F1

«Williams n’est plus une équipe de course»

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La F1, dirigée par l’entreprise américaine Liberty Media depuis un peu plus de deux ans, entend mettre l’avant de nouvelles initiatives dès la saison 2021 pour, dit-on, relancer la discipline-reine du sport automobile.

L’imposition du plafond budgétaire et un meilleur partage des revenus sont au cœur de cette démarche qui ne fait certes pas l’unanimité auprès des écuries les mieux nanties, dont Ferrari, et d’un bon nombre d’observateurs avertis.

Jacques Villeneuve, reconnu pour son franc-parler, fait partie de ce groupe d’analystes en profond désaccord avec ces mesures qui vont, affirme-t-il, à l’encontre de la nature même du sport.

«La F1 est censée représenter la démesure totale, dit le champion du monde en 1997. Elle a été bâtie ainsi, mais ce n’est plus le cas actuellement», a indiqué le champion du monde 1997 rencontré en Espagne, où il a participé en fin de semaine aux deux premières manches du Championnat Euro NASCAR dont il est engagé à temps plein.

«Aujourd’hui, c’est une course à... l’économie, enchaîne-t-il. On limite l’utilisation à trois moteurs par saison, après quoi, si ce quota est dépassé, les équipes sont pénalisées. Ce n’est pas ça la F1.»

«Si on exige une restriction budgétaire fixée à, disons, 100 millions (US) par année, qu’est-ce qui va arriver s’interroge-t-il ? Mercedes, pour une, va certainement dépenser les 100 millions, mais des écuries de milieu de peloton, comme Haas, Alfa Romeo et les autres, vont consacrer que le cinquième de cette somme pour rester cinquième ou sixième.

«Ça ne va pas aider la F1, enchaîne-t-il. C’est une connerie, si vous voulez mon avis. Je vais vous dire ce qui risque d’arriver : les plus petites organisations vont davantage se mettre de l’argent dans les poches.»

Des profits de 16 millions

Villeneuve est le dernier pilote à avoir procuré un titre à Williams, il y a 22 ans. Jadis une des puissances du plateau, l’écurie britannique est maintenant considérée comme la risée en F1.

«Ses dirigeants paient pour les mauvaises décisions prises au cours des récentes années», avance Villeneuve, qui a célébré ses 48 ans mardi dernier.

«Williams n’est plus une équipe de course, indique-t-il. C’est une entité publique qui doit rendre des comptes en fin d’année. Tout ce qu’on fait, c’est de satisfaire son président et directeur général. Or, la compagnie a fait 16 millions (US) de profit en 2018. Donc elle va bien.

«Si l’entreprise a fait autant d’argent, c’est qu’elle n’en pas suffisamment consacré dans son équipe de course. Le président ne veut pas gagner en F1, il veut juste s’assurer de faire le plus de gains possible pour les investisseurs. C’est tout ce qui importe...»

Ferrari au sommet

Certaines sources ont fait savoir, le plafond salarial envisagé par les dirigeants de la F1 serait de 150 millions de dollars américains par année.

Actuellement, selon le site Racefans.net, qui, à chaque année, effectue une étude étoffée sur les coûts d’opération de toutes les équipes de F1, Ferrari trône au sommet en 2019 avec un budget estimé à 408 millions de dollars américains, contre 398 M$ pour Mercedes et 308 M$ pour Red Bull.

Ce qui n’est pas une surprise car ce sont les seules équipes à avoir remporté des victoires depuis 2014. En additionnant la somme de leur investissement respectif l’an dernier, elles surpassent le budget des sept autres équipes réunies.