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Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Boxe

Une deuxième chance pour Steven Butler

Une deuxième chance pour Steven Butler

Nancy Audet

Publié 04 avril
Mis à jour 04 avril

Steven Butler garde son téléphone sur lui presque en tout temps. Même à l’entraînement. Il fait partie de cette nouvelle génération branchée 24 heures sur 24. Mais en ce moment, il attend surtout un coup de fil important : celui de son promoteur qui va lui annoncer qu’il va se battre à Las Vegas, le 4 mai prochain, en sous-carte de la grande vedette Saul «Canelo» Alvarez.

Il devait affronter l’expérimenté Tureano Johnson. L’adversaire parfait pour se faire connaître aux États-Unis et pour passer à une autre étape. Mais l’Américain de 36 ans n’a pas passé les examens médicaux. On parle d’un décollement de la rétine. Il fallait donc repartir à zéro et trouver un autre rival pour le Québécois. Le président d’Eye of The Tiger Management, Camille Estephan et Golden Boy Promotions ont fait une offre à un autre pugiliste installé aux États-Unis et ils espèrent en arriver à une entente rapidement.

Le temps presse. Il ne reste que trois semaines de préparation avant de sauter dans l’avion pour la ville du péché. Ce duel, c’est une nouvelle chance pour Butler. Le boxeur de 23 ans ne peut pas se permettre de la bousiller. Tout le monde sait qu’il a beaucoup de talent et un caractère de battant. Mais ses frasques en dehors du ring ont nui à sa réputation auprès des amateurs. Pire encore, elles auraient pu l’empêcher de voyager aux États-Unis et de se faire connaître chez nos voisins.

Plus le droit à l’erreur

Butler vient d’obtenir une absolution conditionnelle à la suite d’une accusation de voies de fait simple. Des événements qui remontent à 2016. Ça lui permettra d’obtenir un visa et de voyager aux États-Unis pour sa carrière. Mais la vérité, c’est qu’il ne peut plus se permettre de commettre des erreurs. Et il le sait. Son sport ne jouit pas d’une bonne réputation. Une raison de plus pour éviter les tribunaux.

Mais force est d’admettre que le jeune homme a pris beaucoup de maturité depuis deux ans. À son arrivée chez les professionnels, il n’avait que 19 ans. Il n’écoutait personne et il avait de très mauvaises fréquentations.

Il a fait un grand ménage. Le Montréalais a évolué en tant que boxeur mais surtout en tant qu’être humain.

«Je viens de très, très loin, m’a-t-il confié. Je suis un petit jeune des ruelles. Un gars qui ne l’a pas eu facile. J’ai fait beaucoup d’erreurs dans ma vie, mais ce n’est pas parce que je me concentre maintenant sur mon présent et mon futur que ça pardonne mon passé. J’essaie de m’améliorer chaque jour pour devenir un meilleur être humain et montrer l’exemple aux jeunes. Oui, tu as fait une erreur, mais regarde, on peut réussir et ce n’est pas la fin.»

Il sera bientôt papa d’un deuxième petit garçon. Il semble clair que l’arrivée de son premier fils l’a transformé et pour le mieux. Mayson, dit-il, est très fier de son papa boxeur.

«Quand je le vois avec ces étoiles-là dans les yeux, je n’enlèverais ça pour rien au monde.»

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Junior Ulysse évite les médias

Le 25 avril prochain, Junior Ulysse va disputer un combat revanche face à Steve Claggett. Il y a un an et demi, le Québécois s’était incliné par décision partagée des juges devant l’Albertain. Une défaite qu’Ulysse a toujours au travers de la gorge et qu’il espère venger.

Leur duel sera la finale d’un gala de la série Thursday Night Fights de Golden Boy Promotions et DAZN présenté au Fantasy Springs Resort Casino d’Indio. La ceinture «Gold» des poids super-légers de la WBA sera à l’enjeu. Une autre belle opportunité pour Ulysse de se faire valoir et de faire un pas de plus vers un combat de championnat du monde.

Nous aurions voulu, bien sûr, lui parler de cette revanche qu’il réclame depuis des mois. Malheureusement, il refuse de parler aux journalistes. Pour une raison obscure, il préfère rester dans sa bulle jusqu’au combat. Il a sûrement de bonnes raisons. Carey Price nous parle la veille d’un match important. Même chose pour la vedette de l’Impact de Montréal Ignacio Piatti. Les médias, à petites doses, ne devraient jamais être considérés comme une source de distraction.

 

Marie-Ève Dicaire : un mal pour un bien

Le 22 mars dernier, j’ai croisé le regard de Marie-Ève Dicaire quelques minutes après qu’elle eut appris que son combat était annulé. Elle était furieuse. Mais cela n’a pas duré longtemps. Cette femme en a vu d’autres. Encore une fois, elle a démontré sa force de caractère en se présentant devant les caméras pour relativiser les choses.

La championne du monde IBF des poids super mi-moyens devait défendre son titre pour la première fois. Son adversaire, Lina Tejada, était aveugle d’un œil. On a vite décidé qu’elle remonterait dans le ring le 13 avril. Donc, trois semaines plus tard. On partait à la chasse pour trouver une autre adversaire.

Et parfois, je dis parfois, la vie fait bien les choses. La très populaire Mikaela Lauren a communiqué avec Stéphane Harnois, l’entraîneur de Dicaire. Elle acceptait de sortir de sa retraite pour venir affronter la Québécoise.

Wow! Tout un revirement de situation.

«Lauren, vous allez voir, c’est un personnage assez coloré, autant avant que pendant le combat, a ajouté Harnois. Elle aime mettre la pression et elle est forte physiquement, mais la vitesse de Marie-Ève va avoir un gros rôle à jouer dans ce combat.»

Une adversaire parfaite pour la Québécoise. Un combat intriguant. Un combat qui mérite que nous remplissions le Casino de Montréal pour encourager la première boxeuse championne du monde de l’histoire de la province.