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Séries LNH 2019

Cam Atkinson sur les traces de Martin St. Louis

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Cam Atkinson est le plus petit joueur des Blue Jackets à 5 pi et 8 po. Il vit cette réalité depuis des années. Mais ça ne l’a jamais empêché de réaliser de grandes choses.

À 29 ans et à sa huitième saison à Columbus, Atkinson a atteint le plateau des 40 buts pour une première fois en terminant l’année avec 41 buts et 69 points en 80 matchs. C’était la deuxième fois qu’il marquait 30 buts ou plus, ayant touché la cible 35 fois en 2016-2017.

«Oui, c’était spécial, a dit Atkinson en entrevue au Journal de Montréal. J’imagine qu’à la fin des séries ou à la fin de ma carrière, je réaliserai encore plus ce que j’ai pu accomplir cette année. Les 40 buts représentent un plateau important. Je ne suis toutefois jamais satisfait.»

Parmi les joueurs de 5 pi et 8 po et moins, il y a eu seulement six marqueurs de 40 buts ou plus depuis plus de 30 ans. Deux ont réalisé cet exploit cette année, soit Atkinson et Alex DeBrincat (41 buts) avec les Blackhawks de Chicago.

Avant cela, on devait sortir la machine à reculer dans le temps avec : Martin St-Louis (43 buts en 2006-2007), Brian Gionta (48 buts en 2005-2006), Theoren Fleury (quatre saisons de 40 buts ou plus dans les années 1990) et Mats Naslund (43 buts en 1985-1986).

St-Louis parmi ses modèles

Dans sa tendre enfance au Connecticut, Atkinson s’inspirait de joueurs avec qui il pouvait s’identifier.

«Je regardais les plus petits joueurs, je pouvais m’imaginer comme eux, a-t-il affirmé. J’ai toujours aimé Martin St-Louis, Brian Gionta, et avant eux, Theoren Fleury. Ils ont ouvert le chemin pour les petits attaquants comme moi. Ils ont détruit les stéréotypes disant que les petits ne pouvaient survivre dans la Ligue nationale.»

Par un curieux hasard, il a identifié trois des quatre marqueurs de 40 buts ou plus et de moins de 5 pi et 9 po au cours des trois dernières décennies. Il lui manquait seulement Naslund, le «Petit Viking».

Aujourd’hui, Atkinson a le bonheur de travailler avec l’ancienne gloire du Lightning de Tampa Bay et des Rangers de New York en Martin St-Louis. John Tortorella l’a engagé en fin de saison en lui confiant un rôle de conseiller pour les unités spéciales, principalement l’avantage numérique.

«Martin n’est pas toujours dans l’entourage de l’équipe, mais il apporte de nouvelles idées, a précisé le numéro 13 des Jackets. Quand il parle, je peux vous confirmer que nous l’écoutons. Il a gagné dans le passé, il a sa place au Temple de la renommée.»

Le cœur avant tout

Si DeBrincat a fait le saut directement de la Ligue junior de l’Ontario aux Blackhawks l’an dernier, Atkinson a fait la navette pendant deux ans entre Springfield et Columbus à ses deux premières saisons chez les professionnels. Il croit que les mentalités ont changé depuis ses débuts en 2011-2012.

«Nous verrons de plus en plus de petits joueurs de moins de 5 pi et 8 po, a prédit Atkinson. Les équipes n’ont plus peur de repêcher ce type de joueur. Les petits attaquants sont souvent plus affamés que les gros.

«Depuis qu’ils sont jeunes, ils se font dire qu’ils n’atteindront pas le niveau suivant. Ça forge le caractère. Je ne jugerai jamais un joueur selon sa taille, mais bien par la grosseur de son cœur.»

Dans le camp des Bruins de Boston, Patrice Bergeron a un grand respect pour Atkinson.

«Il est difficile à ralentir en raison de sa vitesse, mais aussi son sens du jeu, a noté Bergeron. À un contre un, tu dois lui prêter attention. Il peut te battre assez facilement, mais il peut aussi repérer un coéquipier qui s’en vient.»

«Atkinson a développé une belle complicité avec Panarin depuis l’an dernier, et maintenant, il joue avec Duchene. Il rend ses coéquipiers meilleurs, peu importe avec qui il se retrouve.»

En six matchs depuis le début des séries, Atkinson est régulier comme une horloge avec six points (2 buts, 4 aides) et un dossier de +4.