Ski et planche

L'héritage d'Alex Harvey sur son sport

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Un aspect de l’impact que laissera Alex Harvey sur le sport, on l’a perçu dans le visage des centaines d’enfants qui l’attendaient pour le toucher ou lui envoyer la main à la dernière journée de sa carrière.

«Alex nous a tracé un beau chemin. C’est inspirant de voir quelqu’un qui a grandi sur la même rue que moi, qui a été élevé au mont Sainte-Anne tout comme moi et qui a prouvé qu’il pouvait se rendre à ce haut niveau. C’est motivant pour moi et je n’imagine pas à quel point ça doit l’être aussi pour les jeunes qui sont venus ici», partage Frédérique Vézina, qui a terminé 62e à la poursuite de 10 kilomètres chez les dames.

Il y a une autre valeur aux paroles de cette skieuse issue de la Côte-de-Beaupré comme Harvey. Le ski de fond a mobilisé plusieurs familles de cette région ayant défriché ce sport. Son père, Jocelyn Vézina, a longtemps fait partie de l’équipe canadienne de ski de fond. Dans les mêmes sentiers, il y avait aussi Yves Bilodeau et Guido Visser, qui ont participé à des Jeux olympiques, et surtout un certain Pierre Harvey.

«Ce sont surtout les vieux de la vieille qui m’ont inspirée, illustre Frédérique Vézina. Tous ces gars-là se sont rencontrés dans le ski, ils sont encore amis, ils ont du plaisir ensemble et ils skient encore. Ils continuent de bouger et c’est là que je trouve toute la beauté.»

La vaste chorale réunie sur les plaines d’Abraham pour cette issue s’est jointe à la communauté internationale du ski de fond afin de souligner les adieux d’un athlète qui aura marqué l’histoire sportive du Canada.

«On est “focus” dans notre sport et on se dit que 10 ans de carrière, ça peut paraître court, mais c’est super long quand tu t’investis à fond là-dedans. Il vient un moment où, dans la tête, tu as envie de faire autre chose. C’est compréhensible», affirme Maurice Manificat, un vétéran de la Coupe du monde qui lui a rendu un hommage pour «son panache».

«On se demande : pourquoi il s’arrête?», poursuit le multiple médaillé en Coupe du monde et Championnats mondiaux.

«Ça, ce sont des décisions personnelles de chacun. Sinon, je suis admiratif, c’est impressionnant ce qu’il a fait. Comme on dit en français, il ne payait pas de mine, on ne se doute pas qu’il peut gagner et faire des podiums. Mais parfois, il sort des courses et tu te demandes comment il fait. Il a un incroyable "finish", il a une gestion de la course très tactique, c’est pour ça que c’est impressionnant. C’est un grand athlète.»

Les mercis de Klaebo

Si Johannes Hoesflot Klaebo se souvenait de Québec pour y avoir signé sa première victoire dans une épreuve de distance, il y a deux ans, ce retour sur les plaines d’Abraham lui a permis de révéler la carrière florissante qui l’attend. Et de révéler l’aide obtenue par un dénommé Alex Harvey dans l’obtention de son

deuxième globe de cristal de suite, qui a créé une diversion avec son rival Alexander Bolshunov dans la course de dimanche.

«Bolshunov et Harvey étaient vraiment forts. Je pense que Bolshunov a fait la majeure partie du travail», a concédé le Norvégien.

«C’est très bien d’avoir encore Harvey sur le podium. Je suis très heureux et c’était vraiment important pour moi qu’il devance Bolshunov aussi. Je l’ai remercié après la course.»

Pour une millième fois dans les derniers jours, le nouveau retraité a répondu sagement à la question de l’héritage qu’il croyait laisser dans cet univers des deux planches.

«La chose la plus importante, c’est de croire qu’on peut atteindre un haut niveau, tant dans le sport que dans toute chose qu’on entreprend dans la vie. C’est possible en tant que Québécois, Canadien et Nord-Américain, même si la Coupe du monde se joue majoritairement en Europe et avec les pays scandinaves qui dominent. Oui, c’est possible pour des Canadiens.»