SPO-CANADIENS-LNH-JTS

Crédit : Joël Lemay / Agence QMI

Canadiens

Une utopie

Une utopie

Renaud Lavoie

Publié 09 avril
Mis à jour 09 avril

Au moins quatre questions ont été posées dans le point de presse de Marc Bergevin sur la possibilité qu’une offre hostile («offer sheet») soit faite à un joueur autonome AVEC compensation.

Je dois avouer que je suis surpris. Pas que mes collègues aient décidés d’aborder le dossier, mais plutôt parce qu’on a senti que c’était peut-être la seule façon pour les Canadiens de s’améliorer rapidement. Ce n’est pas faux, mais c’est aussi une décision qui est très lourde de conséquences.

Se mettre tout le monde à dos

D’abord, soyons honnêtes : il n’y a que deux joueurs autonomes avec compensation, présentement, qui pourraient recevoir une offre d’une autre formation en juillet s’ils n’ont toujours pas de contrat.

Le premier qui me vient en tête est Patrik Laine, des Jets, et le second est Mitch Marner, des Maple Leafs. On pourrait aussi ajouter Brayden Point, du Lightning. Mais même si on parle d’un excellent joueur de hockey, peut-on le placer dans la même catégorie que les deux premiers ? On pourrait en débattre longtemps.

À lire: Bergevin nourrit l'espoir

Pour sortir un de ces joueurs de leur équipe respective, le prix à payer est énorme.

Si on accorde un contrat qui donne un salaire moyen entre 8,118M$ et 10,148M$, il faudra donner deux choix de première ronde, un choix de deuxième ronde et un choix de troisième ronde à la formation qui décide de ne pas égaler l’offre.

Si le salaire moyen est au dessus de 10,148M$, on parle de quatre choix de première ronde.

Pas de collusion

Je ne pense pas que le commissaire de la LNH, Gary Bettman a suggéré aux directeurs généraux de ne pas utiliser cet outil. Mais il y a une loi non écrite qui existe entre les DG.

Paul Holmgren a avoué qu’il s’est mis bien des gens à dos lorsqu’il a fait une offre hostile à Shea Weber, en juillet 2012, alors qu’il évoluait avec les Predators. L’offre de 14 ans pour 100 millions de dollars était du jamais vu. Et contre toute attente, les Predators ont décidé d’égaler l’offre.

Le directeur général des Flyers a subi deux revers à ce moment. Le premier, il n’a pas mis la main sur un des meilleurs défenseurs de la LNH. Le deuxième, ses homologues ont décidé qu’ils ne faisaient plus affaire avec lui. Deux ans plus tard, il remettait sa démission pour le bien des Flyers parce qu’ils ne pouvaient plus transiger pour améliorer son équipe.

C’est ça le CODE des dirigeants de la LNH. Est-ce qu’il faut transgresser le code pour un trip de quelques jours ? Vous connaissez la réponse autant que moi.