Séries LNH 2019

Artemi Panarin moins bon sans la rondelle? Et alors!

Publié | Mis à jour

«On veut qu’il soit bon sans la rondelle.»

Voilà une formule qu’on entend ad nauseam dans le hockey d’aujourd’hui. Un attaquant a beau avoir tous les talents du monde, s’il n’est pas conscient de son jeu défensif, le courant risque de mal passer entre son entraîneur et lui.

Chez les Blue Jackets, Artemi Panarin pourrait très bien être ce joueur, celui sur qui on s’acharne pour s’assurer qu’il n’oublie pas ses missions défensives. Et pourtant.

«Ce n’est pas différent des autres. On veut qu’il soit efficace sans la rondelle, mais on fait un peu plus attention avec lui. On ne veut pas lui enlever sa créativité», a lancé John Tortorella au sujet de son attaquant de 27 ans.

Jusqu’ici, cette façon de faire sert bien les Blue Jackets. Le Russe a inscrit au moins un point à chacun des six premiers matchs de son équipe dans ce parcours éliminatoire avant d’être tenu en échec mardi. Il affiche une récolte de quatre buts et cinq passes.

Néanmoins, à forces égales, Panarin s’est retrouvé sur la glace pour quatre buts de l’adversaire. Quatre buts en six matchs, c’est bien peu, diront certains.

En effet. Cependant, à titre comparatif, Matt Duchene et Cam Atkinson ont été victimes de seulement un but en pareille circonstance. Encore là, Tortorella n’en fait pas trop de cas.

«Artemi est un joueur dynamique. Il est l’un de ceux dont la capacité d’anticipation est la plus développée. Je ne le dirige pas comme je dirige les autres joueurs dans certains aspects du jeu», a-t-il insisté.

Exemple à suivre

Il n’y a pas que son entraîneur qui agit d’une autre façon avec lui. Ses coéquipiers prennent également des décisions différentes lorsque le Russe se trouve sur la patinoire.

Parlez-en à Seth Jones, qui se demande encore aujourd’hui pourquoi il lui a passé le disque sur le but qui créait l’égalité lors du deuxième match, alors que son angle de tir était, de loin, meilleur.

«Si l’occasion devait se représenter, j’effectuerais probablement un tir. J’aurais dû être plus agressif», a décrit le défenseur des Blue Jackets.

Puisque c’est le résultat qui importe, Jones ne s’en est pas trop voulu en voyant son coéquipier loger la rondelle dans la partie supérieure du filet, tout juste au-dessus de l’épaule gauche de Tuukka Rask. Un tir d’une rare précision que peu de joueurs auraient réussi.

«C’est comme avec [Artemi] Panarin. On s’attend à ce qu’il fasse des choses comme celle-là. Je le vois dans les entraînements. Je vois comment il travaille sur ce genre de tir, a louangé Pierre-Luc Dubois. Il est un bon exemple à suivre. À mon avis, c’est un des meilleurs joueurs de la LNH. Il peut changer un match à lui seul. Il n’y a pas beaucoup de joueurs comme ça. »

«Un des trois meilleurs»

L’entraîneur des Blue Jackets est du même avis.

«Il est comme on nous l’avait vendu. Il est probablement l’un des trois meilleurs joueurs de la LNH d’un point de vue global. Ce qui m’impressionne le plus, c’est la façon dont il se comporte, la façon dont il s’assure de bien s’acquitter de sa tâche. Pour les jeunes joueurs de cette équipe, c’est un excellent coéquipier à avoir. Il est un exemple à suivre tous les jours.»

À l’entendre vanter les mérites de Panarin, on comprend qu’il aimerait bien le voir de retour l’an prochain. Toutefois, rien n’est moins sûr. Le meilleur pointeur des Blue Jackets au cours des deux dernières campagnes deviendra joueur autonome sans restriction, le 1er juillet.

Les rumeurs l’envoyant chez les Panthers étaient déjà fortes. Elles ont décuplé depuis que Joel Quenneville, autrefois entraîneur de Panarin avec les Blackhawks, a été nommé entraîneur-chef de la formation floridienne.