Crédit : AFP

Séries LNH 2019

Max Pacioretty lance une flèche au CH

Publié | Mis à jour

À la vue des journalistes québécois venus à sa rencontre dans le vestiaire des Golden Knights, la poignée de main est franche. Le sourire imprégné sur le visage de Max Pacioretty tranche avec l’air renfrogné qu’il arborait trop souvent à Montréal.

Le cœur léger après une franche discussion dans laquelle il s’est permis quelques pointes bien senties, mais polies à l’endroit de son ancienne équipe, il prend la pose et s’extasie : «Comment ne pas aimer la vie ici?»

Oui, tout baigne dans l’huile pour Pacioretty. Les Golden Knights mènent leur série 2-1 contre les Sharks. Il a jusqu’ici récolté six points. Les exploits de l’équipe résonnent dans une communauté qui vibre toujours pour sa nouvelle flamme, sans pour autant que les faits et gestes des joueurs soient scrutés à la loupe.

Le site d’entraînement de l’équipe est plein à craquer de partisans par un beau lundi matin... pour une pratique optionnelle ! Et en prime, les 27 °C qui règnent à l’extérieur lui permettent de partir sandales au pied.

Oui, la vie est belle pour Pacioretty, mais d’abord et avant tout parce que c’est dans cet environnement, aux antipodes de la bouillonnante marmite de hockey qu’est Montréal, qu’il a trouvé patin à son pied.

Atmosphère positive

Celui qui a troqué le rôle de capitaine et visage de l’une des organisations sportives les plus épiées au monde se plaît à titre d’attaquant se fondant parmi les autres. Jamais auparavant il n’a semblé si détendu.

«Vous avez raison et c’est agréable», répond-il devant ce constat.

«C’est justement la façon dont cette organisation travaille avec ses joueurs. Tout est mis en place pour qu’on se concentre seulement à sauter sur la glace pour produire. C’est une organisation qui, depuis le début, se range derrière ses joueurs.

«C’est ce qu’on recherche en fin de compte. Tu veux sentir la confiance de la direction, de tes entraîneurs et de tes coéquipiers. C’est de cette façon que l’équipe fonctionne et c’est plaisant d’en faire partie», a-t-il affirmé.

Poli dans le ton et axant son message sur l’attitude positive chez les Golden Knights plutôt que sur les relations tendues au cours de sa dernière année avec le Canadien, Pacioretty ne cherche toutefois pas à camoufler ses états d’âme bien loin.

Flèche au CH

Pourtant, tout n’a pas été toujours rose comme les flamants depuis son arrivée à Las Vegas. Il suffit de songer à sa séquence initiale de deux buts en 15 matchs en début de campagne. Ou à sa récolte de 22 buts et 40 points au terme d’une autre saison en dents de scie. Mais à l’interne, Pacioretty n’a jamais cessé de ressentir les appuis, même les plus importants.

«Quand tu es dans une mauvaise passe ou que tu perds quelques matchs, ici, le directeur général (George McPhee) est le premier à descendre dans le vestiaire pour te donner une tape dans le dos», confie-t-il, lançant du même coup une flèche très peu subtile à Marc Bergevin.

L’environnement plus léger de Las Vegas où le hockey n’est pas une obsession quotidienne a aussi contribué à redonner meilleure humeur au numéro 67.

«On n’a pas besoin de l’opinion publique pour savoir comment on joue. Dans ce vestiaire, on sait très bien quand on joue bien ou moins bien et on sait que les entraîneurs vont nous traiter de la même manière. La direction est honnête et communique avec toi de la même façon. C’est un groupe très honnête aussi dans le vestiaire. On peut être dur les uns envers les autres quand les choses se passent moins bien, mais il n’y a rien de personnel et c’est ce qui rend ce groupe spécial», ajoute-t-il.

Attentes différentes

Si Pacioretty admet se sentir plus vivant, c’est sans doute aussi parce qu’il ne ressent plus l’urgence de devoir tirer le train. Le rôle de passager lui sied davantage que celui de capitaine à Montréal, où il devait composer avec «des distractions hors glace», comme il s’est limité à mentionner. Et pour lui, tout semble passer par le message de celui qui est en contrôle de la locomotive.

«La direction a confiance en chacun de nous, sachant qu’on prendra les bonnes décisions pour être bien préparés. Quand tu places cette confiance entre les mains des joueurs, ça fait du chemin. Nous en voyons les résultats», plaide-t-il.

