Lightning c. Canadiens

Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Canadiens

Troisième exclusion en quatre ans

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Ainsi, le Canadien ratera les séries éliminatoires pour la troisième fois en quatre ans. Voilà une situation qui ne s’est pas produite souvent dans sa glorieuse histoire.

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En fait, ce n’est arrivé qu’à deux occasions. D’abord, de 1919-1920 à 1921-1922, où le Tricolore avait été exclu du tournoi trois fois de suite. Puis, au tournant du millénaire, il avait vu sa saison se terminer abruptement quatre fois en cinq printemps (1999, 2000, 2001 et 2003).

On parle dans ce deuxième cas de l’une des périodes les plus sombres du Canadien. Celle où on peinait à trouver preneur pour les billets, celle où la situation de l’équipe était si précaire que devant le désintérêt d’investisseurs locaux, la famille Molson avait dû vendre ce fleuron du Québec à un Américain : George Gillett.

Il n’y a pas qu’au deuxième étage et dans ses tours à condos ceinturant le Centre Bell que le Canadien est plus en santé qu’à cette époque. Sur la glace et dans son réseau de filiales également.

Rappelons que, en l’emportant demain soir, le Canadien pourrait rejoindre les Bruins de 2014-2015 et les Panthers de 2017-2018 au sommet des équipes les mieux classées ayant été exclues du tournoi printanier.

Dans un calendrier d’au moins 80 matchs, 21 équipes ont récolté 96 points. Le Canadien serait donc la troisième d’entre elles à rater les séries. C’est ce qui s’appelle manquer de chance. À titre comparatif, en 2002-2003, le Tricolore n’avait récolté que 77 points.

Équipe vieillissante

Au cours de cet hiver 2002-2003, 10 joueurs de plus de 30 ans avaient porté l’uniforme de l’équipe, dont les vénérables Doug Gilmour (39 ans) et Randy McKay (35 ans). En plus de ces deux vétérans, quatre autres joueurs en étaient à leur dernière saison et sept autres allaient en disputer une dernière l’année suivante (que ce soit avec le Canadien ou dans un autre uniforme) dans le circuit Bettman.

Avec 71 points, Saku Koivu avait été le meilleur pointeur de l’équipe, suivi de Richard Zednik, seul marqueur de 30 buts, à 50 points. Dans le filet, José Théodore, à 25 ans, avait traîné l’équipe sur ses épaules la saison précédente en route vers les trophées Hart et Vezina.

Au niveau des espoirs, ça ne valait pas cher la livre. Les plus beaux joyaux du moment portaient le nom d’Andrei Markov, Tomas Plekanec, François Beauchemin, Mike Ribeiro et Ron Hainsey. Seulement les deux premiers auront été développés par le Tricolore.

Chris Higgins (2002) et Mike Komisarek (2001) avaient été les deux derniers choix de premier tour de l’équipe.

Un jeune noyau

Cette fois, l’horizon semble beaucoup plus radieux. Mené par les vétérans Carey Price et Shea Weber, deux sommités de leur domaine respectif, le noyau de l’équipe est composé presque uniquement de patineurs de 25 ans et moins (Danault, Lehkonen, Drouin, Domi, Mete). Brendan Gallagher, à 26 ans, est à peine plus vieux.

Jesperi Kotkaniemi a tous les outils pour devenir éventuellement le gros premier centre recherché depuis des lunes. Cette première saison lui aura fait franchir des pas de géant.

Pour les Ryan Poehling, Josh Brook, Nick Suzuki, Cayden Primeau et Alexander Romanov, le temps nous le dira. Mais selon ce qu’on entend un peu partout aux quatre coins de la ligue, le Canadien mise enfin sur une banque d’espoirs digne de ce nom.