Crédit : Butch Dill-USA TODAY Sports

Impact

Ignacio Piatti: où est le respect?

Ignacio Piatti: où est le respect?

Vincent Destouches

Publié 20 mars
Mis à jour 20 mars

Ignacio Piatti est bon au soccer – vous le saviez.

Tellement bon qu’il a marqué l’histoire de la MLS. Mais ça, vous l’ignoriez sûrement, car l’Argentin évolue dans ce qui ressemble à l’angle mort du circuit Garber.

Samedi, à Orlando, celui qu’on surnomme «Nacho» a inscrit son 13e doublé en saison régulière, lui permettant d’atteindre le plateau des 100 points – buts et passes confondus – en seulement 127 matchs.

Ce n’est pas rien! Surtout quand on sait qu’il n’y a que huit joueurs dans toute l’histoire de la MLS qui ont réalisé cet exploit plus rapidement que lui :

  1. Sebastian Giovinco, en 95 matchs
  2. Robbie Keane, en 96 matchs
  3. Preki, en 109 matchs
  4. Jaime Moreno, en 112 matchs
  5. David Villa, en 115 matchs
  6. Roy Lassiter, en 116 matchs
  7. Carlos Valderrama, en 118 matchs
  8. Marco Etcheverry, en 120 matchs
  9. Ignacio Piatti, en 127 matchs
  10. Ante Razov, en 130 matchs

Neuvième. Dans toute l’histoire. Et pourtant, je pose la question : où est le respect? Où est la reconnaissance? Au moment où j’écris ces lignes, le site officiel de la ligue n’a toujours pas écrit un mot sur le sujet, et on n’en trouve pas davantage trace sur ses réseaux sociaux. Par contre, ceci a été publié :

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

@jgressel24 joins some elite company. ��

Une publication partagée par Major League Soccer (@mls) le

Je vous laisse juger si cet accomplissement était plus important ou impressionnant.

En vérité, Piatti a un certain statut dans la MLS, puisqu’il est régulièrement cité comme étant le joueur le plus sous-estimé de la ligue. Un titre honorifique qui s’accompagne visiblement d’une certaine fatalité, puisque même ses faits d’armes sont minimisés.

Le couplet du joueur timide, qui préfère rester loin des projecteurs, est souvent utilisé pour expliquer cet état de fait. Un argument qui me gêne, car il confère toute la responsabilité au joueur. Piatti aurait pu avoir une personnalité plus «vendeuse», certes, mais jusqu’à preuve du contraire, c’était à l’Impact de Montréal et à la MLS de savoir le promouvoir.

Comprenez-moi bien, il est évident que les Zlatan Ibrahimovic et Wayne Rooney du circuit méritent d’évoluer dans la lumière, tant leur histoire est riche. Mais ce qui est dommage, c’est qu’en choisissant de ne pas relever et souligner des réussites comme celles de Piatti, la MLS se prive de raconter une page de sa propre histoire.

A contrario des légendes nommées un peu plus haut, Piatti est et restera méconnu du monde du soccer. Il n’en est pas moins un joueur fantastique, excitant, divertissant; il représente une opportunité pour la MLS de s’approprier un talent et d’en faire l’un de ses héros.

Une opportunité qui a été gâchée.

Maintenant, la question à un million de dollars que tout ceci soulève : Piatti aurait-il acquis un autre statut s’il avait évolué dans un club américain?

Si votre réponse est oui, alors il n’y a pas que Piatti qui n’obtient pas le respect qu’il mérite, il y a aussi l’Impact.

L’angle mort de la MLS, disais-je...