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Séries LNH 2019

La porte est plus que jamais ouverte

La porte est plus que jamais ouverte

Michel Bergeron

Publié 27 avril 2019
Mis à jour 27 avril 2019

Quelle semaine folle à travers la Ligue nationale de hockey! Et ce n’est pas peu dire après l’élimination de Tampa Bay, Washington, Calgary et Winnipeg, des clubs qui étaient tous favoris. La porte est ouverte plus que jamais pour les huit équipes restantes rêvant à la coupe Stanley.

En 1993, sans rien enlever au Canadien, l’équipe avait profité de l’élimination des bons clubs dans les deux premières rondes pour se faufiler jusqu’en finale et pour remporter la coupe Stanley.

D’ailleurs, même les deux équipes ayant terminé aux septième et huitième rangs de la Conférence de l’Est, les Hurricanes et les Blue Jackets, peuvent aussi rêver au précieux trophée. À Boston, les Bruins sont une équipe mieux établie et certains joueurs prennent de l’âge, dont Zdeno Chara et Patrice Bergeron. Ils voudront profiter de cette opportunité qui s’ouvre à eux.

Crédit aux directeurs généraux

Ce n’est pas simplement la parité à travers la LNH qui a causé toutes ces surprises au premier tour. Il y a eu des directeurs généraux qui ont bien évalué leur équipe. On les blâme souvent, mais il faut aussi leur donner le crédit. Les Bruins ont obtenu le troisième centre dont ils avaient besoin en Charlie Coyle et il a marqué deux buts jeudi soir ! Certains DG ont fait leur travail alors que d’autres ont simplement acheté du temps. À Columbus, Jarmo Kekäläinen a tout fait pour participer aux séries et le voilà qui est récompensé.

Certes, la surprise la plus étonnante a été la défaite du Lightning après sa saison de rêve. Ce ne sera pas joli à Las Vegas quand quelques-uns de leurs joueurs vont récupérer leurs trophées individuels. Ils n’avaient rien à se reprocher en saison, mais ça n’a pas été assez pour prolonger leur parcours à la grande danse du printemps.

À Toronto, j’ai une petite pensée pour les Leafs qui sont allés chercher John Tavares pour gagner. Or, il mangera son pop-corn en regardant les Islanders en deuxième ronde.

Controverse à San Jose

Je n’en reviens pas encore de ce qui s’est produit à San Jose lors du match ultime contre les Golden Knights. La LNH a trouvé des coupables en écartant les arbitres Éric Furlatt et Dan O’Halloran pour le reste des séries. On parle d’arbitres d’expérience. C’est évident qu’il y a quelqu’un qui a dit quelque chose lorsque le quatuor s’est réuni sur la glace après la blessure de Joe Pavelski. Quelqu’un a été influent pour qu’on octroie une pénalité majeure à Cody Eakin. Selon moi, ils ont octroyé une pénalité majeure à cause du sang sur la patinoire et la panique générale provoquée par Brent Burns, sans réaliser qu’ils n’avaient pas vu l’infraction ni qu’il y avait eu de coup porté au visage.

J’ai le pressentiment que le propriétaire des Golden Knights a eu une discussion orageuse avec Gary Bettman qui a décidé de punir les deux arbitres après s’être entretenu avec ses lieutenants de longue date, Colin Campbell et Mike Murphy.

Ce n’est pas la première fois que des arbitres sont impliqués dans une controverse en séries. Mais une fois de plus, ceux-ci ne pourront s’exprimer sur la place publique. Ils ont fait leurs preuves au cours de leur carrière et Furlatt est l’un des meilleurs du circuit, selon moi, mais personne ne prendra position pour ces gars-là. Il me semble qu’il serait pertinent d’entendre leur version des événements.

LES ÉCHOS DE BERGIE

Les Sharks avaient baissé les bras

Je ne suis pas d’accord avec les propos de Marc-Édouard Vlasic qui a mentionné dans les pages du Journal que les Sharks croyaient toujours pouvoir revenir dans le match, même en tirant de l’arrière 3-0. Honnêtement, les Sharks avaient fermé les livres et les Golden Knights avaient la victoire en poche ! Je peux donc comprendre la rage de Jonathan Marchessault. Retournez voir la troisième période: Vegas avait le plein contrôle et les Sharks jouaient pour terminer le match.

Il est vrai que Gerard Gallant aurait pu demander un temps d’arrêt après le deuxième but parce que c’était écrit dans le ciel que les Sharks allaient marquer un troisième but, puis un quatrième. Comme dans le cas du but refusé à Alain Côté en 1987, qui continue de faire jaser 32 ans plus tard, on va parler de cet incident pendant longtemps. Très longtemps.

Décisions à venir à Toronto

De toute beauté de voir Mike Babcock se placer au-dessus de la mêlée pendant que son directeur général Kyle Dubas faisait sa propre évaluation de la saison des Maple Leafs. À écouter Babcock, c’est impossible que ce soit 1 % de sa faute ! Le président Brendan Shanahan aura des décisions à prendre. Babcock ne semble pas trop respecter son DG et le temps est venu de nommer Matthews comme capitaine. Il doit être ce que McDavid est à Edmonton, ce que Toews et Crosby ont été à Chicago et à Pittsburgh.

Brind’Amour surprend

Rod Brind’Amour m’impressionne à la barre des Hurricanes. Un vrai coach qui attend ses joueurs sur le bord du banc, qui les prend par le cou, qui soupe avec eux. Il me fait regretter le fait de ne plus coacher. Il n’y a pas d’aspect philosophique dans la façon dont ses Hurricanes jouent. Il n’hésite pas à leur demander de jouer à 100 % et de ne pas avoir peur de faire des erreurs. Dommage que les trophées individuels soient remis avant les séries, sans quoi il pourrait être en lice pour le Jack Adams.

Et pendant ces spectaculaires séries, le Canadien nous apprend qu’il a fait signer un contrat à Nate Thompson, un centre qui aura 35 ans en octobre... N’est-ce pas merveilleux?