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«J’ai plus de liberté» - Joël Teasdale

Publié | Mis à jour

Joël Teasdale n’avait pas goûté à la pleine liberté à ses trois premières saisons juniors. Débarqué en Abitibi au début de janvier, il vit une toute nouvelle expérience qu’il ne connaissait pas. À son grand plaisir.

Il ne faisait pas chaud à ses premières nuits à Rouyn-Noranda. Des mercures ressentis approchant les -50 degrés Celsius dans la «campagne abitibienne», il filait le grand bonheur. Il respirait l’autonomie.

Pas qu’il était encabané chez l’Armada de Blainville-Boisbriand. Il avait la chance de vivre sous le toit de sa maman, Isabelle. Mais à 19 ans, il était mûr pour vivre une nouvelle expérience. Celle qui le préparerait à sa prochaine étape chez les professionnels.

«Depuis que je suis arrivé à Rouyn-Noranda, je suis plus autonome, autant sur la glace que dans la vie de tous les jours. J’ai plus de liberté. Ma mère faisait beaucoup pour moi à Boisbriand. Elle me suivait de près.»

«En pension, j’apprends une vie différente, ajoute celui qui est accompagné de Noah Dobson sous son toit abitibien. Je participe aux tâches quotidiennes. C’est agréable.»

La vraie vie

Selon son entraîneur Mario Pouliot, c’est une bonne affaire. Il goûte à la vraie vie. Le jeune homme de 19 ans s’est rapidement ajusté.

«C’est complètement différent une maison d’une pension. Joël ajoute des éléments à son bagage d’expériences. Vivre éloigné de ses parents, ce sera bénéfique, tout comme parcourir plus de kilomètres en autobus. Il sera prêt pour la réalité qui l’attend chez les pros», explique-t-il.

Pouliot laisse également à son poulain une plus grande latitude. Bien qu’il ait reçu les conseils de le pousser à son plein rendement, il suit sa philosophie. Il sait que son attaquant applique une éthique de travail irréprochable sur la patinoire et offre un style de jeu intense.

L’identité des Huskies et celle de l’Armada se ressemblent en plusieurs points. Teasdale n’était donc pas perdu en enfilant son nouvel uniforme. Il a appris à composer avec son instructeur, plus calme que ses anciens entraîneurs.

«Joël (Bouchard) était très intense. Il savait que s’il me poussait, j’allais répondre. Il était plus sur mon dos. C’était noir ou blanc, explique l’espoir du Canadien.

«Avec Mario, c’est un peu différent. Il est aussi noir ou blanc, mais il n’a pas besoin de me pousser dans le dos pour me dire quoi faire. Je le fais par moi-même. C’est une liberté complémentaire. J’apprécie beaucoup son attitude et son approche.»

Expérience convoitée

En faisant son acquisition à la date limite des transactions, en janvier, Pouliot connaissait exactement ce que son attaquant lui offrirait. Avec 51 matchs d’expérience en séries éliminatoires, Teasdale était un joueur convoité. Pouliot l’avait vu à l’œuvre lors des séries 2017 et 2018 alors qu’il avait affronté l’Armada en quart de finale et finale, respectivement, chez le Titan d’Acadie-Bathurst.

Durant ces deux séries, Teasdale avait amassé 15 points en 13 matchs. Il avait d’ailleurs amassé quatre points lors du match ultime en avril 2017.

«Il nous amène une importante présence physique avec ses mises en échec sur l’échec avant, indique l’instructeur qui l’utilise à toutes les sauces.

«Il a une prestance. C’est le meilleur de la ligue devant le filet sur le jeu de puissance. Son sens du jeu aiguisé sur 200 pieds fait en sorte qu’il est responsable dans toutes les situations de jeu. C’est précieux.»

Teasdale lui rend bien sa confiance. Il a récolté 42 points à Rouyn pour terminer la saison régulière à 80, sa meilleure campagne en carrière. Et lors des 14 matchs en route vers sa troisième présence de suite en finale de la coupe du Président, il a marqué 11 buts, dont trois gagnants, et amassé 26 points.

Une récolte qui le place au second rang des meilleurs marqueurs du circuit en séries 2019. Du lot, l’un des grands artisans des succès des Huskies en a amassé la moitié sur le jeu de puissance.

Pouliot ne se fait pas d’illusion. Il sait que Joël Bouchard voudra le reprendre sous son aile chez le Rocket de Laval dès l’an prochain. Entre-temps, à ce qui pourrait être sa dernière chance, l’attaquant souhaite soulever une coupe junior.