Pacioretty n’a donc rien à redire sur Montréal. Il suffit toutefois de lire entre les lignes pour constater que c’est davantage sa relation avec la direction du Canadien qui est fracturée.

Un trio infernal avec Stastny et Stone

Dans le monde du hockey, la commande d’établir un véritable premier trio dominant s’avère souvent colossale. Avec l’émergence commune de Max Pacioretty, Paul Stastny et Mark Stone, les Golden Knights sont en train de miser sur deux premiers trios.

Les trois compagnons ont jusqu’ici inscrit 10 des 13 buts pour Vegas en séries. Ils totalisent pas moins de 22 points. Si la ligne de Jonathan Marchessault, William Karlsson et Reilly Smith est étiquetée comme la première, celle de Pacioretty, Stastny et Stone produit davantage.

Dimanche, Stastny et Stone sont devenus les premiers coéquipiers à accumuler chacun cinq points dans un match de séries depuis Todd Bertuzzi et Johan Franzen avec les Red Wings, en 2010. Avant cela, il faut remonter à 1990, quand Wayne Gretzky, Tomas Sandstrom et Tony Granato avaient fait le même coup fumant avec les Kings.

Chimie récente

Même s’il adorait évoluer en compagnie de David Desharnais dans ses années les plus heureuses à Montréal, Pacioretty n’a pas caché qu’il œuvre actuellement sur son trio le plus complet en carrière.

«Notre trio roule vraiment bien. Je crois que Stone est l’un des meilleurs joueurs de la ligue. Stastny, tout le monde voudrait jouer avec lui. Ce n’est pas toujours pour les points, mais parce que ces deux gars te rendent la vie plus aisée», a-t-il souligné.

Pourtant, les trois attaquants ont été réunis sur le tard. Pacioretty et Stastny ont chacun raté de longues séquences durant la saison en raison de blessures. Stone a pour sa part disputé son premier match avec les Golden Knights le 26 février, après avoir été échangé par les Sénateurs.

«Parfois, quand tu n’as pas vraiment le temps de réfléchir à tout ce qui se passe sur la glace, tu y vas et tu réagis. C’est un peu de cette manière que nous nous sommes sentis au départ quand Stone est arrivé.

«Dès le jour 1, Stone a fait partie du groupe. Les gars dans ce vestiaire s’entraident beaucoup. Il y a beaucoup de leadership dans l’organisation et le personnel d’entraîneurs. Tout le monde communique à tous les jours avec les joueurs et cette transparence nous permet de nous sentir les bienvenus en partant. Ç’a été comme ça pour Paul, moi et Stone», a renchéri Pacioretty.

L’apport de Carrier salué

Chez les Golden Knights, les deux joueurs québécois qui font le plus la manchette autant au Québec qu’à Las Vegas sont assurément Marc-André Fleury et Jonathan Marchessault. Ce serait toutefois un affront d’oublier la solide contribution de William Carrier.

Dans le match face aux Sharks, dimanche, le Montréalais de 24 ans qui complète le quatrième trio en compagnie de Ryan Reaves et Pierre-Édouard Bellemare a pris un malin plaisir à frapper tout ce qui bouge.

Les 11 mises en échec créditées à sa fiche en sont la preuve et ses coups d’épaule percutants sur un échec avant soutenu en fond de territoire offensif ont refroidi les ardeurs des Sharks et énergisé à souhait le T-Mobile Arena.

«Il connaît parfaitement son rôle et il aime ce qu’il fait. Il pratique un bon échec avant sans écoper de punition. Quand il ne joue pas, il nous manque vraiment. Il joue souvent des matchs comme celui qu’il a joué hier soir (dimanche). On sait qu’il va contribuer à ce que de bonnes choses se produisent en donnant constamment son 200 %», a louangé le pilote Gerard Gallant.

Modestie

Ce dernier a même mentionné dans son point de presse d’après-match que sa quatrième ligne avait joué un rôle aussi important que celle de Stastny.

«Il en met peut-être un peu!» a modestement souri Carrier, qui se tient loin des éloges. «Mais on aime notre rôle, on aime la façon dont on joue ensemble. On essaie de se tenir aussi loin que possible de notre zone. On ne veut pas jouer là, surtout avec l’offensive sur laquelle on mise», a-t-il spécifié.