Séries LNH 2019

Nous en sommes rendus là

Nous en sommes rendus là

Stéphane Auger

Publié 24 avril 2019
Mis à jour 24 avril 2019

Mardi à San Jose, les officiels ont décerné une pénalité majeure et une inconduite de partie à Cody Eakin pour avoir donné un double-échec à Joe Pavelski.

Paul Stastny, qui voulait se diriger vers la pointe, est entré en contact avec Pavelski. Ce dernier, déjà en perte d’équilibre, est tombé, se blessant sérieusement à la tête. Vegas menait alors par trois buts et vous connaissez la suite.

Après avoir vu la reprise vidéo, je suis d’avis qu’une pénalité mineure s’imposait. Alors pourquoi une majeure et une expulsion de partie? Honnêtement, si j’avais été sur la patinoire, j’en serais peut-être venu à la même conclusion. Le geste ne fait aucun doute : Eakin soulève son bâton et pousse Pavelski avec force. Les arbitres arrêtent le jeu, le sang gicle à travers le casque de Pavelski. Les officiels se consultent et en viennent à la conclusion que la force du double-échec a causé la blessure et qu’il mérite une punition de cinq minutes.

Je le répète souvent : sur la patinoire, tu as une fraction de seconde avec un seul angle pour prendre une décision.

Quand la LNH a instauré les contestations sur les buts marqués, ça donnait une chance aux officiels de revoir le jeu au ralenti de différents angles pour confirmer ou infirmer leur décision, et ça fonctionne assez bien.

Si c’était moi, j’aimerais avoir la chance de revoir certaines infractions. On ne peut pas tout réviser, mais on pourrait se limiter aux pénalités majeures et aux quatre minutes pour bâton élevé.

Si les arbitres avaient eu la chance de revoir la séquence, peut-être auraient-ils vu le contact avec Stastny qui a changé l’angle de chute de Pavelski. À partir de là, ils auraient eu toute l’information nécessaire pour changer ou maintenir leur décision.

Le travail des officiels est de permettre aux joueurs d’évoluer dans un environnement sécuritaire et équitable. Les arbitres veulent toujours rendre la meilleure décision sur la patinoire. Quand tu rends une mauvaise décision, il n’y a personne qui se sent plus mal que l’arbitre. C’est un sentiment désagréable.

Le sport et la technologie évoluent plus rapidement que les mentalités. Le sujet des reprises vidéo pour certaines infractions a été mis de côté à la dernière réunion des directeurs généraux, mais je suis pas mal convaincu que ce sera de retour à l’agenda.