Golf

Tiger Woods de nouveau maître à Augusta

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«Tiger, Tiger, Tiger, Tiger», son nom scandé par des milliers de «patrons» résonnait aux quatre coins de l’Augusta National après qu’il eut calé son dernier roulé sur le 18e vert.

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Tiger Woods passait à l’histoire après l’une des plus grandes performances sportives. Bras au ciel en rugissant, l’athlète de 43 ans a décroché une 15e conquête majeure et il a enfilé un cinquième veston vert au Tournoi des Maîtres.

Le Tigre a conclu tout en beauté l’une des plus excitantes éditions du Masters depuis 1934. Une ronde s’inscrivant parmi les plus grandes du sport.

Moins de deux ans après sa quatrième chirurgie au dos, qui aurait pu mettre un terme à sa glorieuse carrière le 20 avril 2017, il est revenu dans le cercle des vainqueurs d’un tournoi du Grand chelem. Il y était absent depuis le 16 juin 2008, sa consécration à l’Omnium des États-Unis à Torrey Pines.

Près d’un record

À ce 15e titre majeur, Woods est revenu de l’arrière pour la première fois de sa carrière, lui qui était habitué à disputer la ronde finale comme meneur ou en partageant la tête. Il reluque le recordman de tous les temps, le Golden Bear Jack Nicklaus, qui compte 18 victoires du Grand Chelem et six vestons verts.

Sur le retour, devant un tableau complètement congestionné par de grands noms du golf, il est passé devant les Brooks Koepka, Dustin Johnson, Jason Day, Webb Simpson, Francesco Molinari dans cette lutte impitoyable.

Et il a montré aux jeunes loups, les Xander Schauffele, Tony Finau et Jon Rahm, qu’il a élevés dans sa retentissante victoire de 1997, comment il pouvait gagner sur son terrain de jeu.

À son cadet, Joe LaCava, il a répété avec fierté : «Nous avons réussi. Nous avons réussi.»

Et cette image, celle le voyant empoigner son fils de 10 ans, Charlie, à sa sortie du vert devant sa mère Kultida, a fait craquer les cœurs, même les plus durs. En arrière-plan, on voyait celle de son étreinte avec son père, Earl, en avril 1997.

Le paternel avait à l’époque sauté dans l’avion pour rejoindre son fils à Augusta, lui avait donné une leçon de putting le mercredi soir, alors qu’il ne pouvait pas voyager en raison d’une crise cardiaque. On connaît la suite de ce premier chapitre...

Revenir de loin, très loin

«C’est inimaginable. Ce tournoi revêt une si grande signification pour moi depuis toutes ces années. J’y ai participé comme amateur en 1995, je l’ai gagné en 1997. Et le remporter à nouveau 22 ans plus tard, de cette façon, c’est incroyable», a déclaré Woods dans une conférence de presse prenant des allures de messe du dimanche.

«Mes enfants avaient fait le voyage vers Carnoustie en juillet dernier quand j’étais dans la course pour le titre à l’Omnium britannique, a-t-il rappelé à propos du tournoi auquel il avait finalement terminé au sixième échelon. J’étais en tête sur le retour et je l’ai perdue avec mes quelques erreurs.»

«Ce n’est pas vrai que j’allais les laisser tomber une deuxième fois, a poursuivi le champion avec le sourire. Ils ont pu voir leur père remporter un championnat majeur. J’espère qu’ils ne l’oublieront jamais et qu’ils sont fiers de moi.»

Selon lui, Charlie et Sam commencent à comprendre à quel point ce jeu est important à ses yeux, à quel point il a contribué au sport avant ses déboires.

«Ils ont seulement vu que le golf me causait beaucoup de douleur. Si je tentais de faire un élan, j’étais au sol. J’ai aussi connu des difficultés durant des années. C’est tout ce dont ils se souvenaient», a-t-il raconté alors que ses enfants n’avaient jamais mis les pieds à Augusta avant cette semaine magique.

Long travail

Pour l’emporter une première fois depuis 2005 à Augusta, Woods a peaufiné son jeu depuis six mois. Il a forgé de nouvelles trajectoires afin de pouvoir travailler la balle sur les allées et les verts du « National ». Il a ajouté des outils à son coffre déjà très bien rempli.

Son expérience l’a également aidé. Il fallait que son fer droit coopère. Il a somme toute répondu lors des 54 derniers trous.

Tiger a affiché une moyenne de 1,67 roulé par vert, légèrement plus élevée que la moyenne du plateau. Il a pris le 44e échelon dans cette colonne. À ses quatre victoires précédentes, il n’avait jamais terminé si loin. Depuis les tertres, il s’est bien défendu en terminant au milieu du peloton.

Il s’est surtout démarqué par la précision de ses coups de fer, lui qui a terminé au sommet en présentant un taux de 80,5 % des verts atteints en coups réguliers.

«Revenir ici, offrir une si belle performance alors que tous les petits détails ont cliqué cette semaine, cela signifie tellement pour moi, ma famille, ce tournoi et tous les amateurs. C’est un moment que je n’oublierai jamais. Jamais !»

Comme tous ceux qui l’ont suivi avec passion et émotions en criant sur le terrain comme dans leur salon, dimanche...

Le prochain tournoi majeur, le Championnat de la PGA d’Amérique, sera disputé sur les allées de Bethpage Black à la mi-mai.