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Crédit : AFP

Golf

Corey Conners, la nouvelle sensation canadienne

Publié | Mis à jour

AUGUSTA - Une première victoire sur le circuit de la PGA, et non la moindre... Celle lui offrant le dernier billet pour le Tournoi des Maîtres. Corey Conners ne pouvait trouver meilleure façon de forger sa réputation.

L’Ontarien est débarqué à Augusta tard dimanche soir, quelques heures seulement après avoir enfilé des bottes de cowboys et soulevé le trophée de l’Omnium du Texas, à San Antonio.

Le golfeur de 27 ans est passé par toute la gamme des émotions depuis ce moment le plus glorifiant de sa jeune carrière. Encore mardi après-midi, alors qu’il a livré sa première conférence de presse depuis sa victoire, il flottait sur un nuage et peinait à croire qu’il participe au Tournoi des Maîtres une deuxième fois.

Il avait gagné son laissez-passer au Texas en l’emportant en prolongation dans une égalité à six golfeurs. En misant le tout pour le tout en frappant son bois d’allée du tertre, alors que ses rivaux avaient opté pour un fer, il les a coiffés à la ligne d’arrivée.

Il en est résulté une folle semaine qui lui a permis de devenir le premier golfeur issu de la qualification à remporter un tournoi du circuit de la PGA en neuf ans. C’était également sa toute première victoire chez les pros pour celui qui a évolué sur les circuits satellites du PGA Tour depuis 2014.

Montagnes russes d’émotions

«J’avais pris confiance avec de bons résultats avant le tournoi au Texas. J’ai gardé ma même agressivité en tournoi que j’avais lors de la qualification. Je n’en reviens toujours pas d’être ici. J’étais excité de regarder la couverture du Masters à la télévision à la maison, durant une semaine de congé, et voilà que je vais planter ma balle au Masters. Ça ne peut être plus excitant. Je ne le réalise pas encore», a raconté le sourire fendu jusqu’aux oreilles celui qui est resté tranquille lundi pour absorber le flot d’émotions.

Privilégié par les organisateurs texans, Conners est débarqué en Géorgie en jet privé. Sa femme, Malory, et son gérant ont réussi à trouver une maison où séjourner, ce qui n’est pas une mince affaire dans la région d’Augusta durant cette semaine. Évidemment, il n’avait prévu aucune fringue. Son commanditaire lui en a expédié!

«Je ne m’en suis pas trop préoccupé. Mon équipe a tout fait le travail. Mais lundi soir, nous sommes allés magasiner pour acheter des chandails et des pantalons propres pour aller dîner, a-t-il relaté en levant son chapeau à sa conjointe. Ma famille sera en ville. Nous leur avons aussi trouvé des maisons. Tout est en ordre.»

Depuis dimanche, sa femme et lui sont devenus de véritables vedettes. Pendant qu’il cumulait les oiselets sur le parcours en ronde finale, on voyait les réactions amusantes de Malory, un verre à la main.

«Elle est ma plus grande admiratrice. Je suis chanceux de l’avoir à mes côtés. C’est plaisant de la voir sous les projecteurs. Ses réactions étaient incroyables. Au souper, lundi, je ne sais pas qui les gens reconnaissaient en premier quand on nous approchait», a-t-il relaté en blaguant.

Retour au travail

Le golfeur canadien a pu commencer à s’attarder à sa semaine de travail au Augusta National. Mardi, il a visité le champ de pratique en plus de trouver ses repères sur le parcours.

En 2015, il avait participé au prestigieux tournoi à titre d’amateur. Il avait joué 80 (+8) en ronde initiale et avait rebondi avec un second score de 69 (-3). Il n’avait évidemment pas évité le couperet.

«C’était un rêve devenu réalité de jouer ce tournoi. J’avais pu profiter des conseils de Mike Weir, qui m’en avait beaucoup appris lors des rondes d’entraînement. C’est difficile de tout oublier tellement c’était des moments spéciaux.»

Ne pas se casser le bicycle

Sans être en mesure de saisir toutes les subtilités du parcours en raison du manque de temps de préparation, il a signalé vouloir garder les choses simples.

«Il ne faut pas tenter de trop en faire et forcer les coups. Il faut savoir jouer avec prudence. Mais je veux rester agressif. Ç’a fonctionné la semaine dernière. C’est un parcours différent, mais l’objectif reste le même, il faut mettre la balle dans le trou le plus vite possible», a expliqué celui qui souhaite un top 10.

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DANS LE CALEPIN...

- Il faut prier et être chanceux pour mettre le grappin sur un billet donnant accès au Augusta National à l’une ou l’autre des journées de la semaine. Au fil des ans depuis 1934, le prix des billets a évidemment augmenté, mais il reste tout de même abordable pour une semaine inoubliable. Ainsi, selon le quotidien Augusta Chronicle, l’une des plus anciennes publications aux États-Unis, le prix fixé pour une badge des quatre rondes en 2019 s’élève à 375 $, soit 93,75 $ par jour. En 2009, cette badge valait 200 $, et en 1978, 40 $. En 1934, il en coûtait 5,50 $.

- Il manque un réputé membre de la presse cette semaine. Décédé à l’âge de 90 ans le 7 mars dernier, le légendaire journaliste américain Dan Jenkins aurait couvert un 69e Tournoi des Maîtres de suite. En 2016, il avait gentiment accordé une entrevue au «Journal de Montréal». Ce rare oiseau qui livrait ses éclairs de génie, ses observations et ses commentaires aussi songés que teintés d’humour, sera sûrement perché à l’un des pins du Amen Corner à épier les golfeurs.

- Le vainqueur de l’édition 2018, Patrick Reed, a concocté un menu texan au souper des Champions du «Masters Club», qui avait lieu Mardi soir. Le gueuleton débutait avec une salade César ou un quartier de laitue. Le plat de résistance, un bifteck de côtes avec os faisant honneur aux cowboys du Texas était servi avec macaroni au fromage, épinards à la crème, crème de maïs brûlée et brocolis à la vapeur. Au dessert, les champions finissaient de s’empiffrer avec tiramisu, crème brûlée à la vanille et gâteau au fromage au chocolat praliné.

- Le Britannique Justin Rose a retrouvé son cadet de longue date Mark «Fooch» Fulcher, qui était sur les lignes de côté depuis janvier en raison d’une chirurgie cardiaque. Celui qui a terminé au second rang en 2015 et 2017 aura surtout besoin de son fidèle compagnon lors des rondes finales, lorsque la situation sera plus corsée, a-t-il signalé.

- Pas le début de semaine souhaité pour les amateurs de golf qui espéraient profiter de belles journées sur le Augusta National. Des orages ont forcé l’évacuation du parcours lundi et mardi. En début d’après-midi, mardi, quand le soleil est apparu après la pluie et les éclairs, les «patrons» ont pu suivre leurs préférés et les voir à l’entraînement. Le parcours était bondé!