Boxe

Butler remporte son pari

Mathieu Boulay / Le Journal de Montréal

Publié | Mis à jour

C’était le baptême du feu de Steven Butler aux États-Unis. On peut dire qu’il en a eu pour son argent contre l’Ukrainien Vitalii Kopylenko, jeudi soir, lors d’un gala de Golden Boy Promotions présenté au Hard Rock Hotel & Casino.

Dans un combat où il a acquis une grosse dose d’expérience, Butler (27-1-1, 23 K.-O.) l’a emporté par décision partagée (96-93, 96-93 et 94-95) contre Kopylenko (28-2, 16 K.-O.) qui lui en a fait baver à plusieurs reprises durant l’affrontement.

«Je ne l’ai pas sous-estimé, mais il était meilleur que je pensais et ce que j’avais vu sur les vidéos, a souligné Steven Butler qui est devenu champion WBC international des poids moyens avec sa victoire. C’est un combat où j’ai beaucoup appris.»

«Pour ce qui est de la décision des juges, je crois que j’en avais fait assez pour l’emporter.»

Butler était rouillé lors des premiers rounds et il n’avait pas la même précision qu’à l’habitude. Les choses se sont replacées par la suite alors qu’il a lancé plusieurs combinaisons qui ont atteint Kopylenko qui n’a pas bronché depuis les coups de puissance du Québécois.

«Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il m’en a donné pour mon argent ! On avait un bon boxeur devant nous.»

Au plancher au 8e

Kopylenko s’est même permis de sonner les cloches de Butler au quatrième round. Ce dernier a bien encaissé la frappe. Puis, le ciel a failli tomber sur la tête de Butler alors que son adversaire l’a fait plier avec une belle combinaison au corps dans les premières secondes de l’assaut.

Butler a été en mesure de survivre notamment en perdant son protecteur buccal.

«Il m’a atteint au plexus solaire, a raconté Butler. J’ai eu le souffle coupé. Je n’étais pas ébranlé. Je cherchais seulement mon souffle.»

«Je lui lève mon chapeau. Il m’a atteint solidement. Je suis content parce que j’ai été en mesure de revenir en force lors du round suivant. C’est l’expérience qui rentre et j’ai démontré que j’avais des couilles.»

De la maturité

Cette victoire contre Kopylenko est celle de la maturité. Celle qui lui manquait cruellement lors de sa seule défaite en carrière contre Brandon Cook en 2017. Lorsqu’il s’est retrouvé en difficulté, il n’a pas paniqué et il a été en mesure de finir le round sur ses deux pieds.

«Steven a vraiment démontré de la maturité dans ce combat, a indiqué son entraîneur Jean-François Bergeron. On a vu qu’on a encore des choses à travailler dans le gymnase et c’est tout à fait normal.

«La maturité lui a permis de se relever après le huitième round. C’est très positif. Il a fait la bonne chose alors qu’il lui restait plus de deux minutes à écouler. Quand tu es dans le pétrin, c’est très très long.»

Du côté de son promoteur Camille Estephan, il n’a jamais été inquiet durant le duel malgré la chute au tapis de son poulain.

«Ce sont les classes qui rentrent, a-t-il mentionné. On disait que Kopylenko était très bon et on en a eu la preuve ce soir (jeudi). C’était un gars très déterminé qui a tout donné pour arracher la victoire à Steven.

«J’ai vu que Steven était un peu rouillé. Cinq mois d’inactivité, c’est peut-être trop long pour lui. J’aimerais le voir plus actif dans les prochains mois.»