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«J’ai un pincement au cœur» - Cayden Primeau

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Depuis qu’il a signé son contrat avec le Canadien et son arrivée à Laval mercredi, Cayden Primeau goûte à la vie d’un joueur professionnel. Dans son cas, avec le peu temps dont le gardien dispose, on peut parler seulement de quelques bouchées.

L’athlète de 19 ans demeurera à Laval pendant quelques jours avant de retourner à l’Université Northeastern pour passer ses derniers examens de session la semaine prochaine.

Comme prévu, il participera à quelques entraînements avec le Rocket, mais il n’endossera pas l’uniforme pour une des cinq dernières rencontres de la saison régulière.

«C’est incroyable, a souligné Cayden Primeau lors de sa première mêlée de presse en sol montréalais. C’est intéressant de pouvoir évaluer le calibre de la Ligue américaine. Je suis impressionné par les installations du Rocket jusqu’à maintenant.»

«Tout se passe rapidement. C’est sûr que j’ai un pincement au coeur de quitter mon équipe de Northeastern. D’un autre côté, je suis excité l’opportunité qui se présente à moi.»

Le parcours de Primeau est particulier. Il est l’un des rares athlètes à décider de signer un premier contrat chez les pros dès la fin de sa deuxième année dans la NCAA. La majorité des joueurs attendent après leur troisième ou même leur quatrième campagne dans le circuit universitaire américain.

«Je croyais simplement que c’était la bonne décision à prendre, a souligné Primeau. Je sentais aussi que c’était le bon moment. Je vais tenter de m’améliorer au quotidien.»

Son cheminement est similaire à celui d’un joueur de la LHJMQ. Après avoir été repêché par une équipe de la LNH, il n’est pas rare qu’il signe son premier contrat à 19 ans.

La fameuse attitude

Le mot attitude a été à la mode chez le Canadien au cours de la dernière année. Primeau, lui, a prouvé qu’il a une force de caractère qui pourrait le mener très loin sur la patinoire et dans la vie.

Avant le repêchage de 2017 où il a été sélectionné au septième tour par le Tricolore, le fils de l’ancien joueur de la LNH a été victime de paroles négatives de son entraîneur des gardiens dans la USHL. Celui-ci a parlé à quelques recruteurs qui ont décidé de ne pas recommander Primeau à leur formation respective.

Au départ, il était un choix de troisième et quatrième rondes selon les relevés de la LNH. Toutefois, il a glissé jusqu’au 199e rang au total. Une gifle au visage du jeune homme.

«J’espère simplement vont apprendre à me connaître avant de me juger, a expliqué Primeau. C’est pour cette raison que le Canadien a été en mesure de me sélectionner. J’en suis reconnaissant.»

Grosse saison

Avec les Huskies de Northeastern, Primeau a connu une saison de rêve avec une fiche de 25-10-1, une moyenne de 2,09 et un taux d’efficacité de ,933. Il a également réussi quatre jeux blancs.

Cependant, après avoir remporté le tournoi Hockey East avec de solides performances, il a vu sa campagne prendre fin de façon abrupte avec un revers contre Cornell dès le premier tour du tournoi «Frozen Four».

«Ce fut une fin en queue de poisson après une excellente saison, a expliqué Primeau. On pensait qu’on pourrait faire un bout de chemin, mais ce n’est pas arrivé. Malgré tout, on a remporté deux championnats. J’ai bien aimé mes deux années avec cette équipe.»

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Une adaptation imprévisible

Avec ce qu’il a démontré au cours de la dernière année, Cayden Primeau a un potentiel très intéressant aux yeux de tous les observateurs. Cependant, personne n’est capable de chiffrer la période de temps dont le jeune gardien aura besoin pour s’adapter aux rangs professionnels.

«Cayden va avoir une adaptation durant laquelle on va l’encadrer. Notre rôle est de nous adapter à sa réalité, a indiqué l’entraîneur-chef du Rocket de Laval, Joël Bouchard. Il aura aussi sa part de responsabilités comme tous les autres. Si on était capable de dire comment un joueur va s’adapter, on n’aurait pas besoin de repêchage. L’adaptation au prochain niveau est différente pour chaque joueur.»

Son gardien chez le Rocket, Connor Lacouvee, connaît très bien les obstacles que Primeau pourrait rencontrer à ses premiers pas chez les pros. Il a passé quatre années dans la NCAA avant de faire le saut cette saison.

«Il y a une différence de calibre entre la NCAA et la Ligue américaine, a précisé Lacouvee. Quand tu arrives chez les pros, tu dois faire quelques ajustements. Les tirs sont plus puissants et les joueurs dégainent plus rapidement.

«L’autre aspect important, c’est le calendrier qui est plus chargé que dans les rangs universitaires. Tu joues plus de matchs, tu as moins d’entraînements et les voyages sont plus nombreux. »

Lutte féroce à l’horizon

Le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, et celui du Rocket, Larry Carrière, pourraient avoir des décisions difficiles à prendre au prochain camp d’entraînement, alors qu’ils auront quatre jeunes gardiens sous contrat.

Avec le grand club, Antti Niemi, l’adjoint de Carey Price, devient joueur autonome. Ce qui pourrait ouvrir la porte à Charlie Lindgren, qui a un contrat de la LNH pour les deux prochaines campagnes.

On pourrait donc assister à une lutte à trois pour les deux postes à Laval entre Primeau, Michael McNiven et possiblement Lacouvee. Celui-ci a rendu de bons services à la troupe de Joël Bouchard cette saison. Un dossier à suivre.