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Mathieu Betts: le meilleur des trois

Mathieu Betts: le meilleur des trois

Charles-Antoine Sinotte

Publié 28 avril
Mis à jour 28 avril

Laurent Duvernay-Tardif s’est installé à Kansas City et Anthony Auclair est en train de se prouver à Tampa Bay.

Le premier a aidé le deuxième et ce dernier confirme ce qu’il se donne du gros ballon pointu au Canada.

Mais Mathieu Betts s’y est rendu en étant encore meilleur que les deux autres.

Sans rien enlever aux carrières universitaires de «LDT» et d’Auclair, on parle de deux histoires d’amour entre la NFL et des joueurs avec un énorme potentiel.

Les qualités athlétiques et cérébrales du «Docteur» étaient ahurissantes à sa sortie de McGill. Mais l’ancien joueur de ligne défensive en était seulement à sa deuxième saison en attaque; un passage offensif parsemé de plusieurs absences académiques.

Duvernay-Tardif n’avait même pas participé à son dernier camp d’entraînement universitaire, pris en stage dans l’Est du Québec jusqu’à la veille du premier match de la saison à Québec. Il avait littéralement appris le livre de jeu dans l’autobus en route vers le PEPS.

À Tampa Bay, Auclair est en train de s’imposer comme un ailier rapproché complet tant au sol que par la passe. Quart-arrière dans les rangs collégiaux, il commence à peine à toucher son plein potentiel à sa «nouvelle» position.

À leurs sorties universitaires, les deux représentaient de superbes projets de développement au prochain niveau.

En fait dans les 10 dernières années, plusieurs joueurs de grand talent ont eu une chance de se faire valoir dans le grand cirque. Samuel Giguère, du Vert & Or, a connu de belles saisons avec les Colts d'Indianapolis.

Cory Greenwood, de Concordia, a passé quelques automnes à Kansas City et son ancien coéquipier Kristian Matte a été évalué par les Texans de Houston; Charles Vaillancourt et Frédéric Plésius du Rouge et Or ont reçu des invitations des Raiders d'Oakland et des Eagles de Philadelphie, respectivement.

Jamall Lee, de Bishop’s, a brièvement porté les couleurs des Panthers de la Caroline, tout comme David Foucault des Carabins.

De cette liste, Mathieu Betts est celui qui fait saliver le moins au premier coup d'oeil. Pourtant, l’ailier défensif est le joueur le plus dominant du RSEQ de la dernière décennie. Aucun autre avant lui n’a autant influencé l’allure des matchs que l’ancien #9 du Rouge et Or.

Betts a dominé à cette position partout où il est passé. Avant de faire son nom avec le Rouge et Or, il avait été était le meilleur joueur de football juvénile au Québec avec les Cactus du Collège Notre-Dame et collégial avec les Spartiates du Vieux-Montréal.

A l’époque, il avait la possibilité de poursuivre sa route dans la NCAA à Temple, Purdue ou Buffalo, mais avait plutôt opté pour un groupe d’entraîneurs québécois à l’autre bout de la 20. Ce contrat professionnel de trois ans signé samedi soir est d’ailleurs un agréable clin d’œil à cette décision prise en 2014.

Betts a toujours été ce qu’il est aujourd’hui. Éthique de travail, passion pour le football, enthousiasme, et talent unique résument l’athlète.

C’est cette même recette qui l’amène en Illinois, et ça en dit long sur le joueur et sur l’être humain.

Le vote de confiance d’une des équipes les plus mythiques du sport témoigne du respect grandissant des Américains envers les intervenants du football québécois.

Contrairement à plusieurs autres, Mathieu Betts n’est pas juste un phénomène physique. C’est avant tout un joueur de football extrêmement bien préparé qui maîtrise parfaitement son art.

Plusieurs avant lui auront eu des opportunités sur ce qu’ils pouvaient devenir.

Les Bears ont vu ce qu’il était déjà.