Golf

Woods: un des plus improbables retours de l'histoire

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Tiger Woods a retrouvé dimanche, à 43 ans, sa place au sommet. Il a signé, en remportant le prestigieux Tournoi des Maîtres à Augusta, l'un des plus improbables retours de l'histoire du sport.

Comme souvent dans sa carrière, et même dans sa vie, Woods n'a pas fait les choses à moitié.

Il a mis fin à une disette de onze ans en Grand Chelem grâce à une série de coups incroyables et à son mental d'acier. Comme à ses plus belles heures.

À son palmarès quasiment sans équivalent figurent désormais 15 titres du Grand Chelem, soit trois de moins que son mentor Jack Nicklaus, et 81 titres de la PGA, à une longueur du record de son compatriote Sam Snead.

Il y a seulement seize mois, un tel scénario semblait impossible, même pour les plus enthousiastes de ses supporters. Et peut-être même pour le principal intéressé.

Quand il revient sur les verts en janvier 2018, après plusieurs tentatives ratées et quatre opérations au dos, dont une arthrodèse, une douloureuse fusion de vertèbres, celui qui est considéré comme le plus grand golfeur de l'histoire est dans le flou.

«J'avais tellement d'appréhension au moment de frapper la balle et de tout donner. Mes médecins m'avaient pourtant dit que tout était correct, mais il a fallu que je retrouve confiance, cela a pris du temps car je ne voulais plus me blesser, je ne voulais plus ressentir ces douleurs», avait-il expliqué en 2018.

Intérêt hors-norme

Il va pourtant rapidement retrouver ses marques, en terminant notamment deuxième au Championnat Valspar en mars 2018.

Il redevient le «Tigre» l'été dernier en prenant la tête de l’Omnium britannique, avant de terminer 6e, puis en échouant à deux coups de son compatriote Brooks Koepka au Championnat de la PGA en août.

En septembre, il s'offre sa première victoire sur le circuit de la PGA depuis cinq ans en remportant le Championnat du Tour.

Un exploit de plus pour Woods, un sportif décidément à part.

Il est celui qui a fait prendre au golf une nouvelle dimension. L'un de ces très rares sportifs, à l'image de Roger Federer au tennis, qui incarnent à eux seuls leur discipline, avec une aura dépassant le cadre du golf.

Quand il débarque sur la planète golf au milieu des années 90, il suscite dès le début un intérêt hors-norme. Jeune, métissé (né d'un père noir et d'une mère asiatique), il dépoussière son sport.

Son jeu, plus agressif, son approche physique d'une discipline encore réticente aux salles de musculation, sa fougue qu'il n'hésite pas à exprimer... Un cocktail qui d'emblée électrise et fascine. Et surtout, il gagne, vite et beaucoup.

Traversée du désert

Entre 1996 et 2008, il domine outrageusement son sport, empoche 14 titres du Grand Chelem et fait passer le golf sur une autre planète. La sienne.

Puis la machine s'enraye. En 2009, la révélation de ses nombreuses liaisons désarçonne celui que l'on croyait à l'époque inébranlable. Il se sépare de sa femme, la Suédoise Elin Nordegren, avec qui il a eu deux enfants.

Contraint par ses commanditaires de faire des excuses publiques, son image s'effrite sérieusement. Sa carrière connaît un premier coup d'arrêt. Il chute mais ne renonce pas. Il va mettre quatre ans à retrouver le fauteuil de numéro un mondial et, en 2013, parvient à redevenir le sportif le mieux payé au monde selon le magazine économique Forbes, qui estime à 1,5 milliard de dollars le total de ses gains depuis ses débuts professionnels en 1996.

C'est alors son corps qui l'abandonne. Touché au dos, il est opéré une première fois en 2014, mais son élan en souffre, son mental vacille et son niveau inquiète.

Il réalimente de nouveau la rubrique des faits divers en se faisant arrêter, endormi au volant de sa voiture, sous l'emprise d'un cocktail de médicaments et d'antidépresseurs un soir de mai 2017 en Floride.

Mais Woods a fini par se relever et a balayé les doutes un après-midi d'avril 2019 à Augusta, 22 ans après son premier succès sur ce même parcours.