LHJMQ

LHJMQ: si près du but ultime

LHJMQ: si près du but ultime

Mikaël Lalancette

Publié 01 mai
Mis à jour 01 mai

Toutes les équipes jouent pour ça. Les plus grands joueurs de l’histoire ont été de grands joueurs, car ils ont réussi à gagner la Coupe du Président.

À l’inverse, on se souvient beaucoup moins des équipes qui ont connu de grandes saisons, mais qui ne l’ont pas gagnée.

C’est triste, mais c'est la loi du sport. On se souvient des gagnants, pas beaucoup des perdants...

Nous y voici enfin.

La finale de cette année opposera les Huskies de Rouyn-Noranda aux Mooseheads de Halifax.

D’un côté, les champions de la saison régulière, qui connaissent une saison de rêve. Saison et séries combinées, Rouyn-Noranda n’a perdu que 11 fois en 82 matchs cette année.

Ça en dit long sur la domination des Huskies, qui misent sur quatre champions de la coupe du Président : Samuel Harvey, Peter Abbandonato et Jacob Neveu ont inscrit leur nom sur le Saint-Graal du hockey junior québécois en 2016 et Noah Dobson l’an dernier.

Les Huskies n’ont fait qu’une bouchée de l’Océanic de Rimouski en demi-finale : l’équipe est reposée et en santé.

Même Peter Abbandonato, qui est tombé au combat en raison d'une mononucléose, se rapproche d'un retour au jeu. Son absence n'a jamais pesé dans la balance dans le carré d'as de la LHJMQ.

Le concept d'équipe est tellement bien ancré chez les Huskies que ce qu'on avait prédit est arrivé : l'équipe a rebondi, les coéquipiers en ont donné plus.

Prenez Félix Bibeau : il vient de récolter 12 points à ses six derniers matchs. Il a marqué six buts, dont trois de façon décisive dans la série contre Rimouski.

Est-ce que 2019 sera la bonne pour Joël Teasdale? Il vient de perdre deux finales de suite, en 2017 et en 2018, avec l’Armada de Blainville-Boisbriand.

L’espoir des Canadiens est en mission : il sera à surveiller dans les prochains jours.

Mario Pouliot mise sur le meilleur joueur du circuit Courteau cette année en Noah Dobson. Le grand #53 sera une fois de plus fortement sollicité. Comme un chêne, il plie parfois, mais ne casse jamais.

Bref, la pression de gagner repose sur les épaules des deux équipes, mais les Huskies ont clairement l'étiquette de favoris.

Attention aux Mooseheads

Mais, négliger les Mooseheads serait une grave erreur.

Le pilote Éric Veilleux veut lui aussi conjurer le mauvais sort en grande finale : il a perdu les trois grands rendez-vous du printemps auxquels il a été convié : en 2009 contre Drummondville, en 2013 contre Halifax et en 2014 contre Val-d'Or.

Plusieurs joueurs des Mooseheads sont en mission : Arnaud Durandeau a été un véritable poison dans la série contre les Voltigeurs de Drummondville, les favoris des preneurs aux livres en demi-finale.

Ignorer le tir dévastateur de Raphaël Lavoie pourrait faire très mal aux Huskies. Le meilleur pointeur des séries de la Ligue de hockey junior majeur du Québec a fait scintiller la lumière des buts à 17 reprises depuis le début des séries. Une véritable menace dans l'enclave.

Alexis Gravel est au sommet de son art devant le filet. L'espoir des Blackhawks de Chicago est imperturbable et on le sent en confiance. On doit lui donner beaucoup de crédit pour s'être élevé comme il l'a fait devant la meilleure attaque au Canada lors de la ronde précédente.

Les Mooseheads ont du talent, mais ils ont aussi de véritables guerriers de séries éliminatoires. Il faut avoir surveillé tous les petits détails que font les Samuel Asselin, Keith Getson et Antoine Morand, pour ne citer que ceux-là, pour mesurer la qualité de l'équipe, qui ne sera à maturité que l'an prochain.

Les deux équipes en présence ont des points en commun : elles ont toutes les deux connu des ennuis au premier tour des séries avant de rebondir par la suite.

Depuis qu'ils ont été à égalité 2-2 contre Shawinigan, les Huskies ont un dossier parfait de 10 victoires, où ils ont marqué 56 buts et en ont accordé seulement 17.

À l'est du continent, les Mooseheads ont pris les choses en main en retard 0-2 contre les Remparts de Québec : ils ont gagné 12 de leurs 15 matchs suivants, lors desquels ils ont dominé leurs rivaux 52-37 dans la catégorie des buts marqués.

Bref, les deux équipes ont bien réagi dans l'adversité des séries.

Les deux formations misent sur des jeux de puissance dévastateurs; la discipline et la gestion des émotions seront à coup sûr déterminantes.

Ma prédiction

J'y vais maintenant avec ma prédiction... J'ai longuement hésité. Je vois les Huskies l'emporter. En cinq ou en six parties?

Si Abbandonato est de retour dans la série, je ne vois pas comment les Mooseheads pourront renverser la vapeur. La machine est partie et rien ne semble vouloir la freiner.

Alexis Gravel, j'en parlais plus tôt, est l'homme-clé de la prochaine dizaine.

J'y vais avec Rouyn-Noranda en cinq parties.

Tout simplement parce que mes collègues du Journal de Québec, qui font une obsession sur notre pool des séries, ont opté pour les Huskies en six parties.

Si je veux gagner le pool cette année, je dois prendre un risque.

J'aurai une autre bonne raison pour justifier m'être trompé si la série devait s'allonger...

Car ne l'oubliez pas, les prédictions, c'est juste un jeu!

Que le meilleur gagne. Bonne finale à tous!