Impact

«Jackson Time»

«Jackson Time»

Vincent Destouches

Publié 25 avril
Mis à jour 25 avril

À quel moment une tendance devient une marque de fabrique?

Anthony Jackson a inscrit huit de ses 14 buts en MLS durant les 25 dernières minutes de jeu, après être sorti du banc. Dont deux mercredi face au Revolution de la Nouvelle-Angleterre. Rendu là, il ne faut plus parler de «money time», mais de «Jackson Time»!

Le rôle de «super remplaçant» lui colle à la peau. Trop, peut-être. À Foxboro, Jackson est entré sur la pelouse à la 71e minute, en relais de Maxi Urruti. Et je suis convaincu que l’Impact pourrait répéter le même partage du temps de jeu entre les deux attaquants et connaître à nouveau du succès.

Même s’il n’a toujours pas marqué, il ne faut pas sous-estimer la qualité du travail d’Urruti pendant plus d’une heure, mercredi. Les mots que Joël Bats a soufflés à Jackson avant son entrée («Ils sont cuits, c’est ton moment») sont autant un signe de confiance envers le «Bombardier de Limoilou» qu’une appréciation du travail d’abattage de l’Argentin.

Cependant, on en est encore au stade de la saison où l’équipe cherche la meilleure formule, où les certitudes du début de campagne sont remises en cause par les performances des uns et des autres. C’est le temps des essais, de voir qui répond présent, qui a ce qu’il faut pour jouer un rôle quand les choses se corseront.

En ce sens, il n’y a pas meilleur moment pour offrir une titularisation à Jackson et voir ce que ça donne : Urruti a joué 161 minutes au cours des cinq derniers jours, Jackson est en confiance après son doublé, l’Impact retrouvera dimanche son stade et (normalement) une certaine maîtrise du jeu... Bref, l’opportunité est là.

Concurrence

Si un groupe est né de la prestation solidaire et combative des «minots» sur le terrain de D.C. (25 ans de moyenne d’âge), une réelle concurrence interne semble se dessiner après la victoire rafraîchissante des «jeunes» en Nouvelle-Angleterre (25,7 ans).

Cette compétition est bonne pour l’Impact, salutaire même. Rémi Garde doit la cultiver, l’entretenir pour garder tout le monde frais et sous pression, incluant les leaders techniques.

Jackson n’est pas le seul à pouvoir prétendre à plus qu’un rôle de remplaçant de luxe. Shamit Shome et Clément Bayiha ont brillé, se voyant récompensés de leur belle soirée par une contribution offensive (but pour le premier, passe décisive pour le second) qui n’a rien d’anodine, puisque l’Impact était aux prises avec des maux offensifs.

Shome a musclé son jeu. Surtout, il a montré sa capacité à venir soutenir l’attaquant, proposer des solutions dans l’axe et offrir des courses dans la surface de réparation. Le genre de prestation qui donne envie de le revoir, ce qui n’a pas toujours été le cas le concernant.

L’Impact a vraiment gagné sur toute la ligne, mercredi.