Artur Beterbiev

Photo : Artur Beterbiev Crédit : AFP

Boxe

Beterbiev ne veut pas tomber dans le piège

Publié | Mis à jour

Artur Beterbiev affrontera l’Américain Radivoje Kalajdzic pour la deuxième défense de son titre IBF des mi-lourds, le 4 mai en Californie. Pour plusieurs observateurs, c’est un duel inégal sur papier et le champion n’aura aucune difficulté à garder sa ceinture.

Ce n’est pas la première fois qu’un champion est largement favori pour demeurer au sommet de son association. Ce type de combat est dangereux. Pas au niveau des habiletés de Beterbiev (13-0, 13 K.-O.), qui sont indiscutables.

Le plus gros piège se situe entre ses deux oreilles. Celui de pécher par excès de confiance devant un adversaire de calibre inférieur.

«Tu dois toujours demeurer sur la ligne entre ne pas avoir confiance et l’être trop, a expliqué Artur Beterbiev lors d’une généreuse entrevue accordée au Journal de Montréal au cours des derniers jours. Pendant ton camp de huit semaines, tu dois toujours garder le même niveau de confiance jusqu’à ton entrée dans le ring pour le combat.»

«Je ne sais pas comment, mais je réussis à le faire. Je travaille toujours sur cette facette.»

Dans sa vision, Radivoje Kalajdzic (24-1, 17 K.-O.) représente le meilleur adversaire de sa carrière jusqu’à maintenant. Et il se prépare avec sérieux. On a pu le constater lors de notre passage au gymnase Ness Martial.

«On a vu quelques-uns de ses combats. Il est fort, il est grand et il possède une bonne expérience, a mentionné Beterbiev. On se prépare pour un bon duel et toute ma concentration est là-dessus.»

«En étant champion, je sais qu’il n’y aura jamais de combats faciles. C’est moi qui ai la ceinture et je suis la cible. Tu dois toujours bien te préparer lorsque tu es l’homme à battre. Pour m’aider à me motiver, j’oublie que je suis champion et je vis dans le moment présent.»

Prêt pour Kovalev et les autres

Après son affrontement contre Kalajdzic, Beterbiev sera prêt pour des défis encore plus importants. Le premier nom en tête en lice est celui de Sergey Kovalev. Un duel d’unification entre le Tchétchène et le Russe est attendu par les amateurs depuis quelques années. Ça serait du bonbon à regarder.

On pense que ça pourrait avoir lieu à l’automne si les négociations se déroulent bien.

«Je serais intéressé à l’affronter comme tous les autres champions des mi-lourds (Dmitry Bivol et Oleksandr Gvozdyk), a indiqué Beterbiev. Je ne déteste pas Kovalev contrairement à ce que les gens peuvent penser.»

«Je sais que ça peut être bon pour la promotion. Si on finit par s’affronter, il n’y aura pas de guerre verbale entre nous. Ça va se régler dans le ring. Après le combat, on verra qui aura le dernier mot.»

Ses démêlées judiciaires avec son ancienne gérante Anna Reva et son ancien promoteur Yvon Michel pour des motifs contractuels ont retardé la progression de sa carrière. Ces deux dossiers sont maintenant derrière lui et il regarde vers l’avenir.

À 34 ans, le temps commence à presser pour le champion IBF. Il lui reste environ trois ans de boxe de qualité pour réaliser son objectif ultime : remporter les trois autres ceintures dans la division des 175 lb.

S’il évite les embûches, tout est possible. Dans son cas, ce n’est pas une question de talent.