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La fin du calvaire pour Rafaël Nadal?

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Un soulagement. La saison sur terre arrive et elle devrait signifier la fin du calvaire pour Rafaël Nadal dont la liste des forfaits sur dur s'est encore allongée après Indian Wells, suscitant l'inquiétude de son oncle et ancien entraîneur Toni Nadal.

Si, pour certains, la saison sur terre qui démarre la semaine prochaine peut signifier le début de l'enfer, elle s'apparente paradoxalement à une période de répit pour Nadal, roi incontesté de l'ocre depuis près de quinze ans.

Le circuit mondial est ainsi fait que les surfaces découpent le calendrier. Il dessine tout autant le palmarès de Nadal sur dur depuis près d'un an et demi (1 seul titre à Toronto).

Depuis son titre aux Internationaux des États-Unis en 2017, sur dur donc, l'Espagnol, 32 ans, a accumulé quinze forfaits et deux abandons (Internationaux d'Australie et des États-Unis en 2018) sur cette surface. Certes il a atteint la finale à Melbourne en début de saison, et son palmarès sur dur a de quoi faire saliver nombre de joueurs. Mais son corps ne parvient plus à encaisser les traumatismes liés à cette surface, et flanche régulièrement.

Du coup, l'Espagnol a droit régulièrement à ces questions devenues presque un marronnier: son organisme va-t-il pouvoir continuer à encaisser ? Doit-il zapper la saison sur dur comme l'a fait par exemple ces deux dernières saisons Roger Federer avec la terre battue ?

«Un blessé qui joue au tennis»

Interrogé après son abandon à Indian Wells, la brièveté et le ton de sa réponse n'ont pas vraiment ouvert la porte à une grande marge de manoeuvre: «Je n'envisage pas du tout de ne plus jouer sur dur. Je suis un joueur professionnel et je dois jouer sur toutes les surfaces». Question réglée !

Sauf que les faits sont têtus, comme la liste de ces renoncements ou celle de ses blessures en 2018 (genou, abdominaux, cheville...). Et l'inquiétude sur les répercussions à long terme de ses blessures engendrées par ses matches sur dur bien réelles pour son entourage. Son oncle et ex-entraîneur, Toni Nadal, a souvent pris la parole à ce sujet, tenant des propos parfois même alarmistes sur l'état de santé de son neveu.  

Il a récemment récidivé à Majorque, là où le N.2 mondial se prépare pour la saison sur terre battue qui débutera pour lui à Monte-Carlo dans une dizaine de jours.

«Rafael n'est pas un joueur de tennis, c'est un blessé qui joue au tennis, et c'est très difficile», a-t-il lâché à la presse espagnole. Des mots forts.

«Rafael veut continuer à jouer, malgré ses problèmes physiques. C'est ce qui continuera à être déterminant. Jusqu'à quand ? Qui le sait ? Peut-être deux ou trois ans de plus», a-t-il poursuivi.

Depuis plusieurs années, la question des blessures de +Rafa+ et de son physique revient régulièrement sur le circuit. Après son abandon aux Internationaux des États-Unis de 2018 face à Del Potro, Novak Djokovic avait avancé son explication quant aux pépins physiques de l'Espagnol.

Intensité maximale

«Son jeu se base beaucoup sur le physique, avait analysé le Serbe. «Il court beaucoup et consomme énormément d’énergie dans chaque échange. Ses articulations et son corps en font les frais, ce n’est pas évident». Une usure somme toute assez logique, liée à l'intensité maximale que Rafaël Nadal s'impose.

Le clan de l'Espagnol est tout à fait conscient de l'impérieuse nécessité de ralentir les cadences, d'alléger le calendrier du joueur ainsi que ses entraînements.  Mais les dernières images postées sur les réseaux sociaux de l'entraînement de l'Espagnol ne semblent pas montrer une réelle baisse d'intensité à l'entraînement...

Jusqu'ici, Nadal est quasiment toujours parvenu à traverser la saison sur terre battue en la survolant. Si la terre battue est sans conteste la surface la plus exigeante physiquement, elle traumatise moins les articulations, un revêtement parfait pour Nadal a priori.

Reste que la répétition de ces pépins ne lui laisse pas forcément envisager la même longévité que Federer. «Si je devais répondre là tout de suite, je ne vous dirais probablement pas !», avait-il répondu à Indian Wells. Sauf à envisager de se ménager un peu...