Canadiens

Paul Byron doit demeurer le même

Paul Byron doit demeurer le même

Renaud Lavoie

Publié 28 mars
Mis à jour 28 mars

C'est incroyable le nombre d’articles et d’émissions de radio ou de télévision qui ont parlé du K.-O. passé à Paul Byron, mardi soir.

Après toutes les accusations contre celui qui a donné l’«uppercut», Mackenzie Weegar des Panthers, et les accusations contre Paul Byron d’avoir accepté le combat, il faut comprendre aussi pourquoi l’attaquant des Canadiens a décidé de régler ce dossier une fois pour toutes. Dans les faits, il n’a qu’imité ce que les joueurs reconnus comme des vrais de vrais font depuis toujours dans ce sport. Et c’est exactement de cette façon que Paul Byron veut être reconnu.

Une bataille constante

Ce n’est pas d’hier que Paul Byron tente de faire ses preuves. Il n’a pas été repêché par une équipe de la Ligue junior de l’Ontario à 16 ans et ce sont finalement les Olympiques de Gatineau qui lui ont donné sa chance. Benoit Groulx était son entraîneur et il l’a aidé à réaliser un premier objectif dans sa carrière, soit celui d’être repêché dans la LNH, ce qui s’est produit en 2007, alors que les Sabres de Buffalo l’ont sélectionné au sixième tour. Il devait faire ses preuves pour qu’au moins une équipe le repêche et il a pu dire mission accomplie.

À 5 pi 7 po, 155 livres à l’âge de 18 ans, Paul Byron n’avait pas le profil parfait du hockeyeur. Mais encore là, le jeune joueur originaire d’Ottawa n’avait pas le goût d’arrêter de croire à son rêve, soit celui de jouer dans la LNH. Pour y arriver, il savait qu’il allait devoir encore pendant très longtemps, faire ses preuves.

Un rejet bénéfique

Les Sabres ont décidé d’échanger Byron aux Flames de Calgary, en juin 2011. Si Byron a vite trouvé un allié en Bob Hartley, qui était son entraîneur dès la saison 2012-2013, il n’a pas convaincu le reste des dirigeants des Flames qui le trouvaient trop petit, pas assez «tough» comme on dit dans le langage du hockey. On le place donc au ballottage, en octobre 2015, pour permettre aux Flames de garder un troisième gardien qu’on croyait bon, soit Joni Ortio. En novembre de la même année, Ortio a été placé au ballottage et évidemment, personne ne l’a réclamé. Il évolue aujourd’hui dans la KHL.

Les Canadiens ont donc décidé de réclamer Byron au ballottage et c’est à ce moment que tout est tombé en place. Mais il fallait d’abord, encore une fois, qu’il prouve que Marc Bergevin avait pris la bonne décision.

Après avoir été laissé de côté la plupart du temps à ses premières semaines à Montréal, il a su démontrer que sa vitesse allait être un atout pour sa nouvelle équipe et c’est pourquoi Michel Therrien lui a donné rapidement un rôle en désavantage numérique. Sa vitesse et son intelligence du jeu ont fait en sorte qu’il devenait une force offensive alors que son équipe avait un joueur en moins sur la glace. Les échappées se sont multipliées et Paul Byron avait enfin prouvé qu’il pouvait avoir un rôle important dans une formation.

Lancer un message

À son retour au Saddledome de Calgary, le 30 octobre 2015, Paul Byron a marqué un but et amassé une aide, soit une belle façon de dire que les Flames ont fait une erreur. À son deuxième match à Calgary, le 9 mars 2016, il a jeté les gants pour une deuxième fois dans sa carrière. C’était contre Kris Versteeg et Paul Byron a prouvé à ses anciens patrons qu’il n’était pas le peureux qu’ils prétendaient.

Mais l’objectif de Paul Byron était maintenant de s’établir de façon permanente à Montréal et pour s’assurer que personne ne vienne lui voler son poste, c’est en devenant un marqueur de vingt buts annuellement qu’il a pu devenir un incontournable dans son équipe.

Il a même trouvé une façon de prouver, encore une fois, qu’il pouvait se remettre plus rapidement d’une opération à une épaule que la moyenne des joueurs, alors qu’il a commencé la saison actuelle avec l’équipe, lui qui devait au moins rater un mois d’activités.

Alors quand Paul Byron a décidé de jeter les gants mardi face à MacKenzie Weegar, il l’a fait juste pour prouver encore une fois qu’il n’était pas différent des autres. En frappant illégalement Weegar à la tête en janvier, il savait qu’il allait devoir répondre de ses actes. Il n’a peut-être pas gagné ce combat, mais il reste qu’il a gagné le respect de ses pairs. Maintenant, on peut débattre pendant des heures de sa décision.

Mais dîtes-vous qu’il ne pouvait pas prévoir que ce combat allait se terminer de cette façon. Et si on pense à l’histoire de Paul Byron, celui qui a toujours été forcé de faire ses preuves, j’espère que personne n’est surpris de voir qu’il a décidé de jeter les gants dans un tel contexte. Le contraire aurait été surprenant.