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Phillip Danault sort encore de l’ombre

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D’aussi loin qu’il se souvienne, Phillip Danault s’est toujours fait un devoir de placer les missions défensives au sommet de ses priorités. Si marquer un but le comble de bonheur, effectuer un jeu défensif pour empêcher l’adversaire de déjouer son gardien lui apporte un grand sentiment de fierté.

«Je devais avoir cinq, six ans [quand j’ai pris conscience de l’importance de bien jouer défensivement]. J’étais le premier à appliquer de la pression en territoire adverse et j’étais le premier à revenir dans ma zone. J’ai toujours voulu le faire», a raconté l’attaquant québécois.

Briller défensivement ne propulse pas un athlète sous les feux de la rampe. À part celle de ses coéquipiers, qui aiment voir un des leurs se sacrifier pour la cause, la reconnaissance est très minime.

Bien sûr, il y a le trophée Selke, remis annuellement au meilleur joueur défensif du circuit Bettman. Mais même s’il affiche les meilleures statistiques de sa carrière, l’attaquant de 26 ans considère qu’il a encore beaucoup de croûtes à manger avant de pouvoir y aspirer.

Cela n’a pas empêché les journalistes affectés à la couverture du Canadien de reconnaître sa contribution aux succès de l’équipe en lui décernant le trophée Jacques-Beauchamp. Ce prix vise à récompenser un joueur ayant eu un rôle déterminant au sein de l’équipe durant la saison régulière, sans toutefois en retirer d’honneur particulier.

Plusieurs sommets

Danault avait récolté le même honneur à la conclusion de la saison 2016-2017. Cette fois, il fut pratiquement un choix unanime, récoltant 31 votes de première place. Andrew Shaw et Jeff Petry en ont récolté quatre chacun.

«[Travailler dans l’ombre] ça a toujours été mon rôle. Même junior. Je ne suis pas celui qui flashe toujours, mais je fais le travail. Je m’applique sur les petits détails, a décrit le lauréat. Ce sont des choses que les gens ne voient pas nécessairement, mais elles font gagner des matchs. J’essaie de faire de mon mieux et je suis très content de gagner ce trophée.»

À sa troisième saison complète dans l’uniforme du Canadien, le Victoriavillois a atteint plusieurs sommets personnels. C’est le cas, entre autres, au chapitre des mentions d’assistance (39), des points (51), du différentiel (+20) et des mises en jeu remportées (833). Il a également bloqué 54 tirs et distribué 89 mises en échec.

«J’ai gravi les échelons, je suis rendu un meilleur joueur et j’ai encore du potentiel à aller chercher.»

Responsabilités accrues

Il s’est même hissé au centre de premier trio, avec Brendan Gallagher et Tomas Tatar à ses côtés. D’ailleurs, c’est le trio qui a subi le moins de modifications cette saison chez le Canadien.

«Cette année, on m’a donné un gros mandat et ce n’est pas fini. J’ai donné le meilleur de moi-même jusqu’à maintenant. Comme je l’ai toujours fait à chaque match. Maintenant, c’est la confiance et l’expérience qui entrent», a-t-il déclaré.

Danault ne pouvait choisir une meilleure saison pour démontrer son utilité à l’état-major de l’équipe.

Avec les Max Domi, Jesperi Kotkaniemi, Ryan Poehling, Nick Suzuki et compagnie, il y aura bien de la congestion au centre. Chacun devra prouver sa valeur et Danault croit bien savoir comment il pourra se démarquer.

«La constance, c’est la plus grande valeur dans la ligue. C’est la même chose pour cette équipe. Je me surpasse chaque soir. C’est ma marque de commerce», a-t-il rappelé, à juste titre.