Betts, les Bears ont mis sous contrat un autre secondeur après le repêchage. Il s’agit de Chuck Harris, des Bulls de Buffalo. Ce dernier a réussi des sommets en carrière l’an dernier avec 6,5 sacs et 7,5 plaqués pour pertes.

Compétition

En janvier, les Bears avaient offert un contrat au secondeur Jameer Thurman. Ignoré lors du repêchage de 2017 à sa sortie des rangs collégiaux à Indiana State, Thurman a évolué au cours des deux dernières saisons avec les Stampeders de Calgary où il a réussi 98 plaqués l’an dernier, dont 82 en défensive.

«Il y a une bonne compétition au camp et peut-être que certains postes seront ouverts, a souligné l’entraîneur-chef Chad Nagy. On verra bien, mais tout le monde doit compétitionner.»

L’arrivée d’un nouveau coordonnateur défensif en Chuck Pagano signifie que les Bears miseront sur un nouveau système défensif et que les vétérans devront aussi l’apprendre.