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Vassili Cremanzidis, un survivant chez l’Impact

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Récemment embauché au sein de l’état-major de l’Impact, le Montréalais Vassili Cremanzidis a déjà tout un parcours derrière lui malgré son jeune âge.

À 29 ans, il est de retour à Montréal après trois saisons passées dans l’organisation des Earthquakes de San Jose. Il est désormais responsable de l'analytique et directeur adjoint du personnel des joueurs chez l’Impact.

«Mon rôle, c'est spécifiquement avec le "cap" salarial, les négociations avec les joueurs, les contrats des joueurs (...) je travaille directement avec Rémi (Garde, l’entraîneur du club), avec Nick de Santis, et tout le staff, tous ensemble, pour mettre la meilleure équipe sur le terrain», explique-t-il.

C’est donc lui qui doit jongler avec les montants d’allocation, les places internationales et toutes ces autres règles administratives qui font le «charme» de la MLS.

«Je dis souvent que j'aime que ce soit aussi compliqué, admet-il. Parce que si ce ne l'était pas, je n'aurais pas de job!»

Admettant sans gêne qu’il y a «trop de règles dans la MLS», Cremanzidis assure les connaître de fond en comble et que cela fait en sorte, notamment, que l’organisation n’a pas à appeler la ligue continuellement pour poser des questions ou valider certaines décisions.

Un survivant

Toutefois, les liens de Cremanzidis avec le club montréalais remontent à loin, et ils sont profonds. C’est qu’il faut savoir que le jeune homme a combattu le cancer dans sa jeunesse.

C’est au Montreal Children’s Hospital, alors qu’il n’était qu’un enfant, qu’il a fait connaissance avec ses futurs patrons.

«J'étais à l'hôpital, j'étais un patient qui avait le cancer, je l'ai eu trois fois: un lymphome hodgkinien, à 10, 12 et 13 ans», raconte-t-il.

Le garçon qu’il était alors devait se soumettre à des traitements expérimentaux dont le succès apparaissait incertain.

«Ils (les médecins) ne savaient pas ce qui allait arriver et je ne savais pas si j'allais être ici aujourd'hui», admet-il.

«Je me souviens que l'Impact est venu visiter, poursuit-il. J'étais dans une chambre isolée, personne ne pouvait entrer. Il n'y avait que ma mère, mon père et le docteur. Même pas ma soeur. Tout le monde qui visitait me regardait d'une fenêtre. L'Impact m'a parlé par un téléphone à l'extérieur de la chambre.»

«J'ai parlé avec tout le monde qui était là. Nick, Mauro (Biello). Ils ont passé quelques minutes avec moi pour parler de soccer, de ce que je veux faire quand je sortirai de l'hôpital. Je ne savais pas si j'allais sortir de l'hôpital!»

La visite de l’Impact l’a marqué. Après avoir vaincu la maladie, le Montréalais a complété ses études à Concordia et à la prestigieuse université Georgetown, aux États-Unis, avec l’objectif de travailler pour son équipe.

Il y est parvenu. Il a oeuvré pendant deux ans chez l’Impact, où il s’occupait notamment des statistiques. Puis, les Earthquakes l’ont contacté.

«Ce n'est pas que je voulais quitter l'Impact, mais à ce moment-là, je pensais à ma carrière. (...) J'ai pris le travail, j'ai été là trois ans», indique-t-il.

Puis, le téléphone a sonné de nouveau, l’automne dernier. Au bout du fil, il y avait Joey Saputo, qui était alors président de l’Impact, dont il est aussi le propriétaire.

«Quand j'ai parlé à Joey, il m'a vendu toutes les choses que le club veut faire dans les prochaines années, raconte-t-il. J'étais très excité, je voulais faire partie de ça. Pour ma carrière, je voulais revenir à Montréal et maintenant, je veux grandir avec le club. Je suis dans une position assez importante, je pense, pour aider le club à grandir.»

Il ne cache pas qu’il aimerait un jour devenir directeur général de l’équipe. Cependant, l’homme humble qu’il est sait qu’il a encore beaucoup de choses à apprendre.

«En ce moment, je suis très content de mon poste, assure-t-il. Il y a l'entraîneur, il y a Nick, le nouveau président (Kevin Gilmore) est excellent, il y a beaucoup de choses positives avec l'équipe.»

Quand il regarde derrière, il ne peut que s’émerveiller devant sa situation actuelle.

«Être ici, 15 ans plus tard, dans une position avec le club aussi importante, c'est gros pour moi et pour ma famille», affirme-t-il.

Voyez le reportage de Nicolas A. Martineau dans la vidéo ci-dessus.