Crédit : PIerre-Paul Poulin / JdeM

Canadiens de Montréal

Ça ne sent pas les séries

Ça ne sent pas les séries

Michel Bergeron

Publié 30 mars 2019
Mis à jour 30 mars 2019

En s’inclinant contre les Blue Jackets de Columbus mardi soir, les Canadiens ont remis leur destinée entre les mains des autres formations. Et ça, ce n’est jamais bon signe...

Les Blue Jackets ont encore un match en main sur le Tricolore et possèdent l’avantage du bris d’égalité, en raison de leur nombre de victoires en temps réglementaire ou en prolongation. Même chose pour les Hurricanes de la Caroline, qui, en plus d’avoir un match de plus restant à leur calendrier, ont un point d’avance sur Montréal et Columbus.

Et du côté du Tricolore, il reste des affrontements face aux Jets de Winnipeg, au Lightning de Tampa Bay, aux Capitals de Washington et aux Maple Leafs de Toronto. Pas facile, vous dites?

Deux visages

J’ai été fasciné, mardi soir, de constater que le Tricolore présentait deux visages contre les Jackets. En début de match, avouons-le, la troupe de Claude Julien a été impressionnante. Les joueurs étaient structurés, ne donnaient pas d’espace aux Jackets et, en plus, ont inscrit le premier but, celui de Brett Kulak. Après dix minutes, les Jackets n’avaient même pas un tir au filet !

Pourtant, dès que la deuxième a commencé, on a vu une équipe complètement différente, qui jouait davantage sur les talons et qui n’appliquait plus le plan de match qui s’était avéré si efficace au premier tiers.

Puis, en troisième, ce fut l’hécatombe. Le Bleu-Blanc-Rouge était désorganisé, la relance était inefficace, et l’échec-avant, inexistant. Quand Riley Nash a inscrit le but qui faisait 4 à 2 pour Columbus en début de troisième, on a eu l’impression de voir des joueurs des Canadiens pour qui le rêve s’écroulait. Comme si les joueurs savaient que c’était peine perdue.

La question est donc : comment une équipe peut-elle dominer autant un début de match puis s’écrouler par la suite ?

Il y a des choses dans le hockey qui ne s’expliquent pas. Les entraîneurs n’ont pas toujours de réponses à ce genre de situation.

Décisions douteuses

Cela étant dit, il y a une part de responsabilité qui doit revenir à Claude Julien. Vous le savez, je n’aime pas particulièrement critiquer le travail des entraîneurs, puisque je me suis moi-même retrouvé dans la chaise du critiqué.

Par contre, en tant qu’analyste, on se fait poser des questions par les amateurs. Et il y en a certaines auxquelles j’ai du mal à trouver des réponses.

L’une d’entre elles : pourquoi continue-t-on de faire jouer Jesperi Kotkaniemi sur la première vague de l’avantage numérique? Le jeune centre de 18 ans est à plat depuis un certain moment. Il n’a pas d’émotion et il ne crée rien sur la patinoire. Je ne comprends pas pourquoi Julien s’entête à le garder sur la première unité en compagnie de Joel Armia, pendant que Jonathan Drouin végète sur la seconde vague.

Gagner

J’essaie autant comme autant de ne pas évaluer un joueur en me basant sur son âge. On doit oublier que «KK» a 18 ans et qu’il est en apprentissage. Je comprends tout ça.

Par contre, en ce moment, les Canadiens se retrouvent dans une situation où ils doivent gagner.

Certains diront que ce n’est pas la faute des entraîneurs si l’avantage numérique ne fonctionne pas, que ce sont les joueurs qui ne mettent pas le cœur à l’ouvrage.

Peut-être. Mais il reste que, pour marquer en avantage numérique, ça prend des joueurs offensifs.

Et à ce que je sache, Jonathan Drouin l’est plus que Joel Armia.

Bravo aux Hurricanes

Les Hurricanes de la Caroline ont décidé de mettre un terme au fameux «Storm Surge», leur rituel de célébrations suivant leurs victoires à domicile. J’applaudis cette décision et ce n’est pas parce que je n’aimais pas ça, au contraire! J’ai trouvé ça brillant. Par contre, il est très sage de leur part d’y mettre un terme alors qu’ils sont dans la période la plus importante de leur saison. Je pense que le capitaine Justin Williams a eu un grand mot à dire dans tout ça. C’est un vétéran aguerri qui sait ce que ça prend pour gagner. Il a été partie prenante de ce processus et je pense que c’est lui qui a décidé d’y mettre un terme. Il faut maintenant se concentrer à 100 % sur le sprint final et être plus sérieux. Bravo!

Leafs et Bruins

Être un partisan des Maple Leafs de Toronto, je serais inquiet, très inquiet. Leur défensive est tout croche et Mike Babcock est tout croche. Je pense qu’il n’y a que lui en ce moment qui pense qu’il est encore le meilleur entraîneur de la LNH. Il est resté derrière le banc récemment après une défaite. J’imagine qu’il voulait juste que la caméra reste braquée sur lui un peu plus longtemps... De l’autre côté, les Bruins de Boston sont tout feu tout flammes. Les deux formations vont vraisemblablement s’affronter au premier tour et, à l’heure actuelle, je donnerais l’avantage à Boston. Imaginez, une série de deuxième tour entre le Lightning de Tampa Bay et les Bruins. On a l’impression que la Coupe va rester dans l’Est cette année, malgré la présence de plusieurs bonnes formations dans l’Ouest. Pas de doute, les séries seront fort excitantes.

McDavid, encore

Le but que Connor McDavid a inscrit mardi est de la pure magie. Ce gars-là est spectaculaire et les partisans des Oilers sont chanceux de pouvoir apprécier son talent soir après soir. C’est en quelque sorte un baume pour toutes les mauvaises décisions prises par l’organisation. Quand un directeur général digne de ce nom s’occupera sérieusement de cette formation et offrira à McDavid le soutien qu’il mérite, il va terminer au premier rang des pointeurs de la LNH pendant dix ans.