SPO-STORM DE GUELPH VS 67 D' OTTAWA

Crédit : Marc DesRosiers / Agence QMI

Hockey

Nick Suzuki vit pour la coupe

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OTTAWA – En retournant chez les juniors, Nick Suzuki devait améliorer sa vitesse d’exécution. Il a compris le message. L’espoir du Canadien épate la galerie par son rythme, la qualité de ses jeux et sa constance. Il domine la Ligue de l’Ontario dans toutes les colonnes, et ce printemps restera longtemps gravé dans sa mémoire.

Suzuki, 19 ans, est partout, de toutes les missions. Autant offensives que défensives. Pièce maîtresse du Storm de Guelph, il ne s’était jamais approché si près de la coupe du circuit ontarien.

En 2017, alors qu’il évoluait chez l’Attack d’Owen Sound, il avait goûté à la demi-finale sans accéder à la série de championnat.

Cette fois, affamé comme jamais durant ce qui pourrait être ses derniers moments juniors, il vise le trophée et un ticket pour Halifax, où sera disputé le tournoi de la Coupe Memorial. C’est son objectif depuis qu’il a déposé son sac dans le vestiaire du Storm, au début de janvier.

En deuxième moitié de saison, le vaillant petit attaquant a tenu un rythme endiablé en récoltant 49 points en 29 matchs. En mission, il a poursuivi sur sa lancée en amassant 31 points à ses 18 matchs éliminatoires menant vers la finale de l’OHL.

Au centre de MacKenzie Entwistle et d’Isaac Ratcliffe, il a pris les choses en main quand l’équipe était dans le pétrin au second tour, face aux puissants Knights de London, et ensuite contre le Spirit de Saginaw. Des affrontements lors desquels le Storm est revenu de l’arrière 0-3 et 1-3, respectivement.

Joueur des grandes occasions

Suzuki avait quelques expériences de match ultime dans son parcours mineur à London et un dur apprentissage l’an dernier contre les Greyhounds de Sault-Sainte-Marie. Il ne voulait certainement pas revivre pareille frustration.

«Il n’était pas question que je vive à nouveau ce sentiment en terminant une saison par une défaite dans un match numéro sept. On sait que tout peut survenir dans ce genre de rencontre, a expliqué l’attaquant après l’entraînement matinal du Storm, jeudi, à quelques heures du premier duel de la finale face aux 67’s à la Place TD d’Ottawa.

«Je suis fier de moi, je suis ressorti dans les grandes situations et j’ai pu livrer la marchandise, a ensuite souligné celui qui a récolté pas moins de 17 points, marquant sept buts, dans les sept matchs ultimes qu’il a disputés depuis le 10 avril.

«Tout le monde veut accomplir ça et faire partie de cette histoire. On s’est tous levés dans les moments importants. Pour se rendre en finale, il fallait avoir l’apport de tout le monde. Nous avons surmonté beaucoup d’adversité en séries éliminatoires. Il fallait batailler fermement pour revenir dans les séries. C’était réalisable avec notre groupe. Il ne faut pas arrêter.»

Gentilhomme affamé

Son entraîneur George Burnett voit en lui une force tranquille. Suzuki n’est pas le plus volubile dans le vestiaire du Storm. Comme il est plutôt silencieux, ses coéquipiers l’écoutent lorsqu’il se lève et parle. Une fois sur la glace, il montre l’exemple du haut de ses 5 pi 11 po et 180 livres. Depuis un mois, il a essuyé tous les coups imaginables en s’avançant constamment dans les zones payantes. Il ne craint pas de se salir le nez en farfouillant autour du filet.

«Quand tu as une cible dans le dos, comme il l’a depuis le début des séries et qu’il l’aura tout au long de cette finale, c’est certain qu’il est surveillé par les meilleurs joueurs adverses et les plus robustes», a précisé Burnett.

«Malgré cela, il continue à marquer et à amasser des points. Il bataille et réussit à créer ses occasions. C’est pourquoi il est dans une séquence de 12 matchs de suite avec au moins un point.»

Même si son attaquant a remporté le trophée du joueur gentilhomme de l’OHL une troisième saison d’affilée, un record dans la ligue, cela ne signifie pas pour autant qu’il évite les confrontations. Suzuki a l’instinct du guerrier.

«Tout le monde reconnaît ses qualités. Elles sont nombreuses et diversifiées», a signalé Burnett.

Celui-ci voit un jeune homme affamé désirant participer à chacune des missions, peu importe les situations et les degrés de difficulté.

«Il veut y être et le fait savoir très clairement, a souligné celui qui le dépêche sur la patinoire dans les cas critiques, dont les mises en jeu en territoire défensif en fin de match et au sein de la première vague en infériorité numérique.

«Il connaît son chemin et son avenir, mais il est très humble et réaliste. Il vient travailler chaque jour. Il s’est élevé parmi l’élite. Un brillant avenir est dessiné devant lui. »