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Le bulletin des jeunes élèves d’IMFC

Le bulletin des jeunes élèves d’IMFC

Vincent Destouches

Publié 10 avril
Mis à jour 10 avril

Rémi Garde a fait le pari de la rotation, et donc, de la jeunesse. Car, si la moyenne d’âge de l’Impact de Montréal reste parmi les plus élevées de la ligue, l’effectif a été revigoré par l’éclosion et l’arrivée de nombreux jeunes.

Dans la capitale fédérale américaine, il y avait quatre joueurs de moins de 22 ans sur le XI de départ, tous canadiens par ailleurs : Zachary Brault-Guillard, Clément Bayiha, Mathieu Choinière et Shamit Shome – les trois premiers fêtant la première titularisation de leur carrière professionnelle.

Par le passé, ce genre de pari a souvent viré au piège pour IMFC et les joueurs concernés. Qui dit rotation, dit manque de rythme/d’automatismes. Et qui dit jeune, dit tendre.

En ce sens, outre le très bon point acquis sur le terrain du rival qu’est DC United, la performance des « jeunots » est réjouissante. Athlétiques, dynamiques et culottés, ils ont dépoussiéré toutes les conventions. Leur volontarisme a même apporté plus de mobilité et de fluidité à l’Impact que n’ont su le faire leurs aînés récemment.

Individuellement et collectivement, l’Impact ressort gagnant à plus d’un titre de son périple à Washington. Non seulement son bilan comptable est avantageux après six matchs sur la route, mais le Bleu-Blanc-Noir rentre à la maison en confiance, après avoir resserré les boulons défensivement et blanchi deux adversaires directs.

Plus important encore pour le long terme : un groupe est peut-être né. Quand il se retournera sur son banc, en cours de match, Rémi Garde verra samedi des jeunes joueurs qu’il sait maintenant prêts à apporter leur pierre à l’édifice.

Une fois n’est pas coutume, voici une petite évaluation de la copie des joueurs qui constituent habituellement la profondeur de l’équipe :

Brault-Guillard : 7
Pour une première, c’est réussi. On pourrait avoir tendance à l’oublier tellement il a paru confiant, mais «ZBG» n’avait jamais connu de titularisation avec un club professionnel. Il lui a fallu quelques minutes pour s’ajuster, mais il a ensuite su se montrer agressif et mordant. Il a apporté vitesse et vivacité sur le flanc droit, signant même avec aplomb la meilleure occasion montréalaise du match. Défensivement, il a remporté son duel face à Arriola, mais a davantage souffert après l’entrée en jeu de Rodriguez.

Shome : 5
Sa force, c’est son sens tactique. Il lit bien le jeu, est rarement pris hors de position et offre une bonne couverture à ses coéquipiers. Cependant, Shome est parfois trop tendre dans les duels, et ne donne pas assez d’options viables vers l’avant à la relance. À son crédit : sa passe dans l’intervalle pour Okwonkwo, en fin de match, aurait mérité un meilleur sort. Dans le registre d’Azira, il a offert une performance honorable, mais n’en a pas montré assez pour prétendre ravir le poste de son aîné.

Bayiha : 5,5
Nerveux, il a mis du temps à rentrer dans le match. Il est montré en puissance tout au long de la première mi-temps, mais c’est au retour des vestiaires qu’il s’est vraiment décomplexé. Constamment disponible offensivement, et très volontaire défensivement, il a marqué des points, faisant admirer à quelques reprises sa belle pointe de vitesse. Assigné au marquage d’Acosta en fin de match, il a tenu bon, gagnant les deux duels qui l’ont opposé au meneur de jeu argentin.

Choinière : 6
Très influent dans le jeu, avant de marquer le pas en deuxième mi-temps, lui qui se remet tout juste d’une blessure. À l’aise balle au pied, il n’a toutefois pas su faire la différence en un contre un dans le dernier tiers. En fait, il s’est surtout distingué par son implication physique de tous les instants. Sa qualité technique, son volume de jeu et ses replis défensifs font de lui une solution intéressante sur l’aile... mais feraient encore plus de bien dans l’entrejeu.

Jackson : 5
Ce n’était pas un match d’attaquant, et le Bombardier de Limoilou en a souffert, illustrant s’il le fallait encore la difficulté de la tâche d’avant-centre d’un Impact peu inspiré sans Piatti. Peu de bons ballons à exploiter pour Jackson, qui a tout de même armé trois tirs (Urruti a cinq tirs en cinq matchs à son actif). Il s’est retrouvé constamment au duel, notamment dans les airs, où il s’en est assez bien sorti (40% de ses 15 duels aériens remportés). Mais face à une défense imposante, il n’a pas beaucoup pesé ou su tenir le ballon d’une position haute.