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LNH

Pas de temps à perdre, les Américains

Pas de temps à perdre, les Américains

Michel Bergeron

Publié 20 avril
Mis à jour 20 avril

On vante souvent les marchés canadiens dans le hockey en raison des partisans passionnés et dévoués. Par contre, s’il y a quelque chose que je dois donner aux marchés américains, c’est qu’ils ne peuvent se permettre d’acheter du temps, car leur base de partisans ne le leur pardonnerait pas.

Les Blue Jackets de Columbus en sont l’exemple parfait! Le directeur général Jarmo Kekalainen a fait rire de lui lorsqu’il a décidé d’y aller «all-in» à la dernière période des transactions. Qui rit, aujourd’hui?

L’homme de hockey a compris la réalité de son marché. Il ne pouvait se permettre de demander à nouveau à sa base de partisans de lui donner du temps en prétextant que l’équipe compte sur de bons choix au repêchage. À Columbus, on s’en fout: il faut gagner maintenant.

Même chose avec les Islanders de New York. L’an dernier, ils auraient pu prendre la décision d’échanger John Tavares, mais ils ont préféré le garder. Parce qu’aux États-Unis, tu ne vends pas le hockey en te projetant dans deux ou trois ans.

Maintenant, j’ai hâte de voir ce que feront les Penguins de Pittsburgh. Il semble de plus en plus évident que cette organisation devra faire des mouvements importants. Il va de soi toutefois que la reconstruction ne sera pas une option dans la Ville de l’Acier.

Quand tu joues aux États-Unis, tu ne peux pas prendre Edmonton ou Montréal comme exemple. Tes partisans ne sont pas assez patients pour continuer d’y croire malgré de perpétuelles promesses de succès à venir.

Et le Lightning...

Pendant ce temps, on cherche des coupables à Tampa Bay. L’élimination en quatre parties face aux Jackets constitue la surprise de la dernière décennie, sans l’ombre d’un doute. Certains pointent du doigt les attaquants vedettes Nikita Kucherov et Steven Stamkos tandis que d’autres estiment que le blâme doit être porté sur l’entraîneur Jon Cooper.

Personnellement, je ne crois pas que ce soit plus la faute de ce dernier que celle des autres. Le Lightning a gagné avec tellement de régularité au cours de la dernière saison qu’à un certain moment, tu oublies ce que c’est que de perdre. Même après une défaite, les Bolts revenaient avec trois victoires convaincantes de suite. Tu finis par t’endormir un peu sur ton succès.

On verra maintenant ce que le directeur général Julien BriseBois va décider de faire. En conférence de presse, il a mentionné ne pas avoir l’intention de céder à la panique. C’est évidemment, selon moi, qu’il procédera quand même à des changements.

La saison qui vient de se terminer pour eux est une déception sans nom. On hissera la bannière de champions de la saison régulière avec un pincement au cœur. Et que dire de la cérémonie de remise des trophées à Vegas dans deux mois... Plusieurs membres du Lightning repartiront avec leurs petits trophées en sachant pertinemment que c’est le gros qu’ils voulaient.

Vegas solide

Dans un autre ordre d’idée, pas si mal pour un joueur avec un problème d’attitude : Max Pacioretty !

Pour la première fois de sa carrière, l’ancien capitaine des Canadiens joue avec un vrai centre de premier trio et surtout, au sein d’un vrai premier trio! Il faut admettre que Pacioretty roule au rythme de son équipe également. Les Golden Knights m’impressionnent grandement, et, pour une équipe d’expansion, ils comptent déjà sur une profondeur intéressante en attaque. En plus du trio de Pacioretty, Paul Stastny et Mark Stone, ils ont aussi Jonathan Marchessault, William Karlsson et Reilly Smith dans l’autre unité offensive. Sans compter Alex Tuch sur le troisième trio!

Cette équipe sera encore une fois à surveiller cette année.

La fameuse bagarre

Le K.-O. qu’a passé Alex Ovechkin à Andrei Svechnikov a rendu un peu tout le monde mal à l’aise. Ovechkin n’est pas un bagarreur, mais il avait clairement un avantage physique sur son compatriote. Il était frustré, son équipe ne jouait pas bien. Je pense quand même que toute cette situation aurait pu être évitée.

D’ailleurs, je me demande si Ovechkin aurait agi de la sorte si son adversaire n’avait pas été un Russe. En raison de son statut de super vedette dans son pays, peut-être que le no. 8 des Capitals a voulu passer un message à Svechnikov. Peut-être a-t-il jugé qu’il lui manquait de respect pour tout ce qu’il avait accompli pour le sport en Russie. Cela dit, je suis convaincu qu’«Ovi» regrette son geste. Ce n’était pas nécessaire. Reste à voir maintenant, à long terme, les effets qu’auront cette bagarre sur la série entre les «Caps» et les Hurricanes.

Sakic et les Nordiques

Joe Sakic doit bien dormir. Son équipe joue très bien en séries jusqu’à maintenant et elle est majoritairement constituée de jeunes joueurs. Le défenseur Cale Makar vient de s’ajouter au groupe et est fort prometteur. Pas de doute que quand Sakic regarde sa formation, il doit voir des similitudes avec les Nordiques du milieu des années 1990.

Au moment où il était le seul joueur autour duquel bâtir, l’équipe avait ajouté les Owen Nolan, Mats Sundin et Peter Forsberg pour en faire l’équipe d’avenir dans la LNH. C’est exactement ce que fait Sakic en ce moment et il compte sur Nathan MacKinnon pour être son joueur de concession. D’ailleurs, le joueur de centre de l’Avalanche est, selon moi, celui qui se rapproche le plus de Connor McDavid. D’ailleurs, je rêve déjà de voir McDavid, MacKinnon et Taylor Hall au sein d’un même trio aux Olympiques...

Bonne situation pour Vigneault

Alain Vigneault va avoir du plaisir à Philadelphie. Il sera davantage sous les feux de la rampe qu’il ne pouvait l’être à New York, où la majorité de la couverture médiatique est accordée aux Yankees, aux Mets ou aux Giants.

Ce sera assurément un peu plus personnel que ce l’avait été dans la Grosse Pomme. Il se retrouve non seulement dans un bon marché de hockey, mais aussi avec une équipe qui s’améliore. Je ne serais pas surpris que les Flyers tentent un coup d’éclat cet été. Historiquement, cette équipe a toujours dépensé jusqu’au plafond salarial. Alors je m’attends à ce que ce soit de nouveau le cas.