Carolina Hurricanes goalie Ward poses with NHL Commissioner Bettman and the Conn Smythe Trophy in Raleigh

Crédit : REUTERS/Mike Blake (UNITED STATES)

Séries LNH 2019

Trophée Conn-Smythe : des surprises au fil des ans

Publié | Mis à jour

L’attribution du trophée Conn-Smythe, remis au joueur par excellence des séries éliminatoires dans la Ligue nationale de hockey (LNH), révèle parfois des surprises. L’une des plus belles preuves : le gardien Martin Brodeur n’a jamais remporté ce titre, malgré trois conquêtes de la coupe Stanley avec les Devils du New Jersey. Lors de certaines années, le choix du récipiendaire est pleinement justifié, mais il concerne un joueur qu’on n’attendait pas nécessairement...

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-1965 – Jean Béliveau

Le légendaire Jean Béliveau fut le premier gagnant du trophée Conn-Smythe, en 1965. S’il méritait bel et bien cet honneur, grâce à une récolte de 16 points, dont huit buts, en 13 matchs éliminatoires, le «Gros Bill» n’avait pas été l’attaquant du Canadien le plus menaçant en saison régulière.

Avant le début des séries, les partisans auraient probablement misé davantage sur Henri Richard, Claude Provost ou même Ralph Backstrom pour remporter le titre individuel. Béliveau, âgé de 33 ans à ce moment-là, s’était levé au bon moment, inscrivant notamment quatre buts gagnants durant ces éliminatoires.

-1967 – Dave Keon

Le Québécois Dave Keon a gagné le titre en 1967 après avoir aidé les Maple Leafs de Toronto à battre le Canadien en finale. Plusieurs croyaient que le Conn-Smythe serait plutôt décerné à Jim Pappin, qui avait inscrit 15 points en 12 matchs des séries.

-1968 – Glenn Hall

En cette année d’expansion dans la LNH, on a cru bon de couronner le gardien des Blues de St. Louis Glenn Hall. Pourtant, le Canadien avait balayé Hall et les Blues en finale de la coupe Stanley. C’est le gardien Lorne «Gump» Worsley qui a dû l’avaler de travers, lui qui avait présenté une fiche de 11-0, une moyenne de buts alloués de 1,88 et un taux d’efficacité de ,930. Les attaquants Yvan Cournoyer, Jacques Lemaire et Jean Béliveau auraient aussi été des choix valables.

Deux ans plus tôt, dans une autre conquête du Tricolore, Worsley avait aussi été rejeté quand on lui avait préféré le gardien finaliste, soit Roger Crozier, des Red Wings de Detroit. Pauvre «Gump»!

-1971 – Ken Dryden

Il est le seul joueur à avoir remporté le trophée Conn-Smythe avant le Calder, remis à la recrue de l’année. Le Canadien avait opté pour Dryden plutôt que Rogatien Vachon devant le filet. Résultat : Dryden avait très bien fait pendant les séries pour aider le club montréalais à gagner la coupe Stanley. Cette année-là, Frank Mahovlich avait été le meilleur pointeur du CH lors des éliminatoires, avec 27 points, dont 14 buts, en 20 parties.

-1976 – Reggie Leach

Difficile de contester le choix de Reggie Leach, des Flyers de Philadelphie, en 1976, malgré cette autre conquête du Canadien. Celui-ci avait récolté un impressionnant total de 19 buts en 16 matchs éliminatoires. N’eut été de Leach, Dryden aurait possiblement gagné le Conn-Smythe pour une deuxième fois.

-1981 – Butch Goring

Le Québécois Mike Bossy s’est repris dès 1982 en étant élu le joueur par excellence des séries, mais on se demande encore comment les décideurs ont pu lui préférer son coéquipier Butch Goring l’année précédente. Goring était certainement utilisé à profusion, mais Bossy avait néanmoins complété les séries de 1981 avec 35 points, dont 17 buts, en 18 matchs. Il avait notamment inscrit neuf filets en supériorité numérique.

-1986 – Patrick Roy

Honneur pleinement mérité, mais peu de gens s’attendaient à ce que le Canadien gagne la coupe Stanley en 1986. La recrue Patrick Roy avait impressionné devant le filet, avec une moyenne de buts alloués de 1,93, pour obtenir le premier de ses trois trophées Conn-Smythe en carrière.

-1987 – Ron Hextall

Il était difficile de faire un choix parmi les champions de la coupe Stanley, soit les Oilers d’Edmonton. Wayne Gretzky, Mark Messier, Glenn Anderson, Jari Kurri et Grant Fhur avaient tous contribué à leur manière. Or, on a réglé le problème en octroyant l’honneur individuel au finaliste Ron Hextall, gardien des Flyers de Philadelphie.

-1990 – Bill Ranford

Malgré d’excellentes séries, la nomination du gardien des Oilers Bill Ranford n’avait pas fait l’unanimité en 1990. Il faut dire que l’attaquant Craig Simpson avait été particulièrement bon dans cette conquête avec 31 points, dont 16 buts, en 22 matchs.

1995 – Claude Lemieux

Reconnu pour ses prouesses en séries éliminatoires, l’attaquant des Devils du New Jersey Claude Lemieux méritait le trophée Conn-Smythe en 1995. Reste que les Devils n’auraient jamais enlevé les grands honneurs sans Brodeur.

-2000 – Scott Stevens

C’est probablement la fois où Brodeur a été victime de la plus grande injustice. Le trophée Conn-Smythe à Scott Stevens? Vraiment? Le gardien québécois avait pourtant complété les séries avec une moyenne de buts alloués de 1,61.

-2003 – Jean-Sébastien Giguère

Le Québécois Jean-Sébastien Giguère est le cinquième et dernier joueur à avoir remporté le trophée Conn-Smythe après une défaite en finale. Le porte-couleurs des Ducks avait été préféré au gardien vainqueur, un certain Brodeur...

-2006 – Cam Ward

La conquête des Hurricanes de la Caroline fut une énorme surprise en 2006. Le jeune gardien Cam Ward, méconnu avant le début des séries, s’était mis en évidence. Pour couronner cet incroyable parcours, il a gagné le trophée Conn-Smythe, étant préféré aux attaquants Eric Staal, Cory Stillman et Rod Brind’Amour.